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Ouverture des classes en demi-teintes

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, a procédé au lancement officiel, le lundi 9 septembre, de l’année académique 2019-2020, dans un contexte de crise socio-économique aiguë. Toutefois, l’année scolaire commence déjà, avec ses tourments pour les parents mais plus encore, pour ceux en quête du pain de l’instruction. Le mercredi 11 septembre, trois jours après l’ouverture officielle des classes, les quelques rares élèves qui ont pris le chemin des classes ont connu leur premier épisode de troubles. La première semaine de classe pour l’année académique 2019-2020 ne s’est pas terminée dans le calme. Élèves et parents ont connu leur premier épisode de frayeur, en raison de la tension qui a régné dans la zone métropolitaine, depuis le troisième jour. Des élèves ont affronté leur peur en entrant chez eux. Ceux qui n’ont pas trouvé un transport en commun, à cause de la rareté de carburant, ont dû rentrer à pied. Depuis les évènements «peyi lòk» en février dernier, la région métropolitaine est sur le qui-vive. Le train de l’insécurité n’a pas de frein. Ceci indique que tout calme à Port-au-Prince est épisodique. Dans la ville des Cayes, aucun établissement scolaire ne fonctionne. Les opposants au pouvoir occupent quotidiennement le macadam. Le mardi 10 septembre 2019, ils étaient dans les rues et conditionnent la fin de leur mouvement avec le départ du président Jovenel Moïse du pouvoir. La ville est sous tension, les prix des produits de première nécessité augmentent, ainsi que ceux du transport. Entre-temps, la pénurie de carburants persiste. Cette situation crée de la panique au sein de la population. Les institutions publiques et privées fonctionnent dans une atmosphère d’inquiétude. Parallèlement, le directeur général du Fonds national de l’éducation (FNE), Joseph Frantz Nicolas, accompagné du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, a signé, le jeudi 12 septembre 2019, avec les écoles épiscopales, protestantes et presbytérales, trois conventions de support à la scolarité d’enfants issus de familles à faible revenu. Les écoles presbytérales vont bénéficier d’un montant de 50 millions de gourdes; la Fédération des écoles protestantes d’Haïti disposera d’un montant de 40 millions de gourdes. Grande oubliée de l’année dernière, l’Église épiscopale recevra le solde de 10 millions de gourdes. Le ministre de l’Éducation nationale a évoqué la question sensible de 1,50 dollar ou les redevances sur les appels téléphoniques qui constituent les ressources financières du FNE. Autrefois, les ressources de ce fonds servaient à financer les charges du programme PSUGO, tandis qu’à présent, elles sont directement utilisées par le FNE pour payer les enseignants et élargir le parc scolaire du pays, suivant les besoins. «Les écoles protestantes ou presbytérales ont, pendant longtemps, pallié l’absence de l’État dans certaines zones du pays. C’est pourquoi aujourd’hui, dans le cadre des subventions et de l’appui à la rentrée, ces écoles reçoivent ces chèques. Bientôt, les écoles communales bénéficieront aussi d’une subvention», a fait savoir M. Cadet. Selon le FNE, le support financier annoncé bien avant la rentrée des classes, permettra de favoriser l’accès à une éducation de qualité, aux enfants qui fréquentent les écoles inscrites dans les réseaux de ces institutions. Joseph Frantz Nicolas a insisté sur le sens de cette initiative qui rejoint parfaitement la mission du FNE, consistant à la scolarisation des enfants au niveau fondamental, à la fois sur la question de l’accès et celle de la qualité. «Selon la loi qui a créé le FNE, nous avons la responsabilité d’intervenir dans la construction des bâtiments scolaires, la scolarité des enfants et la formation des maîtres», a-t-il tenu à préciser. Notons qu’à l’occasion de la rentrée des classes, des dizaines d’enseignants et d’enseignantes ont marché dans les rues du centre-ville de Port-au-Prince, pour réclamer de meilleures conditions de travail. Le coordonnateur général adjoint du Groupe d’initiative des enseignants de lycée (GIEL), Dady Charles, déplore le maigre salaire octroyé par l’État aux professeurs. «Les revendications des enseignants doivent être prises en compte, si les autorités de l’État veulent réellement une réouverture des classes», met-il en garde.

Altidor Jean Hervé

 

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