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Haïti-Culture: L’État face à sa position sur la Culture

À la question de la Culture, au niveau national, deux courants ou pôles s’opposent. Il y a le courant français qui veut que la Culture soit l’objet de politique nationale, et les courants américain et anglais qui prennent toutes leurs distances à la Culture, et la laissent entre les mains du secteur privé. En s’approchant du cas d’Haïti, les questions suivantes me viennent en tête:

1.- La vision d’Haïti, par rapport à la Culture, est-elle du courant français?

2.- Du courant américain ou anglais?

3.- D’un courant hydride, tiré de ces deux-là?

4.- Ou bien encore, Haïti serait-elle sans aucun courant défini par rapport à la Culture?

Pour le courant français, la Culture est considérée comme tout autre domaine, par conséquent, l’État doit la soutenir. Elle fait donc l’objet d’une politique nationale. Par des mesures nationales de subvention, de prêt, de fiscalité, etc., l’État veut s’assurer de la santé culturelle de sa population. Tandis que pour le courant anglais ou américain, la Culture est du ressort du secteur privé. D’ailleurs, aux USA, il n’y a pas de ministère de la Culture. De ces deux courants, on ne ressent pas la place d’Haïti, ou encore faudrait-il la placer, parmi ces deux derniers, cités plus haut?

En effet, si l’on tient compte de l’absence de politique culturelle au niveau national, de l’opacité dans l’aide publique à la Culture, l’absence de législation sur les métiers de la Culture, la non-intégration de la Culture dans les grandes décisions politiques, l’ignorance d’un développement culturel et autres, on peut juste dire que l’État haïtien n’a aucun intérêt à la Culture. Il joue d’audace. Il crée un ministère de la Culture, mais sans politique culturelle nationale. Il n’incite pas le secteur privé à investir dans la Culture. Soit il tient une médaille sans pouvoir identifier ni le dos ni la face, soit il les identifie mais se trouve dans l’embarras du choix.

Là, il y a un problème. Il s’agit de l’orientation ou de la position de l’État haïtien face à la Culture qui n’est pas claire. En fait, l’État haïtien, quant à la Culture, ne s’exprime pas. Tout le secteur est confiné, aucun signe de relance. Pourtant, l’État devrait, catégoriquement, à travers des actions concrètes, nous permettre de le situer du point de vue culturel. Or, il nous laisse de préférence deviner nous-mêmes: deviner, ce que l’État ne sait peut-être même pas, sa position sur la Culture.

La position de l’État sur la Culture est une étape importante au développement culturel. En cela, on saura qui gère la Culture à l’échelle nationale. Si c’est l’État, on saura le budget, ainsi que les actions à entreprendre. Cette position va aussi permettre aux acteurs (trices) du secteur culturel, de connaître à quelle porte qu’il faut frapper pour le financement des actions culturelles. Ainsi les règles de partenariat pour les projets culturels seront encadrées, et connues par tous.

Pour le développement culturel, exigeons la position de l’État sur la Culture!!!

Job Pierre Louis

jobpierrelouis.kas@gmail.com

NB: L’image est tirée de la page Konbit Atis Solèy (KAS) lors d’une activité de théâtre de rue, en date du 17 octobre 2017. Comédien: Vilmé Wilmond Caze

Haitian Creole ad cec 1

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