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Multiplication des attaques et des assassinats

Deux personnes, dont un gardien et une servante, ont été blessées par balles, lors d’une attaque perpétrée, le mardi 10 décembre 2019, par des individus non identifiés, contre la résidence de Me Reynold Georges, un conseiller politique du président Jovenel Moïse. Les deux victimes, dont l’identité n’est pas mentionnée, reçoivent, à l’hôpital, les soins, que nécessite leur cas. Le gardien, qui a été atteint de 2 projectiles au cou, a déjà subi une intervention chirurgicale. La servante a reçu une balle à la jambe, a informé l’avocat Reynold Georges qui s’en est pris à deux médias qu’il accuse d’avoir incité à la violence contre sa personne.

Un jeune investisseur haïtien de 27 ans a perdu la vie, le dimanche 8 décembre 2019, à la suite d’une altercation avec des bandits armés à Saint-Marc. Guéry René, jeune saint-marcois, n’a pas vécu au-delà de ses vingt-sept ans. Il a reçu deux balles, le dimanche 8 décembre, dans la zone Fleranso, à Saint-Marc, non loin de l’ancienne usine à glace «Blanche Neige» où le jeune garçon s’adonnait à l’entretien de son entreprise de transformation d’eau traitée. Des sources proches de la victime ont rapporté qu’il s’est défendu bec et ongles, mais les malfrats ont eu raison de lui, à la fin. Ils l’ont abattu de deux balles à l’estomac. Au moment de l’échauffourée, il aurait eu en sa possession un ordinateur portatif dont les bandits voulaient s’accaparer. Il a rétorqué, et cela aurait attisé la colère des malfrats qui ont mis fin à ses jours.

En outre, le jeudi 5 décembre 2019, un feu s’est déclaré à une très grande librairie au Centre-Ville de la capitale d’Haïti. Il serait l’œuvre d’un présumé chef de gang dénommé Sonson. Le propriétaire parle de «pertes considérables». D’après le récit du propriétaire de l’entreprise. «Il était environ cinq heures de l’après-midi, le jeudi 5 décembre, lorsqu’un inconnu s’est dirigé vers moi en me demandant de lui verser 250 mille dollars», explique Me Michel Jacques, encore sous le coup de l’émotion, au micro de radio Vision 2000, le lundi 9 décembre. «Je ne devais de l’argent à personne, a rétorqué Me Jacques». C’est alors que la personne lui a annoncé que l’argent demandé sera utilisé pour sécuriser sa librairie. «On a déjà braqué toutes les autres entreprises de la zone, il ne restait que la vôtre», menace le malfrat qui s’est fièrement présenté sous le sobriquet de Sonson. Allant jusqu’à dire qu’il est un chef de gang opérant dans le haut quartier de Bel-Air. «C’est parce que vous êtes un avocat utile à la communauté que nous avions pris tout ce temps pour s’attaquer à votre entreprise», continue Sonson. «Cette fois, soit vous me versez au moins 40 mille dollars, où que votre librairie soit réduite en cendres», profère le bandit. Il lui a donné deux heures de temps comme marche de manœuvre. Monsieur Jacques a pris très au sérieux la menace du malfrat, alors il s’est rendu tout de suite à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour faire une déposition contre ce dernier. Étant à l’enceinte de l’institution de police, il a reçu un coup de fil, et c’est le malfrat en personne qui l’appelait pour lui signaler qu’il avait mis fin aux vieux jours de la librairie. Le chef de gang est accusé d’avoir mis feu à une librairie de quatre étages qui desservait le Centre-Ville de Port-au-Prince.

Par ailleurs, des membres de la police de St-Médard, à l’Arcahaie, ont abattu le jeudi 12 décembre, dans l’après-midi, Dumène Wedmayer Wedzer, parce que le véhicule de celui-ci a effleuré le véhicule de la patrouille. Wedzer qui pilotait une Toyota Land Cruiser ne s’est pas arrêté, après avoir heurté le véhicule des policiers, légèrement endommagé. En réaction, les agents de la PNH ont tiré à bout portant sur le véhicule de Wedzer qui a percuté une motocyclette. Arrivée devant le local de sa compagnie d’eau potable, Wedzer s’est arrêté et est descendu de la voiture, en levant les deux mains. «Mais les policiers l’ont quand même assassiné de plusieurs balles au dos», a déclaré un témoin. Cette situation a soulevé la colère des Archelois qui ont immédiatement érigé des barricades sur la route Nationale numéro 1.

