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La crise économique et l’insécurité alimentaire: des fléaux en sourdine

Le Président Jovenel Moïse, le Premier Ministre démissionnaire, Jean-Michel Lapin, le Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, les Directeurs Généraux: Michel Patrick Boisvert, Miradin Morlan, entre autres, ont rencontré, le mardi 4 février 2020, les responsables de l’Association Professionnelle des Banques (APB), au Palais National. La situation financière et économique du pays, dans ce contexte socio-politique particulièrement difficile, a été au cœur des discussions, selon un tweet du Président. Lors de cette rencontre, ces acteurs ont parlé de la nécessité de conjuguer leurs efforts, en vue de s’attaquer aux problèmes économiques et financiers auxquels le pays fait face. C’est une réalité qui s’est aggravée, en raison des troubles sociopolitiques ayant saccagé le pays, à la fin de l’année écoulée. Dans le cadre de la présentation de son rapport 2019 sur l’indice de la faim dans le monde, l’organisation «Agro Action Allemande» (en allemand: Welt Hunger Hilfe), avait réalisé, le jeudi 12 décembre 2019, à Pétion-Ville, un atelier de travail avec des cadres de l’administration publique, dans l’objectif de réunir les acteurs concernés, en vue d’aider les ONG à mieux travailler sur le terrain. «Tous les ans, Agro Action Allemande publie un rapport sur l’indice de la faim dans le monde, avec pour objectif de présenter la situation de la faim dans différents pays à travers le monde. Ce rapport permet de soumettre des données chiffrées aux décideurs et aux Organisations Non Gouvernementales, en vue de les aider à mieux orienter leurs actions», a fait savoir Annalisa Lombardo, directrice de cette organisation en Haïti. En ce qui concerne la faim, Haïti frôle la phase d’urgence. 4 millions de personnes seraient, dans quelques mois, en proie à la crise alimentaire, à défaut de mesures efficaces contre ce phénomène, prévoit Madame Lombardo. Les prévisions sur l’insécurité alimentaire sont maintenues pour Haïti. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO en anglais), dans un rapport publié le 22 janvier 2020, a fait une projection de 4,1 millions de personnes (40 % de la population totale) devant connaître une grave insécurité alimentaire, au cours de la période allant de mars à juin 2020, qui comprend la «période de soudure». Cette détérioration de la sécurité alimentaire touchera simultanément les zones rurales et urbaines. La crise économique est telle, qu’il est évident que la solution à l’insécurité alimentaire n’est pas pour demain. Dans la dernière note sur la Politique monétaire, pour le 1er trimestre de l’exercice fiscal 2020 (octobre-décembre 2019) la Banque de la République d’Haïti (BRH) a dit constater que, sur le plan national, l’économie a fortement pâti du ralentissement des activités durant les mois d’octobre et de novembre 2019.  Parallèlement, pour 65% des entreprises interrogées, cette situation a entraîné la mise en disponibilité de 10 à 25 % de leurs effectifs. Il convient également de noter que 35% des entreprises interrogées indiquaient avoir subi des dommages matériels durant la période de « peyi lòk». Jusqu’en  décembre 2019, les taxes et impôts collectés par l’État haïtien ont augmenté de 4,5 %, par rapport au trimestre précédent, se chiffrant à un peu plus de 19,6 milliards de gourdes. Parallèlement, les dépenses ont crû de 37,7%, par rapport au trimestre passé, pour se chiffrer à un peu plus de 42,7 milliards, laquelle progression reflète particulièrement un effet saisonnier, lié aux débours destinés aux activités de fin d’année. La faible hausse trimestrielle des recettes publiques n’a toutefois pas pu compenser la hausse des dépenses de l’État et, conséquemment, une détérioration de la position globale nette du gouvernement vis-à-vis de la BRH a été enregistrée, matérialisée par un niveau de financement monétaire de 15,8 milliards au 31 décembre 2019, contre 5,3 milliards au trimestre précédent. […] Au niveau de l’actif du bilan de la Banque Centrale, les créances nettes sur l’État ont crû de 22,19% au 31 décembre 2019 contre 8,18% au trimestre précédent. Une augmentation du déficit de plus de 300% sur le trimestre, malgré le pacte de gouvernance économique et financière, signé entre la BRH et le Ministère des Finances, en novembre 2019, visant à maintenir l’équilibre entre les dépenses et les ressources disponibles et à réduire l’augmentation des besoins de financement de l’État. Toutefois, une stabilisation de la situation sociopolitique devrait favoriser une reprise plus soutenue de l’activité, laquelle pourrait entraîner un effet positif sur les finances publiques et une réduction des besoins de financement de l’État auprès de la BRH.

Altidor Jean Hervé

 

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