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L’état d’urgence, prolongé…

Alors que le premier ministre de facto, Joseph Jouthe, vient de proroger l’état d’urgence, le Gouvernement haïtien a autorisé la reprise des activités du secteur textile. En effet, le lundi 20 avril, des centaines d’ouvrières et d’ouvriers ont repris le chemin du travail, notamment à SONAPI (Boulevard Toussaint Louverture), suite à la décision du gouvernement d’autoriser la reprise des activités des entreprises du secteur des textiles. L’Association des Industries d’Haïti (ADIH) a fait part de la reprise graduelle des activités des usines textiles, à partir du lundi 20 avril 2020, dans le respect des principes d’hygiène et des normes établies par les autorités sanitaires. «Suite à l’autorisation donnée par le gouvernement aux entreprises de la sous-traitance de reprendre leurs activités, 38 compagnies spécialisées dans l’assemblage textile seront remises en activité», a noté, dans un communiqué de presse publiée le lundi 20 avril 2020, l’Association des Industries d’Haïti (ADIH). L’ADIH a également annoncé que cette reprise se fera graduellement, à partir de ce lundi 20 avril jusqu’au 27 avril 2020, et selon les normes sanitaires permettant de protéger tous les travailleurs du secteur, dans l’exercice de leur activité. Plus de 58 000 ouvriers, notamment à la SONAPI, à CODEVI et à Caracol, sont concernés par cette reprise. Aucune des normes établies par les autorités sanitaires n’a été, jusqu’ici, respectée au sein des usines. L’attroupement des ouvriers a été constaté, notamment lors de la prise de température et la distance (1,50 mètre) entre les postes de travail dans l’usine et les cafétérias n’a pas été respectée. Le mercredi 15 avril, lors d’un point de presse à sa résidence privée, le premier ministre de facto, Joseph Jouthe, également ministre a. i. de la Planification et de la Coopération externe, avait déclaré, qu’à compter du lundi 20 avril, le Gouvernement va autoriser la reprise graduelle des activités au sein du secteur textile, tout en soulignant: «Ces industries comptent beaucoup pour le gouvernement avec plus de ses 56 000 emplois. Nous devons les autoriser à travailler même à 60 % de leur personnel, en vue de respecter la distanciation». Il explique que cette reprise se fera à hauteur de 30% à tour de rôle, dans un mécanisme de rotation à la quinzaine, afin de permettre à tous les ouvriers de rester productifs, en attendant le retour à la normale. Il compte sur les patrons qui devront prendre les mesures adéquates pour garantir la distanciation entre les ouvriers ainsi que pour le respect de toutes les consignes sanitaires édictées par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail et par le Ministère de la Santé Publique. Cette décision permet de relancer l’activité économique et de capter des dollars de plus en plus rares. La réouverture des entreprises permet également au gouvernement de facto d’éviter de nouveaux versements pour le salaire des ouvriers. Au cours du premier mois de l’état d’urgence, le gouvernement a versé la moitié des salaires des ouvriers. Le Trésor Public ne pourrait pas supporter de nouveaux décaissements, en raison des nombreuses priorités liées à la crise de COVID-19, a dit Joseph Jouthe qui a fait savoir que l’administration Moïse/Jouthe avait déjà décaissé, via le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), une partie de l’enveloppe garantissant la couverture de 50 % du salaire des 58 000 ouvriers de la sous-traitance, comptant pour la période de leur mise en disponibilité à cause de la COVID-19. «Au cours de cette période, seulement 30% des ouvriers seront autorisés à travailler dans les usines. Les employeurs devront donc mettre en place des shifts en vue du respect des règles de distanciation sociale», a conclu Jouthe.

Par ailleurs, Miradin Morlan, Directeur Général de la Direction Générale des Impôts (DGI), intervenant au Centre d’Informations Permanentes sur le Coronavirus (CIPC), sur les dispositions adoptées par la DGI dans le but d’assurer la continuité des opérations et services de l’administration fiscale dans le contexte de la pandémie de COVID-19, a fait part de nouvelles mesures adoptées, de concert avec les directeurs départementaux. Miradin Morlan a déclaré qu’un moratoire a été accordé aux contribuables, jusqu’au 30 juin 2020, pour remplir leurs obligations avec le fisc, expliquant que, dans ce délai, les contribuables devront s’acquitter du paiement des impôts et taxes ; procéder à la déclaration et au paiement d’impôt sur le revenu, sans intérêt de retard ni amendes de bilans et payer la Contribution foncière des propriétés bâties (CFPB). Il a également indiqué que d’autres décisions insérées dans le mémorandum soumis par le Ministère de l’Économie et des finances étaient à l’étude, notamment la mise en place d’un plan de contingence, en rapport à l’évolution des cas de coronavirus dans le pays. Il a confirmé que tous les bureaux de perception de taxes sont ouverts et tous les services habituels sont disponibles. Il exhorte les contribuables à remplir leurs devoirs citoyens et assure que toutes les mesures seront prises, afin d’éviter des attroupements devant tous les bureaux de la DGI, tout en faisant respecter les consignes des autorités sanitaires. Dans la même lignée, le Fonds monétaire international (FMI) a annulé les annuités d’Haïti pour un montant s’élevant à 4,8 millions de dollars pour les derniers mois de l’exercice fiscal en cours. Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Jean Baden Dubois, a révélé qu’Haiti fait partie d’un groupe de 25 pays bénéficiant de ce programme. L’annulation de ces annuités est faite pour permettre à ces 25 pays de disposer de plus de ressources pour lutter contre la pandémie de COVID-19. De l’avis de M. Dubois, Haïti pourrait obtenir des avantages en réalisant une bonne gestion de ces fonds et de ceux de partenaires bilatéraux.

Emmanuel Saintus

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