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Des prisonnières, victimes de viols atroces

Douze des treize femmes, écrouées à la prison civile des Gonaïves, ont été victimes de viol collectif. Au cours de la tentative d’évasion qui a eu lieu, les jeudi 7 et vendredi 8 novembre 2019, les victimes ont été abusées par plusieurs prisonniers parmi les 315 hommes incarcérés avec qui elles cohabitaient. Cette action soulève la colère et l’indignation de plus d’un. Selon des témoignages, sans préservatif, certaines ont été violées jusqu’à douze fois. Dans le hall de cet espace inadapté, elles ont hurlé énergiquement. Mais en vain. Selon le défenseur des droits humains, Me Michelet Dorgilles, la seule femme qui n’a pas été violée avait passé la nuit avec son copain, le «major» de la prison. L’organisation féministe Nègès Mawon déplore le viol de 12 femmes, par plusieurs détenus (hommes), dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 novembre 2019, à la prison civile des Gonaïves (département de l’Artibonite), dans une note en date du 12 novembre 2019. Tout en demandant à l’État haïtien de prendre ses responsabilités, l’organisation féministe Nègès Mawon exige la libération immédiate et sans condition des prisonnières. Elle présente ses sympathies à toutes les victimes de ce drame et exhorte les autres organisations de défense des droits humains à serrer les coudes, pour porter secours à ces détenues. «Comment est-ce possible que des femmes et des hommes soient emprisonnés (es) au même endroit ? Où sont passées les sommes, fournies pour la construction et la rénovation des prisons du pays», s’interroge l’organisation féministe Nègès Mawon? La détenue la moins victime a été violée par deux hommes, parce qu’elle avait son mari, un détenu, qui l’a défendue, face aux nombreux autres prisonniers agresseurs, indique une investigation de la Platfòm Fanm òganize pou devlope Latibonit (PLAFODA). L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) dit avoir pris connaissance, avec consternation et écœurement, du viol de plus d’une dizaine de détenues à la prison civile des Gonaïves. Cet acte horrible met à nu les faiblesses du système carcéral haïtien. La surpopulation gangrène, certes, les conditions de vie en prison mais elle n’est que l’un des maux qui affecte l’administration pénitentiaire. Outre le surencombrement dans certaines prisons qui ont plus que le triple de l’effectif qu’elles ne peuvent accueillir, les responsables doivent faire face à des problèmes d’hygiène, de rupture de stock de nourriture, d’incapacité à trouver de l’eau etc… Cette situation de manque n’est pas sans conséquences sur les conditions de détention. Elles sont inhumaines et dégradantes et constituent une violation flagrante des droits fondamentaux des prisonnier-e-s. Face à un tel contexte d’insuffisance des ressources disponibles, les responsables sont trop souvent obligés de passer outre le principe de séparation en milieu carcéral. Sa fonction première est d’assurer la protection et la sûreté des personnes, privées de liberté. Ainsi, son application a pour effet, la séparation des femmes des hommes, des détenu-e-s mineur-e-s des adultes, et les prévenu-e-s des condamné-e-s. Ce principe se traduit par l’existence d’unités strictement distinctes, les unes des autres, au sein d’un établissement ou par des établissements spéciaux pour les groupes concernés. Le viol des 12 femmes à la Prison civile des Gonaïves est la résultante d’une déficience de l’application de ce principe. Des autorités sanitaires, en collaboration avec les responsables de la fondation Zanmi Lasante, ont porté mains fortes aux femmes victimes, à Saint-Marc, où ont été transportées les prisonnières victimes de viols. Ainsi, les femmes violées ont été transférées à Saint-Marc, pour avoir un traitement prophylactique contre le Virus de l’immunodéficience humaine / Syndrome immunodéficitaires acquis (VIH/Sida) et d’éventuelles grossesses, fait savoir une représentante du ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF).

Parallèlement, les maires assesseurs, Jean Gary et Vanide Féfé, appellent à une intervention urgente de la police nationale dans le quartier de Canaan 70, à Cabaret. Un gang qui sème la terreur dans la zone aurait déjà violé plus de 50 femmes et filles, selon Me Joseph Lauvanice Bervil, un avocat habitant la commune. Ce gang, connu sous le nom de «Team Dejwe», rançonne et viole les membres de la population de la commune de Cabaret, informe Me Joseph Lauvanice Bervil. Prenant pour cibles des commerçantes «madan sara»‘ et des jeunes étudiantes, ces gangsters armés ont provoqué une peur chez de nombreux résidents, contraints de rester chez eux.

Altidor Jean Hervé

 

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