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Des nouvelles mesures du gouvernement pour alimenter l’insécurité d’État

Quarante-huit (48) heures après la déclaration de Jovenel Moïse de mettre hors d’état de nuire tous les individus qui empêchent le pays de fonctionner, la machine infernale de l’insécurité d’État est en marche. Des dizaines de mandats ont été lancés contre des dirigeants politiques dans divers coins en Haïti. Le bilan des victimes pourrait être revu à la hausse. Le dimanche 1er décembre, un autre massacre a été perpétré par le pouvoir en place, cette fois-ci par le biais d’une des brigades de la mort en uniforme. Jovenel Moïse a fait cibler des pauvres innocents à Mariani, assis devant leurs maisons, sans armes ni signes de résistance. Au total, 10 personnes ont été atteintes, par balles, de sang-froid par des policiers cagoulés et des serviteurs du pouvoir. Selon le dernier bilan, cinq (5) personnes ont été tuées par balles et cinq (5) se trouvaient dans un état critique dans un centre hospitalier. L’attaque a été perpétrée dans la localité de Ti Godet, à Mariani, sous l’auspice d’un policier dénommé «Ti Réginald» ainsi connu et d’un CASEC PHTK, «Pa nan grenn», un assassin notoire. Les assassins ont utilisé également un véhicule de la police nationale pour commettre leur crime. Dans la même lignée, l’ancien responsable de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), Michaël Lucius, a été assassiné par balles, le dimanche 1er décembre, dans la soirée, par des individus armés, non identifiés. Michaël Lucius aurait reçu plus de neuf projectiles, alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui, dans la commune de Pétion-Ville. Le vendredi 30 novembre, un peu avant midi, Ginel Louis, alias «Ti Ougan», le puissant Chef de gang de Boston (Commune de Cité-Soleil) a été abattu par balles ainsi que 3 de ses gardes du corps. Aux Gonaïves, les tirs nourris ont été entendus dans divers coins de la ville. Et tous ceux qui refusent d’exécuter à la lettre la mission de Jovenel Moïse seront révoqués ou remplacés. C’est le cas du commissaire de police de Saint-Marc qui avait refusé de massacrer la population pour procéder à l’arrestation d’Arnel Bélizaire, le vendredi 29 novembre. Sur-le-champ, il a été remplacé la veille, le samedi 30 novembre, par l’ex-commissaire de l’Arcahaie. Le samedi 30 novembre dans la soirée, l’ancien Commissaire de l’Arcahaie, Jacques Ader a été installé comme nouveau Commissaire de Police de Saint-Marc. Il remplace à ce poste le Commissaire Jean-Claude Jean, révoqué après l’arrestation ratée, la veille, de l’ancien député Arnel Bélizaire, militant de l’opposition. Le Commissaire Jean-Claude Jean occupait ce poste depuis à peine 3 mois. En effet, les autorités entendent mettre en place des moyens importants, pour sécuriser les fêtes de fin d’année. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique annonce un ensemble de dispositions, afin de faciliter le bon déroulement des fêtes. Ainsi, Léon Ronsard St-Cyr rassure les opérateurs touristiques et culturels, en ce qui concerne la tenue, en toute sûreté, des activités qu’ils auront à organiser durant cette période. «L’opération « Peyi Lock» n’est plus désormais qu’un souvenir. Le gouvernement va reprendre le contrôle de la situation sécuritaire durant les fêtes de fin d’année», a déclaré le secrétaire d’État à la Sécurité publique. Les instructions du Président de la République en ce sens, sont claires. Selon Mr. St-Cyr, les routes doivent être débloquées, environ 24 heures après la tenue au palais national d’une réunion élargie du Conseil Supérieur de la Police Nationale. Après la rencontre, toutes les entités de l’État, impliquées dans l’implémentation de ce plan, ont été donc à pied d’œuvre. Jovenel Moïse a pris part à cette rencontre spéciale du Conseil Supérieur de la Police Nationale d’Haïti, dans le but de «définir de nouvelles stratégies pour rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, en particulier à l’occasion des fêtes de fin d’année», a dit le communiquer en question. En effet, il s’ensuit que la principale sollicitation du Président de la République est que toutes les dispositions nécessaires soient prises «pour améliorer le climat sécuritaire du pays, une manière de protéger efficacement les vies et les biens des citoyens sur tout le territoire national». Le chef de l’État en a fait la demande auprès des responsables du CSPN qui ont confirmé leur adhésion à cette démarche. Ainsi, peut-on lire dans le document : «Les différentes autorités ont répondu positivement à l’instruction du Président Jovenel Moïse et se sont mises d’accord pour multiplier leurs efforts, afin de traquer sans relâche les bandits et autres délinquants qui entravent le bon fonctionnement de la société». Avant cette importante réunion, à la «Matinale Europe 1», un journaliste a traité Haïti de «Somalie aux Amériques». Mais cette comparaison tient de l’exagération, selon Himmler Rébu, ancien haut gradé des Forces armées d’Haïti. Il l’a dit haut et fort et sans langue de bois. Lors de l’émission diffusée ce 26 novembre sur les ondes de «Europe 1», Vincent Hervouët a comparé Haïti à la Somalie. «Haïti, c’est la Somalie, mais aux Amériques», a-t-il lâché sans broncher, durant sa rubrique Éclairage International. C’est une comparaison qui intervient en raison du climat d’insécurité qui règne à Port-au-Prince, depuis le début des opérations «Peyi Lock».

Emmanuel Saintus

 

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