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La Police en milice de Jovenel Moïse.

Pour la deuxième fois consécutive, la Police a dispersé une manifestation pacifique contre l’insécurité qui fait rage en Haïti. Le lundi 6 juillet, la police a dispersé à coup de gaz lacrymogène un «sit in» pacifique contre l’insécurité devant le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique. Diverses unités de la police ont été déployées pour casser le mouvement.

«La police a été informée que lundi prochain, nous comptons organiser un sit-in devant le Ministère de la Justice pour dénoncer plusieurs états de fait», a révélé une organisatrice du mouvement «Nou Pap Dòmi». «Haïti n’est pas en état de siège où d’habitude les libertés de mouvement et d’association sont restreintes, la PNH a tout simplement été informée non pas pour solliciter une autorisation de manifestation mais pour la sécuriser», a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, une note de convocation de la PNH, datée du 3 juillet et signée du commissaire Serge Barreau, demande à tous les policiers de la juridiction de Port-au-Prince d’être à leur poste et qu’aucune absence ne sera tolérée. «Tous les policiers de la juridiction de Port-au-Prince sont convoqués en tenue réglementaire à leur poste respectif le dimanche 5 juillet jusqu’au mardi 7 juillet à partir de 6 heures du soir à l’occasion de la manifestation annoncée pour le 6 et 7 juillet 2020», a dit la note. Le lundi 6 juillet, la Police a sorti ses griffes pour stopper le mouvement de protestation dans la capitale, Port-au-Prince.

De plus, alors que les gangs armés continuent de fédérer dans divers quartiers de la capitale, Port-au-Prince et dans les villes de province sous les regards complices des autorités en place, le BINUH (Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti) se montre préoccupé des cas de violence et des actes de barbarie dans les quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. En effet, dans un communiqué, en date du 2 juillet 2020, le BINUH a appelé les autorités en place à toutes les dispositions en vue de protéger la population et les coupables de ces actes. «Pas moins de six morts et 12 blessés par armes à feu et 70 maisons incendiées ces dernières semaines ajoutés à des allégations de viols. Une situation qui fait des déplacés dans les quartiers populaires de la zone métropolitaine», a dit noter le Bureau Intégré des Nations-Unies. Et de poursuivre que les actes de violence commis récemment contre les habitants de Pont -Rouge, Martissant, Cité Soleil, ainsi que ceux ayant visé les populations de La Saline en 2018 et Bel Air en 2019, doivent faire l’objet d’une enquête. «Leurs auteurs et complices doivent être identifiés, arrêtés et poursuivis par les autorités policières et judiciaires», a noté la note.

Le BINUH a exhorté en ce sens les autorités haïtiennes à prendre toutes les actions nécessaires en vue de protéger la population, notamment à travers le renforcement de la présence des institutions étatiques et des forces de l’ordre dans les zones marquées par la violence en assurant la sécurité de toutes et de tous, et permettant ainsi aux personnes déplacées de regagner en toute sécurité leurs quartiers.

 

Des commissaires de Gouvernement révoqués

Deux (2) Commissaires du Gouvernement ont été mis en disponibilité sans solde pour, selon Lucmane Delille, avoir été impliqués dans la libération de détenus non admissible. Il s’agit des Commissaires du Gouvernement de la Croix-des-Bouquets et Jérémie, Maxim Augustin et Bergemane Sylvain. Cette décision survenait après les révélations de l’Office du Protecteur du Citoyen (OPC) que dans la liste de 415 détenus ayant reçu grâce pleine et entière du Président Jovenel Moïse figuraient des détenus condamnés à de lourdes peines, qui ne respectaient pas les critères de libération. L’Exécutif a fermement réagi.

Le Mercredi 01 juillet 2020, lors d’un Conseil de Gouvernement, le Premier Ministre Joseph Jouthe a exhorté Lucmane Délille, le Ministre de la justice de geler l’application de la grâce présidentielle ayant provoqué de vives réactions et contestations. Lucmane Délille a pointé du doigt dans ce qui s’annonce comme un autre scandale, affirme qu’il sera intraitable contre tous ceux qui selon lui sont impliqués dans ces libérations et ont fait pression pour que la liste soit remise au Président sans être totalement épurée. Alors que les affaires juridiques du Ministère ont déjà pris cette affaire en mains, le Ministre est déjà entré en action mercredi en mettant deux Commissaires du Gouvernement en disponibilité sans solde pour avoir été impliqués dans la libération de détenus non admissible.

Au moins une dizaine de détenus condamnés à de lourdes peines pour enlèvement et séquestration, viol, assassinats figurent sur la liste des 415 détenus graciés le 19 Juin par le Président Jovenel Moïse. Selon l’Office de la Protection du Citoyen qui a cité plusieurs cas dont ceux de Marie Claudelle Présumé condamnée aux travaux forcés à perpétuité en 2009 pour assassinat, Iclaunel Pierre condamné en 2015 à 12 ans de prison pour viol et Marie Hélène Dimanche condamnée à 15 ans de prison pour enlèvement et séquestration.

 

Des armes saisies

Le dimanche 5 juillet 2020 à Jacmel, la police a mis aux arrêts Labbe Israël et sa compagne. Des armes de guerre ainsi que des pistolets, des chargeurs et une importante quantité de munitions ont été trouvés et saisis lors de la perquisition de son domicile. Entre temps, Robert Harry Bretous, est recherché par la DCPJ pour son implication présumée dans le double assassinat sur deux jeunes danseurs collaborateurs de la chanteuse Misty Jean, Sébastien Petit et Nancy Dorléans à Tabarre. Robert Harry Bretous, est le fils d’un ancien candidat à la présidence Joseph Harry Breous, il est recherché pour son implication présumée dans l’assassinat lâche de Sébastien Petit et Nancy Dorléans. Le jeudi 2 juillet, au cours d’un point de presse, le porte-parole adjoint de la Police nationale d’Haïti (PNH) a déclaré que des traces de sang ont été retrouvées dans le véhicule du suspect qui possède une Toyota Hilux, de couleur grise qui aurait été utilisée pour transporter les victimes. Porté disparu, les corps de Sébastien Petit et Nancy Dorléans ont été retrouvés calcinés le vendredi 26 juin dans la commune de Tabarre. Les deux jeunes danseurs devaient prendre part à une répétition pour un show en ligne de la chanteuse Misty Jean qui était programmée au 2 juillet 2020.

Emmanuel Saintus

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