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La PNH refuse d’être sous coupe réglée…

Depuis huit (8) semaines consécutives, les manifestations populaires se multiplient dans les principales villes du pays, pour réclamer la démission de Jovenel Moïse. De nombreux secteurs vitaux en Haïti ont déjà gagné les rues pour réclamer son départ. Le dimanche 27 octobre, ceux qui appellent au départ de Jovenel Moïse, sont à nouveau descendus dans les rues de la capitale, Port-au-Prince. Mais le fait marquant de cette journée, c’est la manifestation des policiers. Les forces de l’ordre ont décidé de fouler le macadam pour dénoncer leurs conditions sociales, précaires. Ce défilé de policiers est une première dans ce contexte de crise qui agite le pays. Par peur des représailles, certains policiers ont toutefois défilé avec leurs visages masqués. Des policiers ont pris part à une marche pacifique, sur tout le territoire national, pour exiger de meilleurs traitements et dénoncer la politisation de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Également, les sept (7) mois de primes de risque impayés aux agents de l’unité spécialisée BLTS (Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants), des soins de santé adéquats pour les policiers blessés dans l’exercice de leur fonction, un appui soutenu aux proches des agents assassinés, telles ont été, entre autres, les revendications exprimées par les protestataires qui affirment que les policiers ne sont pas «des esclaves». Ils ont aussi exigé un meilleur accès aux prêts accordés par l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) et de meilleurs taux d’intérêts sur les prêts accordés par la Banque nationale de crédit (BNC). Quant aux salaires des policiers, ils sont pour le moins dérisoires et doivent être ajustés, ont souligné les manifestants. Le samedi 26 octobre, la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti a prévenu que: «Les règlements de la discipline générale de l’institution que les policiers ont signés, au moment de leur intégration, leur interdisent de participer à des manifestations», et menace de sanctionner tous les policiers participants. Il faut dire que le porte-parole de la PNH, Michel-Ange Louis-Jeune ainsi que la direction générale de la police, avaient rappelé aux agents que, selon la loi du 29 novembre 1994, portant création et organisation de la police, les officiers de police n’ont pas le droit d’organiser des manifestations de rues. En dépit de cette mise en garde du haut commandement de la PNH, les policiers protestataires ont parcouru, notamment, la route de Delmas, pour aboutir devant la Direction générale de l’institution policière, à Pétion-ville, où ils ont exposé leurs revendications (salaire, règlement de discipline, assurance…).

Emmanuel Saintus

 

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