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Les effets endémiques du virus sur l’économie du pays

L’économiste, Etzer Émile, a tiré la sonnette d’alarme, en soulignant que les conséquences socio-économiques du nouveau coronavirus sur Haïti peuvent être plus graves que la maladie en soi. «Pertes de revenus, manque à gagner au niveau des recettes de l’État, entre autres, tout ceci sera couronné par une récession susceptible de provoquer un taux de croissance négative de – 4 %, selon certaines prévisions. C’est ce qui nous attend, a fait savoir l’économiste. Néanmoins, la Banque mondiale a débloqué 9,5 millions de dollars, en vue d’accorder un financement immédiat au secteur agricole haïtien. Cet appui vise à renforcer la sécurité alimentaire dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Selon Anabela Abreu, la Directrice des opérations de la Banque mondiale en Haïti: «La Banque mondiale travaille en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes, tant au niveau central que local, ainsi qu’avec des partenaires de développement, afin d’aider le pays à affronter les impacts considérables de la pandémie de COVID-19». Par ailleurs, elle a aussi ajouté que le secteur agricole local fournit jusqu’à 45% des besoins alimentaires du pays. La préservation de l’agriculture sera donc essentielle pour atténuer les impacts de cette crise, en particulier pour les populations rurales pauvres. «Près de 35% de la population haïtienne avait déjà besoin d’une aide alimentaire d’urgence, avant la crise. La pandémie de COVID-19 risque d’aggraver la situation, en raison de menaces extérieures comme: la volatilité des marchés financiers mondiaux, la baisse des transferts de fonds des migrants et la fermeture de la frontière avec la République dominicaine, qui limiteront davantage l’accès aux produits alimentaires de base», a-t-elle affirmé. Par ailleurs les économistes, particulièrement, Etzer Émile croient que les conséquences socio-économiques de la pandémie ne seront pas minces. Elles peuvent être plus graves que la maladie en soi, a avancé l’économiste qui parle de pertes de revenus à quatre niveaux. D’abord pour ceux qui reçoivent habituellement des transferts venant de l’étranger où une baisse est déjà enregistrée; ensuite, les salariés qui perdent leur travail; en outre, les entrepreneurs formels et enfin ceux qui sont dans le marché informel qui assistent à la paralysie quasi totale des activités économiques. Les recettes de l’État sont au plus bas, durant cette période. La hausse des prix des produits de première nécessité s’accélère. Le taux d’inflation augmente. Certains produits de première nécessité deviennent rares. Et, quant aux produits importés, ils sont plus chers car le prix à l’origine est plus élevé, le transport et l’appréciation du dollar américain par rapport à la gourde s’ajoutent à ces hausses. Notons, qu’en ces temps de crise, l’État a eu recours à la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour obtenir des financements conséquents. Au 8 avril, le financement monétaire du déficit a atteint 29 milliards 411 millions de gourdes, selon les données sur les indicateurs économiques au 13 avril 2020 de la BRH. Le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, se référant au niveau du financement jusqu’à fin mars, a reconnu que «les finances publiques haïtiennes accusent un niveau de financement de la BRH au-dessus des attentes». Ce niveau de financement de la BRH est compréhensible, vus les récents chocs, étant donné qu’on ne saurait faire d’arbitrage entre le financement monétaire et la vie de gens, a fait savoir le grand argentier de la République qui compose avec les effets de «peyi lòk», la baisse des recettes internes et une urgence sanitaire, provoquée par la COVID-19.

Altidor Jean Hervé

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