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Les propos méprisants de Jouthe

Bon nombre des amis et alliés du pouvoir n’ont pas manqué de réagir aux propos qualifiés de «méprisants» du premier ministre de facto, Joseph Jouthe. De telles déclarations cachent un effort pour détourner l’opinion publique de la mauvaise gestion de la crise du coronavirus que certains reprochent au gouvernement Moïse/Jouthe. Les propos anti-peuple, à répétition, de Joseph Jouthe, semblent faire partie des moyens censés détourner les opinions de l’échec enregistré par son gouvernement dans la lutte contre le coronavirus. Cette allégation arrogante a provoqué l’ire des amis et alliés du pouvoir PHTK. Le nouvel homme fort du Parti Bouclier, l’ex-député Victor Prophane, a conseillé à Jovenel Moïse de révoquer Joseph Jouthe, comme premier ministre. Jouthe a tenté de clarifier les ambiguïtés; c’est pourquoi ses discours sont suivis par les amis et alliés de Jovenel. Jouthe a touché la plaie béante de Jovenel. Toutes les victoires de Jovenel Moïse ne sont que des mensonges proférés pour tromper l’opinion publique haïtienne. Les affirmations de Joseph Jouthe font tomber les masques et mettent à nu un jeu depuis bien longtemps en vigueur en Haïti. Le Premier ministre, Joseph Jouthe, s’était rendu dans la ville de Hinche, chef-lieu du département du Centre, le samedi 9 mai 2020, en vue de rencontrer des employés de plusieurs institutions publiques qui réclament le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire. L’objectif de cette rencontre a été de trouver une issue à la crise institutionnelle qui a provoqué la fermeture du complexe administratif et de la Direction Départementale de l’Éducation du Centre (DDEC), le 27 avril 2020, dans la ville de Hinche. Accompagné du délégué départemental du Centre, Budry Coriolan, du vice-délégué de l’arrondissement, Frantz Pitton, du Commissaire du gouvernement a. i. de Hinche, Me Velithon Joseph, du directeur départemental de l’Éducation, Mulaire Julsaint, entre autres, le chef du gouvernement s’est entretenu avec une délégation composée de deux (2) groupes de grévistes respectivement: les employés non rémunérés du complexe administratif et ceux du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Durant cette rencontre, le patron de la Primature, Joseph Jouthe, a énuméré les différents problèmes que peuvent comporter certaines lettres de nomination des employés. Aussi a-t-il souligné des difficultés inhérentes à l’administration publique. Enregistrées à son insu, des déclarations du Premier ministre, lors d’une conversation privée, font le tour des réseaux sociaux. Joseph Jouthe dit avoir désapprouvé, mais pas sans injures, le budget présenté par son ministre de l’Économie et des Finances. «Li vini avèk menm tenten bidjè a. Je lui ai dit que ce budget ne reflète pas la grande vision du président. Ale lakay ou al refè devwa w», a lancé le chef du gouvernement, se référant au ministre Boisvert. Pour Jouthe, Haïti n’existe pas. Il ne voit pas pourquoi quelqu’un se présenterait comme candidat à la présidence pour diriger le pays. «Qu’est-ce que vous allez diriger? Le pays n’existe pas. Il n’existe ni sur le papier ni dans le réel», a déclaré Jouthe, qualifiant de «salopri», les membres de la population qui soutiennent ces leaders qui, selon le Premier ministre, sont liés à des gangs. «Je ne ressemble pas à l’État. Si je savais comment faire pour détruire l’État, je l’aurais déjà fait. En Haïti, vous avez beaucoup de gens qui ont le statut d’homme et de femme d’État… Je ne suis pas un politicien, je me demande ce que je fais là …», a-t-on retenu dans cette conversation entre le chef du gouvernement et des personnes non identifiées. Abasourdie par ces déclarations, l’organisation politique Bouclier, un parti proche du pouvoir Tèt Kale a réclamé la démission du Premier ministre. «Nous nous trouvons dans l’obligation morale et patriotique pour vous demander la démission du Premier ministre», lit-on dans une lettre ouverte de ce parti, adressée au président de la République. Pour le Parti Bouclier, les récentes déclarations du Premier ministre sont malveillantes. Les responsables de cette organisation politique ont exhorté Jovenel Moïse à ne pas se faire complice des déclarations de Joseph Jouthe. «Nous qualifions Jouthe Joseph de traître national. Il ne mérite pas la confiance de la nation», ont dit les dirigeants du Parti Bouclier. De son côté, l’ancien président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, élu sous la bannière du Parti Bouclier, a rejeté d’un revers de main la demande de son parti, il a exigé, quant à lui, que Joseph Jouthe reste à son poste. «Nous avons besoin de beaucoup plus de synergie pour conduire la barque nationale à bon port, en ces temps difficiles. Le Premier ministre a son tempérament. Je déplore sa déclaration qui est inopportune et inappropriée. Cependant, il doit rester à son poste pour continuer à servir le peuple haïtien», a dit Bodeau. Et de poursuivre: «nous ne pouvons changer de Premier ministre comme nous changeons de chemises. Jouthe est un homme impulsif qui dit les choses telles qu’il les sent. Il a présenté ses excuses à la nation et à ses collaborateurs. C’est ce qui compte. Nous avons besoin de la paix et de la sérénité dans ce pays. Ce gouvernement doit s’accorder sur une réponse coordonnée à la maladie du coronavirus au lieu de se donner en spectacle. Notre priorité doit être la redynamisation de l’économie, la réforme de la sécurité publique et de la justice et les dispositions techniques à adopter pour combler le vide institutionnel», a déclaré Gary Bodeau.

Emmanuel Saintus

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