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Gestion des gangs par le pouvoir

Plus d’une vingtaine de personnes ont été massacrées par les gangs de «Grand Ravine» et de Village-de-Dieu, à Martissant. Des paisibles citoyens ont été pris pour cible par des bandits armés, avec la complicité de certains hommes au pouvoir, dont le premier ministre de facto, Joseph Jouthe. «Izo 5 segond, na p pale pita tande» a déclaré Joseph Jouthe, lors d’un point de presse, le mercredi 15 avril 2020. Alors que les bandits de Grand Ravine et de Village-de-Dieu continuent de massacrer des civils sans armes et sans aucune défense, Jouthe Joseph a fait la promesse de continuer à dialoguer à ces bandits sans scrupules. «Y ap di m pou m al touye nou, men mwen menm m ap pale avèk nou jiskaske nou remèt tout zam yo», a dit Jouthe Joseph. Les victimes filent du mauvais coton, alors que les bourreaux, les assassins ont l’appui du premier ministre de facto, Joseph Jouthe. Les bandits armés continuent de tuer alors que le pouvoir opte pour la politique de la négociation avec les gangs armés qui terrorisent les citoyens, notamment au niveau du Bicentenaire, à l’entrée sud de la capitale. «Oui, je parle avec les gangs de la 3ecirconscription de Port-au-Prince», a avoué le premier ministre, lors d’une conférence de presse, le mercredi 15 avril, en sa résidence officielle à Musseau, dans la commune de Pétion-Ville. «J’ai parlé au téléphone avec Izo, 5 Seconds et Amos», les principaux chefs du village, a avoué le premier ministre. Ces chefs de gang dénommés Izo, 5 Secondes de Village-de-Dieu, ont été indexés dans un autre carnage à Cité Plus (Martissant), le lundi 13 avril, dans l’après-midi, selon des sources policières, judiciaires et des témoins sur place qui alléguaient beaucoup de morts. «Tous les bandits dans le pays m’ont appelé depuis que je suis Premier ministre. Je leur ai parlé. Je ne suis pas de connivence avec eux. Mais en tant que père de famille, en tant que Premier ministre d’un président qui n’a rien à voir avec la violence, je ne peux perdre une seule vie dans le pays. Qu’il soit un bandit, qu’il soit un citoyen paisible. Je parle à tout le monde», a fait savoir le Premier ministre. Joseph Jouthe a dit d’ailleurs que les communications se poursuivront avec ces derniers, jusqu’à ce qu’ils déposent leurs armes. Il s’est même donné la mission de «communiquer avec eux quotidiennement». Le chef de facto du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) a annoncé qu’il a déjà établi des contacts entre ces hommes armés et la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) pour la remise de leurs armes, afin qu’ils deviennent de véritables agents de développement dans leur communauté. Pour sa part, Me Lucmane Delille, le Ministre de la Justice, lors d’un point de presse en compagnie des membres du haut État-major de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a lancé une mise en garde aux bandits qui cherchent à imposer leurs lois dans la localité de Martissant, affirmant: «Ils seront traqués et stoppés». Le lundi matin, 20 avril 2020, des tirs nourris sporadiques ont été, de nouveau, entendus çà et là, forçant passagères et passagers à s’abriter, dans les quartiers environnants de Martissant (Sud de la capitale, Port-au-Prince) notamment au niveau de la 4e et de la 5e avenues Bolosse. Également, des pneus enflammés ont été érigés dans la zone par des résidents qui exhortaient les autorités à prendre leur responsabilité. Le samedi 18 avril 2020, des maisons ont été également incendiées, au sud de la capitale, Port-au-Prince, lors d’affrontements entre gangs armés rivaux.

Ces rivalités meurtrières, qui ont repris depuis deux semaines, ont coûté la vie à environ une trentaine de personnes, selon l’organisme de droits humains «Collectif Défenseurs Plus». Le Collectif Défenseurs Plus a fait appel au Conseil Supérieur de la Police Nationale d’Haïti (CSPN) de se réunir, en urgence, pour trouver une solution au problème d’insécurité qui règne dans les quartiers de la zone sud de Port-au-Prince. Pour sa part, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) pointe du doigt l’implication des autorités étatiques dans les violences armées, orchestrées au niveau de la troisième circonscription de Port-au-Prince (la zone sud de la capitale). La situation d’insécurité à la troisième circonscription de Port-au-Prince ne cesse d’évoluer. D’une part, les bandits armés de Village-de-Dieu et leurs alliés renforcent leur présence, dans le but d’étendre leur influence dans la zone de Portail Léogâne. D’autre part, les bandits armés de Grand Ravine ont également renforcé leur présence dans les quartiers de 5e, 4e, 3e avenues de Bolosse, afin de prendre le contrôle total de la 2e avenue de Bolosse et Portail Léogâne. Dans la matinée du dimanche 12 avril 2020, plusieurs personnes sont tombées sous les balles des bandits armés à Portail Léogâne et plusieurs autres sont sorties blessées, lors d’une attaque des bandits armés de Village-de-Dieu. Plusieurs chauffeurs assurant le trajet Portail Léogâne-Clercine ont été parmi les blessés qui avaient été dans un état très critique. Les bandits armés du Village-de-Dieu exigeaient que les forces de l’ordre enlèvent les séparateurs placés dans les parages de ce quartier depuis plusieurs semaines pour bloquer les kidnappings. Ces séparateurs empêchent ces gangs armés d’avoir accès à la route nationale au niveau du bicentenaire (Entrée sud de Port-au-Prince).

Emmanuel Saintus

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