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La crise économique se précise

Timidement, les activités économiques ont repris dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, durant la semaine écoulée. Les bus de transport en commun sont remarqués dans les diverses artères, ce qui facilitent les activités des grands commerçants et des petits commerçants du secteur informel. Toutefois, dans certains quartiers dont la route de Frères, de Tabarre et du bas de Delmas, des barricades persistent. Des militants montent la garde, afin d’empêcher la destruction de ce qui constitue un outil de la contestation. C’est à ce moment que vient la note de politique monétaire de la Banque de la République d’Haïti (BRH), avec son gros poids d’embarras pour l’administration centrale de l’État et pour l’économie. Elle a révélé une «contre-performance significative» des finances publiques. Les recettes cumulées, d’octobre 2018 au 30 septembre 2019, se sont établies à 76, 159 530 milliards de gourdes contre 79, 620 640 milliards de gourdes en 2017-2018; ce qui correspond à une baisse de 4,3% par rapport à l’exercice précédent. Elles se situent ainsi en deçà des recettes budgétaires prévues à 99,165 300 milliards de gourdes, dans le budget 2017-2018, lit-on dans la note de politique monétaire. «D’un autre côté, les dépenses publiques d’octobre 2018 au 30 septembre 2019 ont atteint 131,334 670 milliards de gourdes, contre un plafond de 109,308 milliards de gourdes, prévu dans le budget 2017-2018. Si l’on considère l’évolution de l’inflation qui s’est établie, en rythme annuel, à 19,5% au mois d’août 2019, il ressort que les finances publiques ont enregistré, en termes réels, une contre-performance significative», a poursuivi cette note. 9,2 milliards de gourdes est le montant de financement de la BRH. «Le ralentissement de l’activité économique et les arrêts de travail forcés des institutions de perception, en raison des troubles sociopolitiques, ont eu un impact négatif considérable sur les rentrées fiscales. Cette évolution de la situation des finances publiques s’est traduite par une détérioration de la position de l’État vis-à-vis de la BRH, caractérisée par un financement de 9,2 milliards de gourdes, au 30 septembre 2019, contre un financement monétaire de 4, 667 850 MG, au troisième trimestre 2019», selon cette note de politique monétaire. Compte tenu de la conjoncture sociopolitique et de ses effets néfastes sur les entreprises débitrices, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a annoncé, dans sa note sur la politique monétaire pour le 4e trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019, qu’elle envisage une baisse modulée des taux directeurs, afin d’accommoder une reprise de la croissance économique. Au cours du dernier trimestre dudit exercice, la BRH avait maintenu les taux d’intérêt sur les bons à 10%, 14% et 22% sur les maturités de 7, 28 et 91 jours, respectivement, dans le but de stabiliser la valeur de la gourde. Sans préciser à quel niveau elle compte rendre les bons moins attractifs, la BRH semble opter pour une politique monétaire moins restrictive, afin d’éviter de compromettre la possibilité des entreprises débitrices de faire du profit. «Dans un contexte de morosité exacerbée, le maintien de ces niveaux élevés de taux, prévus pour être modulés à la baisse, contient le risque systémique d’empirer la profitabilité des entreprises débitrices du système financier et de leurs créditeurs, interpellant, conséquemment, la banque centrale, par rapport à sa mission de régulateur», précise la note, soulignant que le coefficient d’arrérage est passé de 2,55% en début d’exercice, à 4,04% en avril, pour atteindre 6,83% en août 2019. De plus, la BRH envisage de baisser les taux élevés, parce qu’il n’y a pas un climat favorable à la gestion modulée des taux d’intérêt, sur la base de l’évolution anticipée de l’indice de confiance des agents économiques. En outre, la BRH tient compte d’une longue stabilité du taux de change. «Cette stabilité tend à contenir les variations de l’inflation, dues à la dépréciation de la gourde, en dépit de nos prévisions à la hausse du taux d’inflation qui ne s’expliquerait pas prioritairement et exclusivement par des facteurs monétaires que le prochain renouvellement du Pacte de gouvernance économique et financière avec le ministère de l’Économie et des Finances aidera à monitorer», lit-on dans la note.

Altidor Jean Hervé

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