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Crise économique: taux d’inflation à la hausse

L’augmentation du coût de la vie, perçue sur le marché, n’a pas échappé non plus à l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) qui, dans son Bulletin mensuel relatif à l’IPC, fait état d’un renchérissement de l’inflation au cours du mois d’août 2019. En effet, l’Indice des prix à la consommation (IPC base 100 en août 2017-2018) dont le niveau se chiffrait à 123,5 en juillet est passé à 125,5 en août, accusant ainsi des hausses mensuelle de 1,6% et annuelle de 19,5%, contre respectivement 1,6% et 19,1% enregistrées en juillet dernier. Cette variation provient de la hausse de quasiment toutes les fonctions de consommation dont les plus importantes sont :

* «Produits alimentaires et boissons non alcoolisées» (1,5 % sur un mois et 22,6 % sur un an),

* «Articles d’habillement et chaussures» (3,2% sur un mois et 21,1 % sur un an),

* «Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer» (0,7 % sur un mois et 20,5 % sur un an),

* «Santé» (2,2 % sur un mois et 27,8 % sur un an),

* «Loisirs» (3,1 % sur un mois et 29,6% sur un an) et

* «Restaurants» (5,1 % sur un mois et 29% sur un an).

Les hausses les plus importantes de l’inflation du mois d’août ont été observées au niveau des fonctions :

* Loisirs, qui a crû de 38,7% ;

* Restaurant: 29% ;

* Santé: 27,8% ;

* Produits alimentaires et Boissons alcoolisées: 22,6%.

Les produits qui ont enregistré les variations annuelles les plus élevées sont, entre autres : Alimentation : riz local (19,7 %), riz importé (21 %), maïs en grain (30 %), maïs moulu (30,4 %), Mil (24,4%), blé/farine (21%), pain (24,1%), (viandes en moyenne (26,1 %), hot dog (26,7 %), poisson frais (25,7 %), œufs (30,9 %), lait en moyenne (27,7 %), huile comestible (22,8%), orange (36,6 %), chadèque (49 %), citron (23,9%), mangue (34%), papaye (40,4 %), pois sec (28,7 %), igname (31,6 %), banane (30,6 %), patate (28,1 %), arbre véritable (39,6 %) et malanga (28,8 %).

 

Le ministre a. i. démissionnaire de l’Économie et des Finances, Jouthe Joseph, a révélé que le gouvernement avait déjà initié des pourparlers avec des partenaires économiques et financiers, des bailleurs de fonds internationaux, afin d’étudier les possibilités de décaissement de fonds. M. Joseph souligne en avoir déjà parlé avec la BID, l’USAID et le FMI et en parlera bientôt avec l’Union Européenne. Toutefois, Jouthe Joseph a précisé qu’il ne s’agissait pas d’appui budgétaire parce que ce mécanisme exige l’existence d’un budget voté par le Parlement. «Il y a plusieurs mécanismes que l’on peut établir pour obtenir de l’aide de la communauté internationale. Il suffit de connaître les circuits et de mener les négociations. Si on peut sauter des goulots au niveau du gouvernement, on va le faire. S’il y en a de leur côté, ils vont faire de même. Ce qui nous permettra d’avoir des ressources nécessaires pour l’investissement car le budget que nous avons aujourd’hui est davantage un budget de fonctionnement», a-t-il fait savoir. Avec les bailleurs, le ministre dit évoquer la nécessité de lancer des travaux à haute intensité de main-d’œuvre, dans le nettoyage, le curage des canaux, la conservation de sol, etc., au bénéfice de la population. «Nous travaillons sur la question également, au niveau du gouvernement», a-t-il annoncé. Avant de faire cette annonce, le ministre admet que la situation économique et financière est très compliquée. «Et cela s’explique par l’insécurité, le niveau de violence dans les manifestations, ce qui empêche l’État de percevoir des taxes à travers la douane et la DGI qui ne peuvent pas travailler à plein régime», a-t-il souligné. Le ministre a. i.des Finances indique toutefois que les deux organes de perception rentrent un peu d’argent que le gouvernement tente de gérer avec discipline et parcimonie. «Avec les taxes perçues, nous privilégions le paiement des salaires. En ce sens, nous accordons la priorité aux policiers qui travaillent au-delà de leurs capacités. Nous sommes en train de voir si nous pouvons satisfaire les autres privilèges auxquels ils ont droit», a fait savoir le ministre Jouthe Joseph.

Au niveau régional, les inflations annualisées les plus élevées ont été observées dans le Sud (qui comprend les départements du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse (20,4 %) ; l’Aire métropolitaine (communes de Delmas, Pétion-Ville, Port-au-Prince, Carrefour, Croix-des-Bouquets) (19,8 %) et la région Transversale (départements de l’Artibonite et du Centre) (19,4 %). Les régions Nord (département du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest et le reste Ouest (départements du Sud-Est et de l’Ouest, sans l’Aire métropolitaine) viennent tout de suite après, avec des taux de croissance respectifs de 19,1 % et 18,8 %.

Altidor Jean Hervé

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