Entre temps, peu après la mort de Jinel Louis, alias «Ti Hougan», des alliances entre des groupes armés avaient vu le jour. La plus importante était celle de la bande à «Ti Joseph» avec celle de Gabriel. Après la mort de «Ti Hougan», le nouveau caïd de Boston s’était rallié à son compère Gabriel, dans le but de renforcer son pouvoir. L’un des proches de Gabriel, Daddy ainsi connu, a même été placé comme chef de la zone de Projet-Drouillard, dirigé auparavant par le nommé «Bon Van», l’un des soldats de Ti Hougan. «Après le décès par balles de Jinel Louis et de deux (2) de ses acolytes, les hommes de Gabriel circulaient avec des armes à feu dans presque tous les coins de Boston. C’est une situation qui n’a pas plu à Ti Joseph. L’alliance n’a donc pas duré. Tout allait basculer, seulement moins de cinq (5) jours après l’assassinat de Jinel Louis. Selon des informations recueillies sur place, «Ti Joseph», le présumé assassin du chef de gang et désormais nouveau caïd de Boston s’était rebellé contre Gabriel qui avait voulu élargir son pouvoir, jusqu’à Boston. Le remplaçant de «Ti Hougan», aurait eu des altercations avec Daddy, proche de Gabriel, nouveau chef de «Projet-Drouillard». «Ti Joseph» a même tenté de le déloger, comme pour reprendre le contrôle de ce quartier. Et depuis, les affrontements armés sont déclenchés. Les échanges de tirs ont eu lieu pendant plus de deux (2) jours, faisant ainsi plusieurs victimes dans les deux (2) camps. Gabriel et Ti Joseph, aujourd’hui à couteaux-tirés, avaient eu pourtant de très bons rapports, après l’assassinat de «Ti Hougan».

Le gouvernement démissionnaire, à travers la secrétairerie d’État à la Sécurité publique, a mis en place de nouvelles mesures de sécurité, visant à permettre le bon déroulement des activités, à travers le territoire national, durant la fin de l’année 2019. Face à la situation de crise multiforme, après plus de 3 mois de pays «lock», de paralysie totale des activités sur le territoire national, en Haïti, des interrogations fusent sur les moyens objectifs d’organisation de «fêtes de fin d’année», d’autant que beaucoup d’entreprises n’ont pas pu s’approvisionner en conséquence. Quoi qu’il en soit, les bandits qui s’aviseront de venir nuire à la population, seront arrêtés, tente de rassurer Léon Ronsard St-Cyr, secrétaire d’État à la Sécurité publique, lors d’une conférence de presse, le lundi 9 décembre 2019. Les patrouilles policières, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, seront renforcées. Il y aura une présence constante de la Police nationale d’Haïti (PNH), à proximité des établissements scolaires, promet St-Cyr. Les effectifs se sont déjà renforcés, dans les départements de l’Ouest et des Nippes (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), notamment à Petit-Goâve et à Chalon, dans la ville de Miragoâne, a dit Eddy Jackson Alexis, secrétaire d’État démissionnaire à la Communication. Face à la «gangstérisation» qui se développe, de plus en plus, et à l’augmentation des armes illégales sur le territoire national, des séances de travail ont été organisées avec les responsables de la douane, pour freiner le débarquement d’armes illégales sur le territoire, a informé la secrétairerie d’État à la Sécurité publique. «Nous nous sommes rendu compte que plus d’armes à feu et de cartouches sont introduites à travers des containers»

Altidor Jean Hervé

 

 

Une photo du groupe armé La Savane des Cayes, dirigé par Kilikou, novembre 2019. Crédit photo: Ralph Tedy EROL/Ted’Actu

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