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La COVID-19, toujours au cœur des débats

Environ trois mois après les deux premiers cas de contamination au coronavirus, le pays compte 4 980 cas d’infection à la COVID-19, dont 87 personnes décédées, ont été recensés. Contrairement aux deux dernières semaines où le bilan quotidien atteignait les 200 cas, la tendance est à la baisse, comme l’avait expliqué le Dr Patrick Delly, de la direction de l’épidémiologie, des laboratoires et de recherche au ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), lors de sa dernière intervention, dans le cadre des activités du Centre d’Information sur le coronavirus. Néanmoins, les autorités sanitaires disent aussi encourager la population à mettre en application les gestes barrières, en vue de se protéger contre la maladie. «Nous sommes dans la phase 3 de la pandémie ; elle se caractérise par une augmentation de la transmission communautaire des cas de COVID-19 dans le pays», a déclaré le directeur général du MSPP, le Dr Lauré Adrien. Chaque phase de la pandémie implique de nouvelles dispositions et de nouvelles stratégies, capables de réduire son impact. La phase 3 est la phase de la transmission communautaire. Il est donc difficile de rechercher les cas contacts. Toute personne peut potentiellement transmettre le virus. La prudence est la norme, a dit le responsable. «Déjà dans le document de réponse du MSPP, nous avons essayé de préparer la population mentalement, en indiquant clairement les éléments qui caractérisent chaque étape de la pandémie et les mesures appropriées», a noté le directeur général du ministère de la Santé publique et de la Population. Si la phase 3 se manifeste par une explosion de la transmission communautaire des cas, le Dr Lauré Adrien a révélé qu’à cette phase, la réponse doit être une réponse communautaire.

De son côté, le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a publié le rapport des dépenses du gouvernement, dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, au 29 mai 2020. «Les décaissements effectués du 25 mars au 29 mai 2020, totalisent 34,2 millions de dollars américains et 2,24 milliards de gourdes, soit environ 56 millions de dollars au total. Les principales institutions bénéficiaires de ces décaissements sont le MSPP, le FAES, le MENFP, le MTPTC, le SNGRS et la PNH», a révélé le contenu du rapport. Pendant un certain temps, l’attention était centrée sur les 18,6 millions de dollars américains, décaissés en mars dernier par le gouvernement pour l’achat de matériel médical en Chine, lesquels matériels et équipements ont été finalement livrés au gouvernement haïtien en plusieurs arrivages, le mois dernier. La publication de ce rapport par le Ministère de l’Économie et des Finances, MEF, permet de comprendre que d’autres décaissements, 17 au total, ont été effectués depuis, portant le montant à 34,2 millions de dollars, rien que pour l’acquisition de matériels et d’équipements médicaux pour combattre la maladie. Selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), de ces 34,2 millions de dollars tirés du trésor public, selon le MEF, 24,8 ont servi à payer le matériel et 9,3 millions pour les frais de transport de ces équipements produits par l’Empire du Milieu. Au moment où le gouvernement songe à rouvrir le pays, les membres de la cellule scientifique de la gestion de crise de COVID-19 en Haïti rappellent que leurs rôles consistent, a priori, à «prévenir sur une situation qui risque de compromettre les efforts de prévention et, a posteriori, à accompagner l’État dans ses prises de décision, en vue de limiter les dégâts».

Selon le Centre national de bio-information chinois, plus de 7 500 mutations du nouveau Coronavirus ont été observées, depuis son apparition. En Europe, deux nouvelles souches identifiées ont produit des effets contradictoires. L’une serait plus dangereuse que l’originale, l’autre montrerait, à l’inverse, un possible affaiblissement du virus. Si, en Haïti, le Ministère de la Santé publique et de la Population a estimé que le virus a causé moins de dégâts que possible, l’inquiétude exprimée par la cellule scientifique trouve son sens quant à la souche du virus qui circule dans le pays et le risque d’introduction d’une souche plus virulente. «Il faut un renforcement rigoureux de la quarantaine et du système d’isolement, au moment de recevoir les ressortissants haïtiens venant de l’étranger. On a la suspicion que la souche du virus qui circule en Haïti n’est peut-être pas aussi virulente que celle qui circule dans certains pays. C’est pourquoi la cellule avait fait valoir la nécessité de renforcer le système de contrôle, afin d’éviter l’introduction d’une nouvelle souche plus virulente du virus en Haïti», a fait part un membre de la cellule scientifique de la gestion de la crise de COVID-19. «Loin de se positionner contre la réouverture du pays, la cellule se contente d’alerter et de faire savoir aux autorités quand il faut renforcer les mesures», a dit un membre de la cellule.

Altidor Jean Hervé

 

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