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L’opposition reprend du service

Après une période de disette et de sécheresse, l’opposition a pu profiter de la période post-pénurie de carburant, pour relancer ses activités de mobilisation anti-gouvernementale. À cet effet, le vendredi 20 septembre 2019, à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Dessalines, un peu partout dans le pays, l’opposition démocratique et populaire, à travers sa nouvelle structure dite «Alternative populaire», a manifesté pour exiger le départ du président Jovenel Moïse et de son équipe. «Tout le monde est en train de manifester mais les enfants de Dessalines sont marginalisés. Dessalines est l’un des leaders du 19e siècle ayant marqué l’histoire de l’humanité», a avancé le leader de la plateforme Pitit Dessalines, l’ex-sénateur Moïse Jean-Charles, au moment du dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du statut de Jean-Jacques Dessalines, en affirmant qu’il faut maintenir la mobilisation afin d’aboutir au départ du président Jovenel Moïse. Cette nouvelle série de mobilisation de l’opposition contre le pouvoir, survient après que le pays a connu une pénurie de carburant de plusieurs semaines, causant la colère de la population. Tout comme dans la zone métropolitaine, dans certaines villes de province telles qu’au Cap-Haïtien, à Saint-Marc, aux Gonaïves et à Mirebalais, la population a manifesté pour exiger le départ du président Jovenel Moïse. Au Cap-Haïtien, les manifestants ont enseveli des cadavres, afin de barricader les rues de la ville pour protester contre l’équipe Tèt kale qui, selon eux, est la cause des maux du pays. Bien que le pouvoir ait annoncé le retour à la normale prochainement, dans la distribution du carburant, affirmant même qu‘au début du weekend (jeudi 19 et vendredi 20 septembre) les stations seront alimentées afin que les consommateurs puissent en acheter, le vendredi 20 septembre plusieurs stations étaient restées fermées. C’est une preuve que l’État ou le gouvernement n’a toujours pas le contrôle de la rareté du carburant, laissant libre cours à la rumeur affirmant que c’est une rareté programmée part les distributeurs du secteur privé, afin d’occasionner le haussement des prix de l’essence. C’est cette situation qui a causé la colère de la population, boostant du même coup le mouvement de mobilisation anti Jovenel Moïse qui avait pris du plomb dans l’aile, depuis la dernière période de « pays lock », à la fin de l’année scolaire 2018-2019. Cette nouvelle série de mobilisation empêche la reprise normale des activités scolaires, une situation qui frustre les parents des élèves qui espèrent que le pouvoir et l’opposition trouveront bientôt un dénouement à cette crise qui continue d’impacter l’année scolaire. Les leaders de l’opposition espèrent, par cette nouvelle période de mobilisation, qu’ils parviendront enfin à provoquer le départ de Jovenel Moïse qui, selon eux, n’a ni la légitimité ni la capacité de continuer à diriger le pays et, pour ce faire, ils ont marché aux côtés de plusieurs milliers de manifestants dans les rues, pour exiger le départ de celui qu’ils disent n’est pas digne de parler au nom du peuple Haïtien.

Emmanuel Saintus

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