acceuilActualité

Du flou, autour des premiers cas de coronavirus détectés en Haïti

Deux cas de coronavirus ont été confirmés en Haïti, a annoncé le président Jovenel Moïse, dans un discours radiotélévisé, le 19 mars. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe et a créé une situation de grande panique et de peur, de la nuit du jeudi 19 au 20 mars 2020. Au cours de son discours, le président a fait part de nouvelles mesures, dont: l’état d’urgence sanitaire, un couvre-feu compris entre 8:00 p. m, et 5:00 a. m, la fermeture des écoles et des universités ainsi que la fermeture des ports et aéroports au transport de personnes. «Le pays passe automatiquement à la phase 2 de l’épidémie. Les écoles, les centres de formation professionnelle, les universités seront fermées, dès ce vendredi. L’État a pris toutes les dispositions pour fermer les usines de la sous-traitance, à partir de ce vendredi. Le gouvernement déclare un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national, entre 8 h du soir et 5 h du matin…», a déclaré, jeudi soir, le président Jovenel Moïse. Cela attise la curiosité de plus d’un. Néanmoins, le président n’a fourni aucun détail sur les cas enregistrés, leur nationalité, ni sur les dispositions qui vont être adoptées pour retracer les gens avec qui les personnes infectées ont eu des contacts ainsi que pour la prise en charge et la protection des personnes concernées. «Selon les derniers résultats des tests effectués au Laboratoire national, nous avons enregistré 2 premiers cas de coronavirus en Haïti», a déclaré le chef de l’État. Le président n’a pas donné plus de précisions sur ces deux cas, encore moins sur le nombre de personnes que ces deux porteurs auraient rencontré. Aucune nouvelle, non plus, sur la prise en charge de ces cas de contamination importés ni sur ce qui se fera en cas de contamination communautaire. «Le pays passe automatiquement à la phase 2 de l’épidémie. Les écoles, les centres de formation professionnelle, les universités seront fermés dès ce vendredi. L’État a pris toutes les dispositions pour fermer les usines de la sous-traitance, à partir de ce vendredi. Le gouvernement déclare un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national entre 8 h du soir et 5 h du matin à partir de ce vendredi. Nous avons créé un conseil scientifique pour éclairer les décisions publiques. Le gouvernement interdit, sur toute l’étendue du territoire, les rencontres, réunions et rassemblements de plus de 10 participants. Pour assurer la continuité dans les services publics et pour protéger les employés de l’État, nous demandons aux ministres, directeurs généraux, etc. de faire respecter la distanciation sociale. Le gouvernement décide d’adopter une rotation hebdomadaire de 50 % du personnel non-essentiel de l’administration publique. L’autre moitié devra faire le télétravail. Un groupe de travail spécial est créé pour analyser et recommander au gouvernement des mesures qui permettront de faire face aux impacts économiques de la pandémie. Ce soir, à partir de minuit, tous les ports et aéroports du pays seront fermés, jusqu’à nouvel ordre, pour le transport des personnes. Le transport des marchandises est toujours autorisé», a poursuivi Jovenel Moïse. Le chef de l’État n’a, non plus, annoncé aucune mesure d’accompagnement dans une situation économique extrêmement difficile. Tout comme dans les rues, sur les réseaux sociaux, une certaine panique a été rapidement remarquée. Des internautes n’ont pas caché leurs vives inquiétudes. Certains s’interrogent sur le fonctionnement désormais des marchés publics et des transports en commun toujours bondés. Néanmoins, d’autres mesures ont été annoncées dans un arrêté décrétant l’état d’urgence sanitaire. «Le gouvernement prendra les dispositions appropriées pour fournir aux hôpitaux: des masques, des gants, des médicaments, des solutés et toutes autres fournitures médicales nécessaires. Les hôpitaux et cliniques privés mettent à la disposition de l’État leurs services d’isolement. Il est demandé aux citoyens de rester chez eux ou de limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Les individus provenant des zones à risques seront automatiquement placés en quarantaine pour une période de 14 jours. Les propriétaires des biens et structures privés, éventuellement réquisitionnés par l’État, en vue de secourir la population, seront rémunérés à juste titre». Notons que La Direction sanitaire de l’Artibonite (DSA) a confirmé, jeudi 19 mars 2020, le premier cas positif de coronavirus. Il s’agit d’un ressortissant belge qui gère un orphelinat à Saint-Michel de l’Attalaye. Cet étranger serait dans le pays depuis environ dix jours. Avant sa mise en quarantaine, des prélèvements ont été effectués pour des tests au Laboratoire national. La nouvelle a suscité des remous dans la région et dans les communes avoisinantes. Les citoyens, qui se sentent vulnérables, craignent pour leur santé. Les établissements publics et privés n’étaient pas encore prêts à recevoir des cas avérés. Le Dr Marcel Chatelier, titulaire de la DSA, lance un appel au calme. D’après le médecin, le malade a été placé en quarantaine. Pour des raisons sécuritaires, il n’a pas révélé le lieu. Le biologiste Jean Vilmont Hilaire a exprimé, jeudi, sur Magik 9, ses réserves concernant les dispositions prises, jusqu’à présent, par les autorités haïtiennes, contre l’introduction du coronavirus dans le pays. C’était bien avant l’annonce officielle de deux cas enregistrés sur le territoire national. Notons que, selon les spécialistes, à la déclaration officielle d’un cas, le malade a déjà infecté au moins 2.5 personnes, d’après les statistiques mondiales actuellement. En multipliant le nombre des personnes confirmées d’être atteintes de COVID-19 par le facteur 2.5, on peut avoir une idée du nombre de personnes que les malades ont eu le temps d’infecter, avant d’être déclarés officiellement atteints.

Altidor Jean Hervé

 

Articles Similaires

Back to top button