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L’insécurité à la hausse, dans le Nord du pays

Une simple énumération des actes de banditisme enregistrés, au cours de ces deux dernières semaines, dans le nord du pays, nous donne une idée claire du niveau du climat de l’insécurité dans la région. Rien que dans la journée du jeudi 5 mars 2020, trois cas de violence ont été répertoriés dans la ville du Cap-Haïtien. Le premier est celui de l’assassinat d’un agent de sécurité dans une Maison de transferts et d’échanges de monnaie. L’acte a été perpétré à Vertières, dans la section de Haut-Du-Cap, vers dix heures, dans la matinée. Les malfaiteurs ont fait irruption dans le centre commercial et tromper la vigilance de la victime. Ils l’ont abattue de plusieurs balles. Les ravisseurs n’ont pas touché à la caisse, mais ont emporté le pistolet de l’agent de sécurité. Grâce à la caméra de surveillance, les images de ces bandits ont été divulguées sur tous les réseaux sociaux. Ceci a permis à la police nationale de procéder à l’arrestation de l’un de ces malfrats. Presque simultanément, dans la même matinée du jeudi, deux agents de sécurité s’étaient fait désarmer par des individus non identifiés, dans une pompe à essence, dans la section de Petite-Anse. Encore et toujours dans la matinée du jeudi 5 mars, un autre agent de sécurité a été attaqué par des bandits armés, au centre-ville. Ils ont emporté son arme de service. Le samedi 7 mars, dans la commune de Grande-Rivière-du-Nord, des gens de la population ont lynché deux des trois bandits qui rançonnaient les passagers, au morne Grand Gilles, une localité de la commune de Grande-Rivière. L’intervention de la police ne pouvait calmer la colère des gens. Ce même samedi, un agent de sécurité affecté à la mairie du Cap-Haïtien a été retrouvé mort, au marché public du centre-ville, tandis qu’un autre agent de sécurité de la mairie est assassiné par des individus armés, dans la section de Petite-Anse. Dans certains quartiers populaires de la périphérie de la ville, la situation est très critique. Les attaques entre gangs rivaux sont fréquentes, dans les zones de Shadda 1, Shadda 2, Conassa, et ont fait des victimes. Les rivalités entre ces quartiers défavorisés sont transformées en une véritable guerre entre les gangs rivaux, alimentés par des politiciens sans scrupule. Chaque jour, on retrouve des cadavres de personnes abattues, exposés à nu au sol. Le lundi 16 mars, au centre-ville du Cap-Haïtien, deux présumés bandits et un chauffeur de taxi moto ont été tués, lors des échanges de tirs avec des agents de la police nationale. Ces bandits ont participé à un cambriolage et ont dérobé une forte somme d’argent, dans une des banques commerciales du centre-ville. La population s’était mobilisée et les policiers affectés au commissariat, se trouvant tout près, ont vite réagi et poursuivi les ravisseurs. Après des heures d’échanges de tirs, la police a eu gain de cause sur les bandits. Dans l’après-midi, la police a procédé à l’arrestation de trois autres présumés bandits. La population du Nord, et particulièrement du Cap-Haïtien, vit dans la peur, à cause du climat d’insécurité. Les actes de banditisme se multiplient et la police paraît impuissante. La police scientifique est inexistante. Le pouvoir met le cap sur la formation d’une armée fantoche, destinée à protéger les intérêts du pouvoir antipopulaire.

Darwin Saint-Julien

 

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