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Les conditions de détention en Haïti, un enfer avant la mort

L’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen (OPC) s’est dit préoccupé par la détérioration des conditions générales de détention, dans les prisons en Haïti, dans un communiqué. L’OPC y invoquait, entre autres, des problèmes, ayant rapport au non-respect des garanties judiciaires, à la situation et à l’alimentation des détenus. La crise sociopolitique qui sévit dans le pays, provoque de graves conséquences, non seulement sur le statut juridique des personnes incarcérées, mais également sur l’état de santé des détenus qui vivaient déjà dans la précarité, a expliqué le communiqué. D’autre part, l’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen a dit relever une augmentation du nombre de personnes en détention préventive prolongée. Une enquête, conduite par des agents de l’OPC, a révélé une violation des droits de certains détenus, transférés à la prison civile de Croix-des-Bouquets, après la tentative d’évasion, le mardi 28 janvier 2020, au Pénitencier national. L’OPC tire la sonnette d’alarme sur une éventuelle catastrophe humanitaire au Pénitentier national, si aucune disposition n’est prise par les responsables, pour garantir le droit à l’alimentation des détenus, qui constitue un droit fondamental. Ce même problème d’alimentation persiste aussi dans d’autres prisons, a fait savoir l’OPC, citant les prisons civiles de Jacmel (Sud-Est), de la Croix-des-Bouquets (Ouest), de Jérémie (Grand’Anse) et de Hinche (Plateau Central). « L’État a l’obligation de garantir, à toutes personnes, le droit à une alimentation suffisante et saine, leur permettant de satisfaire leurs besoins nutritionnels et de mener une vie active », a rappelé l’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen.

La situation des prisonniers au sein du Pénitencier national a empiré depuis la tentative d’évasion du 28 janvier dernier, selon la Fondasyon Je Klere, rapportant les propos de Pierre Killick Sémélus, arrêté en compagnie d’Arnel Bélizaire, à l’entrée de Jacmel, le 30 novembre 2019. Depuis le 3 février 2020, le détenu en question a pris l’initiative d’entamer une grève de la faim, pour dénoncer les mauvaises conditions de détention au plus grand centre carcéral du pays et la lenteur de la justice, dans le traitement de son dossier, a déclaré Marie Yolène Gilles, responsable de la FJKL, affirmant qu’une délégation de la Fondation, récemment, a visité la prison et constaté les faits. «Les prisonniers viennent de passer 8 jours sans se laver. Attroupés pêle-mêle dans seulement 77 cellules, les 3617 détenus du pénitencier n’ont presque plus droit aux visites. Ils ne mangent qu’une seule fois par jour, parfois très tard. La vie s’éteint à petit feu, à l’intérieur du Pénitencier National», a déploré Marie Yolène Gilles. Très remontée par cette triste réalité, la militante de Droits Humains a rappelé l’obligation qui est faite à l’État de prendre soin des prisonniers, dans le strict respect de la dignité humaine et des lois en vigueur. «La prison doit respecter sa mission qui est de garder et réhabiliter les détenus», a dit Marie Yolène Gilles.

Emmanuel Saintus

 

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