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La fin du blackout, ce n’est pas pour demain, selon l’ED’H

Depuis le début de l’altercation entre l’État haïtien et le groupe SOGENER, la capitale et ses zones avoisinantes sont dans le noir. Selon le D. G. de l’Ed’H, les causes de ce manquement sont la sécheresse, le manque de carburant et les factures non payées par les clients de la compagnie. Jean Nicolas Hervé Pierre-Louis a dit attendre la subvention de l’État pour faire revenir le courant électrique dans les foyers. L’Ed’H ne dispose que de 88 mégawatts actuellement, sur les 220 mégawatts obligatoires pour alimenter la capitale et ses environs. C’est donc ce qui explique que la ville est plongée dans le noir moyenâgeux. Il y a certaines zones de la capitale qui passent parfois presqu’une semaine sans courant électrique. Les centrales électriques de Carrefour et de E-Power produisent actuellement 60 mégawatts au mazout et Varreux (SOGENER), 14 mégawatts au gasoil. En raison de cette période de sécheresse, la centrale hydraulique de Péligre n’a qu’un seul moteur en fonction sur trois, ce qui représente 14 mégawatts. Ce moteur sera mis à l’arrêt, dans quelques jours. Au total, l’Ed’H dispose de 88 mégawatts, aujourd’hui, sur les 220 mégawatts que nécessite l’aire métropolitaine pour être correctement alimentée, a déclaré le directeur général de l’Ed’H, Nicolas Hervé Pierre-Louis, en conférence de presse, au Palais national.

D’autre part, le numéro 1 de l’Ed’H a affirmé que les centrales de Varreux (SOGENER), qui peuvent produire environ 50 mégawatts, ne fournissent que 14 actuellement, avec les moteurs qui fonctionnent au diesel. Néanmoins, il n’a rien dit des moteurs des centrales de Varreux qui fonctionnent au mazout, avec une capacité de 30 mégawatts. Selon Hervé Pierre-Louis, l’Ed’H n’a pas d’autres choix, que d’attendre du gasoil de la part du gouvernement, pour augmenter sa production. «Avec la performance actuelle de l’Ed’H, nous n’avons pas la capacité d’acheter du carburant. Nous dépendons de la subvention de l’État», a dit le responsable. Et il a aussi tenu à rappeler que la production actuelle de l’Électricité d’Haïti dépend de la disponibilité des produits pétroliers. D’autre part, le D. G. de l’Ed’H a fait savoir que l’Ed’H a besoin de 1,1 milliard de gourdes, chaque mois, pour l’achat de mazout et de diesel. Il a, également, ajouté que les recettes de l’Ed’H ne dépassent pas 450 millions de gourdes le mois. Selon lui, c’est cet écart qui constitue la subvention dont l’Ed’H a besoin pour fonctionner, soit 650 millions de gourdes, ce qui équivaut à environ 7 millions de dollars américains par mois.

Après l’exposition de l’incapacité de l’Ed’H, l’ingénieur Hervé Pierre-Louis a annoncé que la majorité des circuits de l’aire métropolitaine seront alimentés, au maximum, six heures d’électricité en moyenne par jour, et certains circuits ne seront alimentés que toutes les 36 heures. Selon le patron de l’Ed’H, la compagnie fait face à des contraintes techniques. Il faut ajouter à cela, qu’il y a des individus «malhonnêtes» qui piratent ses lignes. Pour le dernier trimestre de l’année 2019, sur les 2 515 factures distribuées par l’Ed’H dans la catégorie appelée «grands clients», seuls 1 200 abonnés ont payé leurs obligations. À Pétion-Ville, sur les 33 000 bordereaux distribués, seuls 6 500 clients de la compagnie ont honoré leurs dettes. 30 000 bordereaux ont été aussi distribués à Delmas et seulement 7 000 ménages ont payé l’Ed’H. À Port-au-Prince, sur 20 000 bordereaux distribués, seuls 4 300 clients ont payé la compagnie, a précisé le D. G. de l’Ed’H, faisant état des comptes de la compagnie. Hervé Pierre-Louis a fait savoir que l’ED’H prévoit prendre des sanctions contre les clients mauvais payeurs, ajoutant que les clients de la compagnie doivent à l’Ed’H des milliards de gourdes. La dette résidentielle est estimée, en septembre 2019, à 13 milliards de gourdes: le commerce, à 1,7 milliard de gourdes; les industries, à 1,7 milliard de gourdes ; les organismes publics, à 1,8 milliard ; les organismes autonomes, à 946 millions ; la dette pour l’éclairage public, qui dépend des mairies, est estimée à plus de quatre milliards de gourdes.

Emmanuel Saintus

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