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Les politiques libérales détruisent les populations

Les politiques libérales détruisent les populations

Le 11 juillet dernier, on commémorait la Journée mondiale de la population. Mais, les experts de l’ONU et les scientifiques haïtiens l’ont célébré le mercredi 14 juillet autour du thème « Tout le monde compte ». En théorie, oui, tout le monde compte. « Tout moun se moun » dirait l’autre. Mais, tout observateur consciencieux et honnête peut facilement remarquer qu’il y a un monde de différence entre ce qui se dit chaque année à ces occasions et la pratique de chaque jour.
    Pour la commémoration de la Journée mondiale de la population, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) de concert avec l’Association Nationale des Spécialistes en Population et Développement (ANASPOD) ont organisé un atelier de travail. Le responsable de la FNUAP en Haïti Igor Bosc a fait savoir à l’agence de presse HPN que « de 1950 à 2010, la population de Port-au-Prince est passée de 13.000 à 2.5 millions d’habitants…Port-au-Prince concentre le quart de la population. Haïti est en passe de devenir un pays majoritairement urbain. » «…. Le séisme a justement montré les limites de ce système urbain visiblement en crise » a encore noté M. Bosc. Dieutès Démosthène, président de l’ANASPOD a déploré le manque de débats autour de ce problème. « Il est indispensable de compter chaque membre de la population pour mieux comprendre les besoins » a dit Démosthène. M. Bosc a aussi plaidé pour la déconcentration des services. Ces discussions se sont terminées, comme toujours, en espérant que l’année prochaine cela ira un peu mieux. Ces experts des Organisations non gouvernementales (ONG) vont eux-mêmes travailler d’arrache pied à produire des documents, faire des études sur la population afin qu’ils reçoivent des fonds, des puissants de ce système qui nous ont amené là où nous sommes, afin qu’ils ne sombrent eux aussi dans la catégorie des laissés pour compte. Donc, ne les demander pas de critiquer les politiques : d’ajustement structurel, de dumping pour détruire l’agriculture locale, qui ont provoqué les déplacements massifs de paysans toujours en butte aux grands propriétaires terriens locaux, de guerres impériales etc. rien de tout ceci n’a été abordé. On dirait que les problèmes de population sont une fatalité.
    Dans un autre cadre, mais qui concerne toujours le problème de la population, le 12 juillet, le responsable du programme Santé-plus Haïti (SSM/PSPH) le psychiatre Harrison Ernest et le psychologue Gabriel Gué ont sonné l’alerte au cours d’une conférence de presse, sur la situation de la population haïtienne six mois après le tremblement de terre du 12 janvier qui a fait plus de 300.000 morts, au moins 250.000 blessés et estropiés et plus d’un million de sans abris. « Le séisme du 12 janvier a provoqué un énorme traumatisme qui a entraîné des perturbations au niveau du psychisme collectif haïtien » a avancé le Dr Ernest qui avec son collègue ont exhorté les autorités à « adresser les vrais besoins de la population. » « On observe le développement de comportements anormaux comme le tremblement des membres, l’hyper vigilance, des troubles de mémoires, beaucoup de stress et d’angoisse » a expliqué, quand à lui, le psychologue Gué Gabriel. Mais, que va-t-on faire avec cette population ? « Allez demander au ministre de la Santé publique combien d’organismes nationaux et internationaux interviennent au niveau de la santé mentale en Haïti et vous verrez qu’il ne pourra pas vous répondre » (HPN, 13 juillet) a encore indiqué le Dr Harrison Ernest.
    Il y a, en nette augmentation chaque année des millions de laissés pour compte. Et, en Haïti la situation est criante surtout après le 12 janvier. Les scientifiques en matière de population et de développement avancent des chiffres qui font frémir. Ils proposent des solutions, critiquent certains aspects du problème, surtout ceux qui sont apparents. Dans les salons, autour d’un verre et de mets appétissants, des intellectuels et les « gens de bien », disons les fortunés, les « non laissés pour compte », discutent toujours de ces problèmes. Mais, en dehors de ces cadres, tout redevient normal à leurs yeux. Et, quand on essaie d’analyser les problèmes fondamentalement, en faisant une analyse de classes de la société, en analysant l’exploitation de l’homme par l’homme ; en essayant de les impliquer dans la lutte, en général, pour sortir de ce trou où nous sommes vous devenez immédiatement un dictateur, un fou, un rêveur etc. Ils vous diront que c’est la réalité, qu’ils ne sont pas vraiment concernés et qu’ils ne pourront pas changer seuls le monde. Il faut qu’ils vivent. Ce ne sont pas eux qui ont créé la misère etc. Ils justifient tout car ils sont, dans un sens, partie prenante du problème, souvent inconsciemment. Mais, ils refusent de se libérer du carcan idéologique qui les motive pour ne pas perdre leurs amis, leurs parents et certains privilèges. Ils ne veulent pas contribuer, même un minimum, pour combattre les classes dominantes locales et les tenants du système libéral. Ce comportement de ces individus, majoritairement issus des couches privilégiées de la classe moyenne ou de la petite bourgeoisie et de certains experts de certaines ONG complique la situation désastreuse de la population. De fait ces gens travaillent, objectivement, pour maintenir le statut quo. Ils ne se rendent pas compte, à un certain point, que c’est l’idéologie de l’empire qu’ils critiquent parfois mais qu’ils véhiculent, qui les rend si individualiste et cynique au dépend de la collectivité. Ces gens, malheureusement, ne comprennent pas qu’ils défendent un système qui les anéantira aussi, tôt ou tard.

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