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La répression s’accentue…

Jovenel Moïse, à l’assaut des manifestants et des barricades. Alors que le peuple érige des barricades dans la rue, en utilisant des pneus en feu, Jovenel et son équipe utilise des fusils Galil, des M16, des T65, pour écraser les manifestants. Les forces Jovenéliennes sont violemment intervenues, le lundi 4 novembre, contre les manifestants qui campaient depuis des semaines dans divers quartiers à Port-au-Prince, notamment dans la commune de Delmas. Les forces Jovenéliennes, de la police et des milices, ont écrasé des barricades dans diverses rues de la capitale. Plusieurs personnes sont blessées, sous les balles de ces individus. La police nationale d’Haïti est détournée de sa vraie mission: «Protéger et servir», pour protéger les intérêts des oligarques et le pouvoir de Jovenel Moïse, un corrompu. La gravité du risque de détournement de la police contre le peuple, explique la dissimulation des causes de l’enjeu sous des difficultés qui déplacent le problème. Le lundi 4 novembre, a marqué la 9e semaine de mobilisations pour exiger la démission de Jovenel Moïse. Des barricades ont été remarquées, entre autres, au niveau de Carrefour, de la Route de l’aéroport international, de Delmas, ainsi que sur la Route nationale #1, en provenance et en direction du Nord, et de la route nationale #2, en provenance et en direction du Sud. En outre, depuis dimanche, dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine mais aussi dans plusieurs villes en province, des tirs d’armes automatiques ont été rapportés. Plusieurs unités de la Police, des milices, ont appuyé des équipes pour libérer avec des équipements lourds, des routes bloquées par des barricades renforcées. Des échanges de tirs, de pierres et de grenades lacrymogènes ont eu lieu entre policiers et manifestants, dans certains quartiers. Dans la zone métropolitaine, les lundi 4 et mardi 5 novembre 2019, quelques entreprises et commerces ont ouvert timidement leurs portes, prêtes à les refermer, en cas d’aggravation de la situation. Quelques rares véhicules de transport en commun ont été vus, à certains endroits. Les portes des écoles sont restées fermées. De fortes tensions ont été signalées dans plusieurs villes de province du pays, entre autres, à Jérémie (département de la Grand-Anse), St-Marc, aux Gonaïves (Département de l’Artibonite) où des barricades de pneus enflammés ont été érigées dans plusieurs rues. En outre, le jeudi 31 octobre, en début de journée, les manifestants qui réclamaient la démission du Président Moïse, ont érigé des barricades plus ou moins imposantes sur toutes les rues donnant accès au Champ-de-Mars, pour tenter d’empêcher le Chef de l’État et son cortège de se rendre au Palais National. Après cette opération de blocage, des engins lourds du Centre National des Équipements (CNE) ont été vus sur les lieux, pour tenter de dégager les voies d’accès, mais ont dû rebrousser chemin, après avoir partiellement dégagé une barricade, devant une foule de manifestants très motivés qui occupaient le Champ-de-Mars. Vers 1h00 p.m., alors que le cortège du Président était annoncé par Lalue (zone plus faiblement barricadée), des unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti (PNH), y compris des agents de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN) ont été déployés sur les lieux, afin de dégager le passage vers le Palais. Les agents de l’USGPN, lourdement armés, ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestants et dégager un accès pour le cortège présidentiel, composé d’une vingtaine de véhicules, tandis que les unités de la PNH faisaient un usage intensif de grenades lacrymogènes, sous les jets de pierres des manifestants. Au passage du cortège, des manifestants frustrés et en colère qui s’étaient regroupés ont crié des propos hostiles au Gouvernement et lancé des pierres et des bouteilles au passage des véhicules qui se déplaçaient à vive allure et qui se sont rendus, sans autres incidents, au Palais National. «De l’Équateur à Haïti en passant par la Bolivie, les peuples veulent prendre leur destin en main. Ils rentrent dans une grande colère, descendent dans les rue, avec des manifestations, parfois violentes, pour dénoncer la corruption, les inégalités, l’ingérence du Fond Monétaire International (FMI) et l’incompétence des dirigeants», a déclaré l’économiste, Eddy Labossière.

Saintus Emmanuel

 

 

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