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L’insécurité bat son plein, et personne n’y échappe

Un policier du nom de Scutt Kelly et un citoyen étranger, répondant au nom de Ben Brahim, ont été tous deux assassinés par balles, par des individus non-identifiés. Scutt Kelly, agent III de la Police nationale d’Haïti (PNH), venant de la 19e promotion, a été criblé de balles, au niveau du centre-ville de Port-au-Prince, précisément à la rue du Peuple, par des malfrats qu’aucun témoin n’avait identifié. La victime, qui était à bord de son véhicule, a été identifiée comme étant un agent de sécurité attaché à la Primature. Dans la même journée, un citoyen étranger a été assassiné, non loin de l’aéroport Toussaint Louverture, à Maïs-Gâté. La victime, identifiée au nom d’Alain Jean-Claude Ben Brahim, avait en sa possession une forte somme d’argent en devise étrangère, selon les informations révélées. Il est de nationalité française et évoluait entre La France, Haïti, Les États-Unis et la République Dominicaine. Alain Jean-Claude Ben Brahim est un entrepreneur qui travaillait dans l’immobilier. «Il est un habitué d’Haïti», selon ce que l’un de ses amis a révélé au journal Le Nouvelliste, en date du 4 septembre, 24 heures après son assassinat. Sortant de Miami, le mardi 3 septembre dernier, Ben Brahim a été assassiné par balles, alors qu’il devait se rendre, quelques heures plus tard, à l’aéroport Guy Malary, à bord d’un taxi-moto. À la suite du forfait commis sur sa personne, les assassins ont emporté ses bagages, ce qui a laissé une faible possibilité aux autorités policières et judiciaires d’avoir des détails sur la victime. Sur son corps sans vie, il ne restait qu’un permis de conduire «colombien». Avant son assassinat, son itinéraire consistait à se rendre au Cap-Haïtien, comme point de transit, avant d’atteindre la République Dominicaine.

D’autre part, le journaliste de Radio Vision 2000, Diego Charles, qui a été brutalisé par des agents de la police nationale, a porté plainte contre ses agresseurs, le mercredi 4 septembre, à l’Inspection générale de la police nationale d’Haïti (IGPNH). Cette institution annonce une enquête sur l’affaire. Diego Charles, revenant de son travail, a été harcelé physiquement par une patrouille de cinq policiers opérant à Turgeau. Les faits se sont produits dans la soirée du mardi 3 septembre 2019, vers 9 heures. Les auteurs de cet acte d’agression, des policiers encagoulés, étaient à bord d’un véhicule sans portière et sans plaque d’immatriculation, lorsqu’ils ont braqué le journaliste à la rue Mont-Joly. Sans lui adresser la parole, les agents des forces de l’ordre lui ont arraché son sac à dos et l’ont jeté près d’une rigole après l’avoir fouillé. Saisie du dossier, l’Inspection générale de la police nationale d’Haïti (IGPNH) annonce l’ouverture d’une enquête, afin de déterminer les auteurs des actes d’agression physique dont le journaliste a été l’objet. Les responsables de la police des polices assurent qu’une fois identifiés, les policiers fautifs feront l’objet de sanctions administratives.

En outre, plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers ont gagné le bitume, le dimanche 1er septembre, pour dénoncer l’insécurité grandissante à laquelle font face les citoyennes et citoyens haïtiens, à l’approche de la rentrée scolaire 2019-2020, prévue dans moins d’une semaine. Le rassemblement a eu lieu à Delmas 75, non loin de la résidence de Frantz Jean, un sapeur-pompier, tué par balles lors des tensions à Martissant, le 28 août dernier. «Ce que nous revendiquons, c’est que chacun puisse sortir et vaquer à ses occupations, sans se soucier des bandits qui peuvent à tout moment l’envoyer au cimetière ou à l’hôpital», a expliqué à Loop Haiti, un membre de la brigade des pompiers de Carrefour, joint par téléphone. Il plaide en faveur de mesures sérieuses pouvant garantir la sécurité des vies et des biens. «On est à une semaine de la rentrée des classes», rappelle-t-il, soucieux. Cette marche silencieuse a été l’occasion pour les participants de réclamer justice pour leur collègue Frantz Jean, assassiné la semaine dernière, lors d’échanges de tirs dans les zones de Bicentenaire, Avenue Bolosse et Martissant.

D’autre part, des dizaines de résidents de Carrefour avaient fait entendre leur voix contre l’insécurité, lors d’un rassemblement, le jeudi 29 août 2019, devant la garde côtière haïtienne « marine haïtienne », selon les précisions obtenues. Ce rassemblement citoyen viserait à aboutir à l’adoption de dispositions institutionnelles adéquates, pour lutter contre l’insécurité grandissante, en divers points du territoire national. La mairie de Carrefour a condamné le laxisme des autorités du pouvoir central, face à la recrudescence de l’insécurité, notamment au sud de la capitale, Port-au-Prince, au niveau du Bicentenaire et de ses environs. Cette situation d’insécurité traumatisante, provoque un ralentissement des activités économiques dans la périphérie sud de Port-au-Prince, en particulier dans la municipalité de Carrefour. Les autorités étatiques n’ont pris, jusqu’à présent, aucune disposition efficace, pour mettre hors d’état de nuire les bandits qui sèment le deuil dans les familles haïtiennes.

Altidor Jean Hervé

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