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L’insécurité, une épine dans le pied du pouvoir

L’insécurité s’aggrave, notamment dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince et les grandes villes de provinces, de telle façon que la capitale haïtienne est désormais confrontée à de nouveaux défis: le groupe G-9 et alliés qui contrôle désormais de nombreux quartiers populeux. Les massacres continuent à Cité-Soleil où les affrontements sont répétés entre gangs rivaux pour le contrôle de ce vaste bidonville. La police, le système judiciaire haïtien sont décriés par la population, souvent victime, sous les yeux passifs des forces de l’ordre.

En effet, à la suite de la fouille d’un conteneur au Port Lafiteau, des agents de la Brigade de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS), avec le support des douaniers, ont découvert une importante quantité de munitions de contrebande. Lors de cette opération, deux personnes ont été interpellées : Lory Jackson et Pierre Guy. Dans le cadre de l’enquête, deux autres suspects ont été également arrêtés, le samedi 18 juillet: Pierre Yolène, à Carrefour, et Calixte Wilkens, à Delmas 33. Les quatre individus sont en garde à vue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).

Jean Rebel Dorcénat, l’un des membres de la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et Réinsertion (CNDDR), avait déclaré que «le commerce juteux des munitions dans le pays est géré par 11 personnes». «Des cartouches pénètrent le territoire haïtien en quantité, sans aucun contrôle réel», avait-il expliqué. «C’est un marché qui rapporte», insistait Jean Rebel Dorcénat, et il est tenu par 11 personnalités. Parmi elles, se trouvent des individus «du secteur privé, mais aussi des leaders politiques et des proches du pouvoir». Sans les nommer, le membre de la Commission Nationale de Désarmement soulignait que ces personnes «travaillent en connivence» avec des bandes armées en leur fournissant les munitions.

Le dimanche 19 juillet 2020, l’ancien chef de gang de Fort-Dimanche, Lolo, ainsi connu, a été abattu puis brulé par des gangs rivaux à Chancerelles, Pont-Rouge.

Le 6 mai 2020, Ernso, chef de gang à Fort-Dimanche, avait trouvé la mort, au moment d’aller rencontrer son allié, Jean Monel Félix alias Micanor, au Warf Jérémie. Depuis, un torchon brûle entre Micanor et Lolo, chacun se jetant la responsabilité de l’assassinat de Ernso. Après l’occupation des quartiers Pont-Rouge et Fort-Dimanche par les groupes armés du G-9, Lolo avait vidé les lieux. De retour le dimanche 19 juillet, il a été fusillé et son cadavre détruit par le feu.

En outre, le vendredi 17 juillet, à Delmas 32, des individus armés, non identifiés, ont ouvert le feu sur deux agents de police, tuant l’un des deux policiers et blessant grièvement le second.

Par ailleurs, à la suite de l’ordonnance rendue en date du 13 juillet 2020 par la juge d’instruction, Annie Fignolé, renvoyant Arnel Bélizaire devant le tribunal correctionnel, Narcisse Solage, substitut Commissaire du Gouvernement, a porté cette ordonnance en appel, le mercredi 15 juillet, bien que le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, eut déclaré, en tant qu’instance de poursuite, ne pas vouloir interjeter appel de la décision de la juge d’instruction.

Emmanuel Saintus

Haitian Creole ad cec 1

 

 

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