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Pourquoi les élections ne peuvent avoir lieu ?

Pourquoi les élections ne peuvent avoir lieu ?

Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) qui projette de réaliser le premier tour des élections législatives et présidentielles le 28 novembre prochain a organisé sa première rencontre le jeudi 15 juillet 2010 avec des responsables de partis et de regroupements de partis pratiquement inconnus du grand public, en vue d’un « dialogue » entre les différents acteurs afin de crédibiliser le processus électoral.
    «J’entendais encore lancer, comme un leitmotiv, deux maîtres-mots, deux dispositions d’esprit qui nous animent au conseil électoral provisoire et qui guideront toutes nos démarches tout au long du processus électoral ; rigueur et transparence », a lancé le président de l’institution électorale, Gaillot Dorsainvil avant d’ajouter : « votre présence ici ce matin est hautement significative. Arrivés des quatre coins du pays, vous portez le message de l’adhésion la plus large des populations de vos villes et de nos régions les plus éloignées a un projet de société : le projet de société défini par la constitution de 1987 qui prévoit le renouvellement périodique du personnel politique par voie des élections ». Un chant de sirène lancé par Gaillot Dorsainvil qui est définitivement le prototype du démagogue professionnel et traditionnel.
    Tout en se réjouissant de la présence de prés de 38 partis politiques bidon à cette rencontre à l’hôtel Karibe à Pétion-Ville, M. Gaillot a été obligé de reconnaître le fait que beaucoup de formations politiques ont en effet boudé les pourparlers du CEP. « Même si des représentants de certains partis politiques n’ont pas participé à cette rencontre ils prendront part de toute façon aux prochaines élections » a quand même souhaité Dorsainvil qui en a profité de cette rencontre pour présenter le calendrier électoral qui avait prévu entre autres pour le 16 juillet la publication de la liste des candidats agréés pour les législatives et pour le 19 juillet l’enregistrement des nouveaux partis politiques pour les prochaines présidentielles. L’enregistrement des nouveaux partis a été prolongé jusqu’au 27 juillet. On peut remarquer que le CEP continue à agir de la même manière qu’auparavant. Il y a précipitation dans toutes ces entreprises, de façon à faciliter l’INITE du président Préval. Si ce CEP voulait partir sur de nouvelles bases, pourquoi alors n’avait-il pas ré ouvert les registres électoraux pour que de nouveaux candidats, pour les législatives, qui n’avaient pas eu le temps de compléter leur dossier de s’inscrire ? Ensuite, si on voulait vraiment dialoguer pourquoi avoir invité les candidats agréés et les partis politiques parallèlement ? Une autre magouille a indiqué : le CEP demande à des centaines de milliers de gens d’aller faire des lignes sous un soleil de plomb afin qu’ils renouvellent leurs adresses. Dès lors, ils sauront où aller voter. C’est une manière de démobiliser les gens. Dans la situation catastrophique et chaotique où nous sommes, pourquoi compliqué les choses davantage. Pourquoi ne pas accepter que dès qu’on possède sa carte on peut voter n’importe où dans la commune ou on est installé ? Le CEP et l’Exécutif sont totalement de mauvaise foi. Et cela indique que ces élections seront faites sur mesures. Est-ce pourquoi, les partis qui se respectent et respectent le peuple ne s’étaient pas rendus au rendez-vous du CEP. Nous savons que dans le passé, certains partis pour diverses raisons valables s’étaient rétractés à participer à des élections/sélections. Mais, ils s’étaient fait complice des magouilles à la dernière minute. Souhaitant par opportunisme qu’ils auront quand même quelques sièges au Parlement. On a vu ce qui s’était passé pour le tiers des sénatoriales de l’année dernière !
    Notons en effet que l’Alternative, Rasamble et la Plateforme des patriotes haïtiens (PLAPH), le Parti Populaire National (PPN) sont entre autres les principaux regroupements de partis et de parti ayant boycottés la rencontre du 15 juillet sans compter le parti Fanmi Lavalas qui avait été exclu du processus électoral.
    Concernant en effet le parti de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, plusieurs milliers de ses partisans ont gagné les rues de la capitale ce même 15 juillet pour célébrer l’anniversaire de naissance de leur leader historique exilé en Afrique du Sud depuis 2004. Ils en ont profité pour exiger une fois de plus le départ du pouvoir du président René Préval et le renvoi du CEP qui aurait été miné pour des scandales de corruption à répétition. « Le chef de l’état n’est qu’un intendant qui agit dans l’ombre du diplomate guatémaltèque (Edmond Mulet) » a déclaré un des chefs de file de Fanmi Lavalas René Civil. On ne parviendra pas à nous évincer du terrain démocratique », a pour sa part fait savoir la représentante ai de Fanmi Lavalas, le Dr Maryse Narcisse, qui plaide en faveur d’élections anticipées.
    Deux jours auparavant, soit le 13 juillet, une autre manifestation lancée à l’initiative des plateformes politiques de l’opposition et des associations de la société civile avait été organisée dans la capitale toujours pour réclamer le départ du chef de l’état et du CEP : « Préval veut vendre l’âme du pays à crédit pour un montant de 10 milliards de dollars promis par la communauté internationale », a accusé l’ancien Premier ministre Rosny Smarth de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et de l’Alternative. Le président de la plateforme Libération, Serge Jean-Louis, se dit confiant quant à la réussite de leur mouvement. « Nous sommes certains que la population finira par gagner et qu’un nouveau jour va se lever sur Haïti », a fait savoir Serge Jean-Louis.
    André Michel du groupe 77 a abondé dans le même sens déclarant : « René Préval pratique une politique qui ne peut conduire qu’à l’instabilité et à la misère. Les manifestations contre le gouvernement auront raison de l’appui dont bénéfice apparemment aujourd’hui le gouvernement auprès de la communauté internationale ».
    Il faut en outre signaler que la manifestation du 13 juillet à la capitale, a été entachée de quelques incidents sur son parcours. En effet, des jets de pierres, des pneus enflammés, des pare-brises de véhicules brisés ont été enregistrés. Un véhicule appartenant au parc automobile de l’Etat haïtien a été également incendié à cette occasion.
    Les villes de provinces n’étaient non plus en reste par rapport à ce mouvement de protestation contre le régime Préval/Bellerive. En effet, différentes manifestations réclamant le départ du chef de l’Etat et des conseillers électoraux ont été observées dans certaines villes de provinces telles que Petit-Goâve, Miragoâne, Jacmel et Hinche. La mobilisation doit se poursuivre. Dans les conditions actuelles, et surtout avec ce CEP commandité, des élections honnêtes et crédibles sont impossibles. Les vrais patriotes ne se feront jamais complices de cette mascarade en vue.

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