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Jovenel Moïse, prêt à faire des concessions politiques

Après la grande journée de mobilisation du lundi 23 septembre qui s’est déroulée un peu partout dans le pays, notamment à Port-au-Prince, à la suite de la séance avortée de ratification du premier ministre, Fritz William Michel, au Sénat de la République, le président s’est adressé à la nation, dans un message diffusé en pleine nuit, soit à 2h du matin, le mercredi 24 septembre 2019. L’élu du PHTK se dit ouvert au dialogue et prêt à laisser tomber Fritz William Michel, afin de former un gouvernement d’union nationale, avec la participation de tous les secteurs du pays. Se sentant obligé de réagir dans ce contexte politique épineux, Jovenel Moïse dit ne pas vouloir réagir à la violence par la violence, mais le président réitère son appel au dialogue qu’il prône depuis son accession au pouvoir. Plus loin, Jovenel Moïse tend sa main à l’opposition et à tous les secteurs du pays, les invitant à le rejoindre dans la formation d’un gouvernement d’union nationale, à travers lequel, tous les secteurs seront représentés, un appel que l’opposition rejette d’un revers de main, affirmant qu’ils ne sont pas des demandeurs d’emploi mais les porte-parole de la population qui exige le départ sans condition du président Moïse et son arrestation pour les multiples accusations dont ils fait l’objet. Plus loin, Nèg Bannann lan a fait appel à la collectivité territoriale pour les ordonner de nettoyer les rues, un appel que la FENAM a pris à contre-pied, déclarant qu’ils ne sont pas à que pour ça, et qu’ils peuvent, eux aussi, jouer un rôle important dans cette crise.

Suite à cet appel à la nation, le président a fait un tweet, affirmant avoir écrit à Religion pour La Paix, l’invitant à jouer le rôle de médiateur dans cette nouvelle session de dialogue, un appel que Religion pour la paix dit prendre avec des pincettes. D’autre part, les leaders religieux disent qu’ils doivent d’abord avoir l’aval de l’opposition, pour conduire ce dialogue pour lequel Jovenel Moïse a lancé un appel.

 

Extrait du discours de Jovenel Moïse

«Si la violence et les casses pouvaient construire Haïti, si ôte-toi que je m’y mette pouvait construire Haïti, si empêcher les enfants d’aller à l’école pouvait construire Haïti…on l’aurait déjà fait depuis ces 30 dernières années», a déclaré le chef de l’État, dans son adresse à la nation, proposant aux acteurs de rechercher maintenant «des accords sur nos désaccords, une entente sur nos mésententes…»

«Après de multiples tentatives, nous avons constaté que le Sénat n’est pas en mesure de remplir ses obligations constitutionnelles, afin de doter le pays d’un gouvernement légitime, ou de réfuter, suivant les formes admises par les lois de la République et les principes démocratiques, la déclaration de politique générale de deux gouvernements successifs, en sept mois et en six séances avortées. J’en prends acte», a avancé le chef de l’État.

«Je tends ma main à toutes les forces vives de la nation, afin de former ensemble, un gouvernement d’union nationale, capable d’adresser les problèmes urgents du pays comme les élections, la Constitution, la reddition de comptes sur l’utilisation de l’argent de l’État, la réforme identitaire, la réforme dans l’énergie…».

«Ayons le courage d’oser nous unir. Ayons le courage de rejeter les pratiques qui ont nourri nos adversités. Le devoir de la refondation nationale nous incombe. Mes chers concitoyens, je vous demande une trêve historique pour entamer les réformes institutionnelles, sociales et économiques, indispensables au développement national. Je me suis promis de ne pas répondre à la violence politique par la violence. Je réponds à la violence politique par ledialogue».

«J’ai entendu les cris de la population. J’ai entendu et j’ai constaté votre désespoir. Ayiti pa p peri…», a-t-il affirmé, appelant à une unité, afin de changer la crise en une opportunité. Jovenel Moïse a, encore une fois, appelé toutes les forces vives du pays au dialogue.

«Quand l’administration publique fonctionne au ralenti et que la DGI et la douane sont fermées, l’État n’aura pas de moyens pour adresser les problèmes de la population».

Il a reconnu qu’il y a beaucoup de désordres dans l’administration publique et a promis d’y remédier. Le président a promis d’assumer ses responsabilités en ce sens, tout en appelant les pouvoirs législatifs et judiciaires à faire les leurs.

«Le premier devoir de l’État, c’est de sécuriser vos vies et vos biens. Toutes les dispositions seront prises pour permettre la reprise des activités au pays. Aucun intérêt, aucune cause n’est plus importante que la population…»

Altidor Jean Hervé

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