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Le prix du carburant, bientôt revu à la baisse

La pandémie du nouveau coronavirus a occasionné une perte énorme de la valeur du prix du carburant dans le monde. À un moment, le prix du baril de pétrole était même à zéro dollar, provoquant des pertes économiques gigantesques. Depuis, plusieurs personnalités et organisations du pays n’ont cessé d’exiger à l’État haïtien de revoir à la baisse le prix du gallon de carburant. C’est un appel qui a été entendu par le chef du gouvernement. Plusieurs organisations du secteur du transport haïtien et plusieurs personnalités ont longtemps appelé les autorités à revoir à la baisse le prix du carburant dans le pays. Selon ces organisations, une baisse du prix des produits pétroliers peut engendrer une baisse dans le prix des produits de première nécessité, comme étant un produit transversal. Le premier ministre haïtien, Joseph Jouthe, a fait savoir que le prix des produits pétroliers va être révisé à la baisse sur tout le territoire national, dans les jours à venir. Le nouveau prix du carburant sera rendu public sur le site du Ministère de l’Économie et des Finances, une fois que l’ajustement sera officialisé. Pour ce faire, une firme a été engagée après avoir remporté un appel d’offre du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement, BMPAD. Donc, tout est fin prêt pour cet ajustement des prix. Le chef du gouvernement a cependant rejeté les accusations de certains syndicalistes du transport public qui ont laissé croire que le gouvernement essaie de tromper la vigilance de la population à travers une décision dite cosmétique, pour ensuite augmenter le prix du carburant dans les stations de service, lors des prochains mois. Joseph Jouthe a appelé de préférence ces syndicalistes du secteur des transports à s’allier aux membres du gouvernement, en lieu et place de promouvoir de fausses informations pouvant créer la confusion au sein de la population. Après la baisse du prix du carburant, si tel est le cas, comment cela va-t-il se passer entre les chauffeurs et les passagers, considérant que presque dans tous les circuits du pays les prix des courses ont été augmentés, à cause du nombre réduit de passagers que transportent les véhicules, afin de respecter la distanciation physique entre les passagers? C’est un problème à anticiper. De plus, à la suite d’une réunion extraordinaire du Groupe consultatif ad hoc du Conseil Économique et Social (ECOSOC) de l’ONU pour discuter de l’évolution de la situation en Haïti à la lumière de la pandémie de COVID-19, le Groupe a exprimé sa préoccupation quant au fait que les pays les moins avancés, tels qu’Haïti, seront touchés de manière disproportionnée, étant donné la faiblesse des infrastructures sanitaires et les inégalités sociales et économiques sous-jacentes qui caractérisent ces pays. La pandémie de COVID-19 devrait aggraver la crise humanitaire, économique et des droits de l’homme en Haïti et exacerber les vulnérabilités existantes, poussant davantage de personnes dans la pauvreté, dans un pays où plus de 10 millions de personnes vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté. Le Groupe est en outre préoccupé par le fait que, si elle n’est pas correctement gérée, l’urgence sanitaire et son impact socio-économique pourraient devenir une catastrophe humanitaire, menaçant de réduire à néant certains des gains durement acquis, en matière de développement et de sécurité, au cours des quinze dernières années, en Haïti. 40% de la population du pays est aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire, ce qui place Haïti parmi les 10 pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire dans le monde. Avec la fermeture des écoles, quelque 300 000 enfants sont désormais privés de leur repas scolaire quotidien, ce qui les expose à un grave risque de retard de croissance. Le début de la saison des ouragans, de juin à novembre 2020, pourrait aggraver encore les problèmes existants. Le Groupe craint également que l’impact de la pandémie n’érode davantage la confiance des Haïtiens dans leurs institutions nationales, n’exacerbe les tensions politiques et sociales, ne provoque des violations des droits de la personne et ne soit un facteur de recrudescence de la violence et d’augmentation des problèmes de sécurité.

Altidor Jean Hervé

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