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De nouveaux paramètres économiques en vue

Après trois ans sans un vrai budget sous la présidence de Jovenel Moïse, le Premier ministre, Joseph Jouthe, a fixé le cap budgétaire, sur fond d’explosion du financement monétaire, d’inflation en hausse, d’aggravation de la récession et de croissance négative de l’économie haïtienne. En dépit de l’incertitude ambiante, le Premier ministre, essaie de mettre en place les instruments et politiques nécessaires pour une relance économique. «Pour les 5 premiers mois de l’exercice budgétaire 2019-2020, le financement monétaire a atteint 21,1 milliards de gourdes au 29 février 2020, soit 11,1 milliards au-dessus du plafond défini dans le protocole d’accord qui a été signé entre le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et la Banque de la République d’Haïti (BRH), en novembre 2019», lit-on dans la lettre de cadrage du budget 2019-2020 que le Premier ministre Joseph Jouthe a adressée aux membres de son gouvernement, en date du 25 mars 2020. Le Premier ministre Joseph Jouthe a fait part, qu’au 29 février 2020, à six mois de la fin de l’exercice 2019-2020, le financement monétaire a atteint les 21,1 milliards de gourdes. La récession économique s’aggravera avec des prévisions de – 2,7 % de croissance. Il a dit redouter aussi une explosion de l’inflation au niveau de la demande intérieure, sur fond de COVID-19. Le chef du gouvernement, en ces temps d’adversité, a instruit le gouvernement de réduire les dépenses courantes et de renforcer les actions pour la santé, la sécurité, l’agriculture et l’économie locale. Jouthe doit quand même concocter un budget pour tenter de faire repartir un pays qui a des fondamentaux en faiblesse, aucune réserve de ressources, une réputation désastreuse, un déficit de crédibilité et une incapacité avérée à bien gérer ses ressources, les dons et les prêts, un pays qui n’est capable ni de collecter des ressources fiscales et douanières à l’interne ni d’absorber les apports externes. Il a du travail.

En cette pleine incertitude économique, le Directeur Général de la DGI qui intervenait sur une série de dispositions adoptées par la Direction Générale des Impôts ainsi que les stratégies administratives définies dans le but d’assurer la continuité des opérations et services de l’administration fiscale, dans le contexte de la pandémie du coronavirus, a mis l’emphase sur la nécessité de protéger les employés de la DGI et les contribuables qui auront à fréquenter l’institution dans tous les endroits du pays, au cours de cette crise provoquée par la COVID-19. Lesdites mesures, selon le patron de la DGI, ont été adoptées de concert avec les directeurs départementaux, dans le cadre de la mission transversale de la DGI. Muradin Morlan a expliqué, dans la foulée, qu’un moratoire jusqu’au 30 juin 2020 a été accordé aux contribuables pour remplir leurs obligations avec le fisc. Bien que  les optimistes espèrent encore que la facture en vies fauchées sera la moins lourde possible en Haïti, il est évident que les conséquences économiques seront désastreuses, dans tous les cas de figure. Elles pèsent déjà sur la vie quotidienne dans le pays, même si le nombre de morts, officiellement recensés, est de trois, et les patients ne dépassent pas cinquante. Certains observateurs se demandent déjà, plus de six mois après le lancement de l’exercice fiscal, s’il ne serait pas plus productif de mettre le paquet pour concocter le budget 2020-2021, au lieu de bricoler des prévisions pour 2019-2020, et ensuite penser à l’avenir.

Altidor Jean Hervé

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