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Trois ans d’échec économique, selon l’économiste, Énomy Germain

Participant à une émission sur une chaîne de télé de la capitale, l’économiste Énomy Germain croit qu’il suffit de regarder le bilan du président, sur le plan économique (et même sur le plan social), pour voir que c’est l’échec pur et simple. Il n’y a pas de débat là-dessus. Selon le constat de l’économiste Énomy Germain, après les trois ans du président Jovenel Moïse au pouvoir, la situation économique a gravement détérioré. « Suite aux nombreuses promesses faites à la nation, des engagements par-ci, par-là, les conditions de vie de la population haïtienne ne se sont pas améliorées. Concernant la croissance économique, l’emploi, la stabilisation de la conjoncture et l’équilibre extérieur, les résultats ne sont pas reluisants. Au contraire, la situation a empiré ». Haïti enregistre une croissance économique d’échec. De 2017 à 2019, le pays a enregistré, en moyenne, une croissance économique de « 0,2% ». Une économie haïtienne croissant à ce rythme est « une croissance insuffisante » qui va en inadéquation par rapport à la croissance de la population. Il s’agit d’un échec à ce niveau, analyse-t-il, soulignant que l’inflation a aussi augmenté de 6 points en passant à 20,3 %. L’économiste a fait savoir que durant les trois ans de Jovenel Moïse au pouvoir, la gourde a perdu 38% de sa valeur. Elle n’est plus une « réserve de valeur » depuis quelque temps, ce qui pousse les gens à épargner en dollars, comme pour évoquer une « dollarisation de l’économie haïtienne ». « Aujourd’hui, plus de 60% des dépôts du système bancaire se font en dollars américains. C’est une économie dollarisée de fait… », a-t-il avancé. D’autre part, l’économiste a révélé qu’Haïti enregistre près de trois milliards de dollars de déficit commercial, de 2017 à aujourd’hui. « Le niveau de valeur de l’importation est évalué entre 4 et 5 milliards de dollars américains, tandis que le niveau de celle de l’exportation est estimé à moins d’un milliard ». Il s’agit d’un énorme déficit puisqu’il s’agit d’une économie ayant un PIB estimé à 8 milliards de dollars. C’est une réalité qui met le pays sur une pente difficile à l’extérieur, s’inquiétait-t-il. Énomy Germain a, également, évoqué les mauvaises décisions du pouvoir : « Caravane du changement avec son lot de dépenses, tentative de l’État haïtien de libeller toutes les transactions en gourdes (provoquant une dépréciation de la gourde), tentative d’augmentation des prix pétroliers sur le marché, absence d’un gouvernement légitime… », a-t-il, entre autres, énuméré. S’il est vrai que les mauvaises décisions du chef de l’État ont contribué à la déchéance de l’économie nationale, il est aussi vrai qu’il existe des éléments externes qui ont amené à l’aggravation de la situation. En ce sens, Énomy Germain a souligné le fait, depuis plusieurs décennies, que nous avons une « économie de rente, une économie exclusive », profitable à des institutions. Pour s’excuser des faibles rendements au pouvoir, Jovenel Moïse impute souvent, dans ses multiples interventions publiques, la responsabilité à ce qu’il appelle le « système ». S’il est vrai que l’économiste admet, effectivement, que le mode global d’organisation institutionnelle est imperméable au changement, donc aux résultats, il a indiqué qu’il s’agit d’un « président qui avait pris le pouvoir avec ces informations en main…».

Altidor Jean Hervé

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