accueilActualitéArchivesCoup d'oeil sur le mondeEn brefNewsreel

L’État et la Banque centrale essaient de reprendre le contrôle

Les maisons de transfert sont tenues de verser les transferts aux bénéficiaires dans la forme, la monnaie et le taux indiqués par la Banque de la République d’Haïti. Cette décision fait l’objet d’un décret pris par le Gouvernement, le 16 juin 2020, en conseil des ministres. La Banque de la République d’Haïti, de son côté, a publié quelques indicateurs concernant l’évolution du marché des changes et des obligations de la BRH. Ces données concernent les transactions effectuées sur le marché du 25 mai au 5 juin 2020. Face au désordre constaté, ces derniers temps, dans le fonctionnement des maisons de transfert dans le pays, le gouvernement a décidé de les rappeler à l’ordre, en modifiant le décret du 6 juillet 1989, portant sur les maisons de transfert. Contrairement à la pratique courante où elles obligent les bénéficiaires à récupérer les transferts en monnaie nationale en imposant leur propre taux, ce décret fixe les nouvelles règles du jeu. Dans ce décret, l’obligation est désormais faite aux maisons de transfert de verser les transferts suivant les exigences du Gouvernement. Ainsi, dans son article 2, le document précise que» les maisons de transfert sont tenues de verser les transferts aux bénéficiaires dans la forme, la monnaie et le taux indiqués par la Banque de la République d’Haïti, laquelle détermine, entre autres, les droits et responsabilités de chacune des parties prenantes, dans une opération de transfert, les modalités de transferts en Haïti, des devises reçues des expéditeurs de fonds et les procédures de rétrocession des devises collectées». Toute violation de ces dispositions, dûment constatée par la Banque de la République d’Haïti, entraîne une amende pouvant aller jusqu’à 3% des fonds propres, à déduire directement sur le compte de la maison de transfert domicilié à la Banque de la République d’Haïti, précise le document. En cas de récidive, la Banque de la République d’Haïti, en plus de la sanction pécuniaire, peut aller jusqu’au retrait de l’autorisation de fonctionnement. La SogeBank occupe la première place dans le classement en termes d’achat et de vente de dollars, mais elle n’est pas l’institution financière pour laquelle le marché est le plus bénéfique. Ce sont l’Unibank, le Capital Bank et la CitiBank qui en profitent le plus, car elles appliquent les «spread» (différence entre le taux de vente moyen et le taux d’achat moyen) les plus élevés. En effet, durant la semaine du 1er au 5 juin, les chiffres démontrent que la ScotiaBank, qui a fait l’acquisition de 3,7 millions de dollars au taux de 107,6 gourdes pour un billet vert, les a revendus à 111,23 gourdes chacun. Ce qui fait un bénéfice de 13,65 millions de gourdes, soit un profit (spread) de 3,6 gourdes sur chaque dollar vendu. Pour la même période, la Capital Bank a écoulé 4 millions de dollars au coût de 112,25 gourdes pour un dollar qu’il a acheté à 109,28 gourdes le dollar. Elle a donc réalisé un profit de 11,87 millions de gourdes, en appliquant un «spread» de 3 gourdes sur chaque dollar. L’UniBank a, quant à elle, accompli un bénéfice de 31,23 millions de gourdes sur l’ensemble de ses ventes, soit le plus gros profit pour la même période, en appliquant un «spread» de 2,7 gourdes, en revendant à 113 gourdes, 11,3 millions de dollars qu’elle a achetés à 110,2 gourdes. Toutefois, la Banque Nationale de Crédit demeure celle ayant vendu le dollar à plus fort coût, en appliquant un «spread» de 3,7 gourdes qui lui a valu 5,9 millions de gourdes de bénéfice sur 1,6 millions de dollars vendus. La Sogebank qui a appliqué le meilleur «spread» par rapport à ses concurrents, soit 1 gourde, a réalisé 14,8 millions de gourdes sur 14,5 millions de dollars. Selon les informations communiquées par la Banque Centrale, le marché des changes est largement dominé par deux banques commerciales en termes d’achat et de vente de dollar américain pour la période considérée. Il s’agit de la SogeBank qui est arrivée en première position avec 36,85% des achats et 38,34% des ventes de la devise américaine sur le territoire national, du 1er au 5 juin en cours, contre 36,10% des achats et 36,33% des ventes du 25 au 29 mai dernier. Vient ensuite l’Unibank avec 30% des achats et 33% des ventes du 1er au 5 juin, contre 31,01% des achats et 30,32% des ventes du 25 au 29 mai dernier.

Altidor Jean Hervé

Related Articles

Check Also

Close
Close
%d bloggers like this: