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Excès de zèle d’un apprenti dictateur

Le pouvoir va sans doute un peu vite à la besogne. Malgré l’interdiction des autorités, en vertu du décret relatif à l’état d’urgence sanitaire, des manifestants ont bravé l’interdiction et les pressions du Pouvoir. En dépit de l’interdiction, plusieurs centaines de manifestants, notamment des policiers, se trouvaient sur le macadam, le dimanche 7 juin. À Delmas, quelques centaines de personnes, notamment des policiers, ont bravé l’interdiction pour se rassembler au Carrefour de l’Aéroport (Carrefour de la résistance) pour réclamer le départ de Jovenel Moïse. Les sbires du pouvoir ont étouffés la manifestation en faisant un usage abusif de gaz lacrymogène. Les agents de la PNH ont fait usage abusif de gaz pour stopper la manifestation. Deux journalistes ont été victimes de la brutalité policière. Il s’agit de Jessica Jourdain et de Johnson César. «Une journaliste de mon équipe, Jessica Jourdain, a été elle aussi blessée par les policiers», a témoigné Jean Michel Sincère, PDG du journal en ligne La Brève. Johnson César, ancien journaliste de Radio Panik, travaillant actuellement pour le média en ligne «La Brève Info», a été touché au niveau de la tête par une bonbonne de gaz lacrymogène, alors que Jessica Jourdain a reçu une bonbonne de gaz lacrymogène au genou. Ces incidents survenaient au moment où des patrouilles policières sur place, faisaient usage de gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants à Delmas. Le commissaire du gouvernement près le tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, avait mis en garde contre les risques de forte propagation de la pandémie de coronavirus, en cas de relance des manifestations. Le chef du Parquet avait dit haut et fort qu’il était contre toute relance des manifestations de l’opposition démocratique. Il a appelé les leaders de l’opposition à la sagesse, annonçant toutefois des sanctions, en cas de non-respect du décret sur l’état d’urgence sanitaire. Me Lafontant a déclaré qu’il ne s’agit pas de dérives dictatoriales mais d’un principe de restriction des libertés, en cas d’état d’urgence. «Nous faisons appel à la conscience des leaders de l’opposition, parce que les manifestations seront l’occasion d’une forte exposition au coronavirus», avait dit M. Lafontant, rappelant que les restrictions en cas d’état d’urgence sont prévues dans les conventions internationales. En plus, les responsables du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ont dénoncé des représailles de la hiérarchie policière. Abdonel Gronèg, porte-parole du SPNH a révélé que des tractations sont en cours, en vue de transférer des responsables du syndicat dans des régions reculées. De plus, il avait fait part de la mesure d’interdiction de départ à l’encontre de la coordinatrice du Syndicat, Yanique Joseph. Il a condamné également l’arrestation d’un responsable du syndicat. Même si les autorités ont mis un véhicule à la disposition du syndicat, M. Gronèg a estimé que les relations sont conflictuelles. Il a indiqué que les responsables du syndicat devraient être autorisés à effectuer des visites dans les régions, afin de recueillir des doléances des policiers. Outre la fin des représailles, le syndicat de la Police continue de réclamer un salaire qui tienne compte de l’inflation et des avantages sociaux pour les policiers. Le Syndicat dénonce également l’absence de matériel de protection pour les agents, en cette période de crise de coronavirus.

Emmanuel Saintus

 

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