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«Au-delà des intérêts mesquins»

Voici ce qu’une ami d’un groupe a écrit sur WhatsApp: «Alors que je m’apprêtais à profiter de la trêve pour m’approvisionner un peu en eau potable et en médicaments, soudain c’était la panique…»

Ces mots me permettent d’avoir une lecture en trois dimensions de la situation catastrophique des récents événements politiques qui, jusqu’à date, divisent la classe politique, le pouvoir en place et l’opposition, en éléments dispersés, au point de disjonction du pays, dans son ensemble. J’avoue n’avoir absolument aucune compréhension de cette situation, je peux vous en donner la garantie. À l’affût, je ne saurais parvenir à d’autres conclusions que par l’emprunt de la voie des interrogations.

Première interrogation: Le pays est-il parvenu au stade de guerre civile? Si tel est le cas, que nous ayons le courage de l’assumer ainsi. De cette façon, la perception du monde entier à notre égard, comme étant un peuple de barbares et de sauvages, qui se dévorent les uns les autres et qui s’entredéchirent, ne ferait que valoir sa justification. Ainsi, nous nous trouverons dans une situation de crise humanitaire où nous ne pourrons même pas répondre, pire qu’avant, à nos besoins les plus élémentaires, comme nous nourrir, nous approvisionner en eau potable, faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, bref : garantir la marche de la vie dans la Cité, dans sa plus simple manifestation. À coup sûr, ils seront heureux «de courir à notre secours» et trouver l’excuse tant convoitée pour la poursuite du pillage du peu qu’il nous reste de ressources.

Deuxième interrogation, intimement liée, d’une certaine manière, à la première: Sommes-nous arrivés à une situation de rébellion et de désobéissance généralisées, où l’État, cesserait d’exister? La réponse restera la même. Pour parler de guerre civile, il faudrait de constants affrontements entre au moins deux groupes armés, déterminés à s’adonner à des émeutes sans merci, et à livrer la population dans une situation d’exode massif, sans bagages, en quête d’autres terres de refuge, d’asile ou d’exil. En effet, tout ce qui se passe dans le pays nous montre que nous ne sommes pas loin d’un tel sinistre. Il suffit que les bandits armés décident de semer la terreur. Car, ils n’en ont que faire de cette paix sociale qui ne les avantage nullement. Serait-ce le meilleur choix pour le pays? Prions Dieu que cela ne nous arrive jamais. Je demeure convaincu que cela ne nous conduirait nulle part que davantage dans le pire chaos. Et, ce ne serait pas digne de nous-mêmes, ni en tant que peuple, ni en tant qu’êtres humains.

Ainsi, que nous voulions mener une guerre civile ou une révolution, quel que soit le cas et quelles que soient les conséquences en résultant, allons-y véritablement, une bonne fois pour toute. Au fait, l’ascension au pouvoir ne peut avoir pour objectif que la gestion et l’administration rationnelle et durable de la Cité, et la détermination de garantir le bien-être physique, moral ainsi que les biens matériels de la population, en bon père de famille. À vrai dire, l’État a toujours affiché un profil de nonchalance et de zombi, en ce qui a trait aux besoins réels et de la protection des citoyens. Pendant ce temps, certains ne sommeillent ni ne dorment, ceux-là qui convoitent les richesses du pays.

Troisième interrogation: Est-ce le moment de jeter l’éponge, de tout abandonner et de livrer notre destin à la dérive, au triste sort du hasard et de la «démagocratie»? Méritons-nous vraiment de nous priver de notre histoire si glorieuse pour faire, à la face du monde, figure de rebut de la civilisation moderne?

Je pourrais aussi ajouter une quatrième lecture me permettant de recourir à une quatrième interrogation: En guise de résilience ne sommes-nous pas plutôt sous les effet de la démence, partant du président, des parlementaires, des politiciens de l’opposition, de toutes les élites confondues, jusqu’au niveau de la population?

Franchement, je ne vois tout simplement aucune explication plausible à ce qui se passe en «Ayiti» actuellement !

Pour être honnête, je pourrais continuer avec une cinquième, une sixième et même un tas d’autres interrogations, à n’en plus finir. Par exemple: Où est le Président de la République? Qu’est-ce qu’il dirige? Attend-il que tous les «Ayitiens» soient décimés pour véritablement se comporter en chef d’État? Quel sens cela fait-il que jusqu’à date, les enfants restent à la maison, incapables d’aller à l’école, comme dans tout autre pays normal? Qu’en est-il des malades ordinaires ainsi que ceux-là dont la situation requiert des soins spéciaux, les femmes enceintes, les vieillards, les mourants, les personnes périodiquement dialysées?

Un bon leader est celui qui a la capacité de faire preuve de sagesse, d’intelligence, de caractère, de responsabilité, de dignité et d’intégrité, en toutes circonstances. Il s’assure volontiers de diriger en bon époux et père de famille qui ne perd jamais sa dignité, ni son respect, ni ses valeurs intrinsèques aux yeux de sa femme et de ses enfants.

Président, Parlementaires, membres de l’Opposition et Bourgeois, laissez-moi vous poser quelques questions: êtes-vous Haïtiens, comme tous les autres Haïtiens? Provenez-vous d’une famille?

Au-delà des divergences et des intérêts mesquins de quelque type que ce soit, rappelons-nous qu’il y a un pays à diriger, selon les règles de l’art, à sauver et à protéger, et qui, malgré-vous, malgré nos déboires, malgré votre silence et votre incompétence, se refuse à mourir.

08/10/2019

Kmi-Lingus

Jean Camille ETIENNE, Arch.Msc.en Politique et Gestion de l’Environnement,

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