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La justice haïtienne essaie d’avancer, advienne que pourra

Sergo Guersaint, un ex-agent de l’Unité de la Sécurité Générale du Palais National (USGPN), a été condamné, ce mardi 27 août 2019, aux travaux forcés à perpétuité.  Guersaint avait avoué, lors de son audition, le 13 août dernier, avoir couché avec sa fille et aussi l’avoir fait avorter, et ceci plus d’une fois.  L’ancien policier et membre de l’USGPN, Sergo Guersaint, accusé d’avoir violé sa propre fille mineure est reconnu coupable de viol “avec circonstances aggravantes”.  Le concerné passera le restant de ses jours derrière les barreaux.  Rappelons que le scandale a éclaté en juillet 2016.  Sergot Guersaint, un agent d’une unité spécialisée de la Police nationale d’Haïti (PNH), qui abusait sexuellement de sa fille de 13 ans, a été dénoncé par cette dernière.  Après s’être enfuie d’un hôtel situé à Carrefour Rita, la victime a porté plainte à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) qui a procédé par la suite à l’arrestation de l’homme en question. Trois ans plus tard, l’accusé a comparu devant le tribunal pour répondre de son forfait.  Il a été entendu, le mardi 13 août, par le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury.  À la demande du ministère public, il a été fait appel à l’un des enquêteurs de la DCPJ afin de retracer les moments de l’enquête de la police judiciaire sur le dossier.  Le policier Jacques Ébens Jeudy a répondu à l’appel du tribunal.  La DCPJ, après son investigation, a dressé trois rapports sur cette affaire, indiquant que la Brigade de protection des mineurs a été instruite de porter secours à la mineure en danger.  Guersaint avait, lors de cette audition le 13 août, avoué avoir eu des rapports sexuels avec sa fille, à maintes reprises.  Toutefois, il indiquait avoir été manipulé par cette dernière.  « Elle avait son plan en tête.  Moi, je cherchais à lui inculquer des notions de principe. Pourtant, elle m’a piégé.  Si aujourd’hui, je suis par devant ce tribunal pour y être jugé pour crime de viol, c’est parce que j’ai voulu soutenir ma fille.  Il y a surement une main cachée derrière ce qui m’est arrivé », avait-il raconté.

Par ailleurs, l’ancien ministre, délégué auprès du premier ministre, chargé des questions électorales, Jean Fritz Jean-Louis, a répondu, le mercredi 21 août 2019, aux questions du juge d’instruction près le tribunal civil de Port-au-Prince, Jean Osner Petit-Papa, sur le dossier des 7 « mercenaires » étrangers, arrêtés à Port-au-Prince, en possession d’armes lourdes, par la police, dans l’après-midi du dimanche 17 février 2019, puis transférés dans l’après-midi du mercredi 20 février 2019, vers les États-Unis d’Amérique.  Jean Fritz Jean-Louis n’a fait aucune déclaration à la presse, à l’issue de son interrogatoire par le cabinet d’instruction.  L’ancienne directrice générale du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS), Magalie Habitant, a été aussi entendue, le 13 août 2019, au cabinet du même juge d’instruction, dans le cadre de ce dossier.  Ensuite, le cabinet d’instruction avait ordonné à la direction générale du service de l’Immigration et de l’Émigration, d’interdire à Magalie Habitant de quitter le territoire national, par les voies terrestre, maritime et aérienne, dans une ordonnance en date du mercredi 14 août 2019.  Des présomptions de complicité pèseraient sur la concernée, dans le cadre de cette affaire.  Magalie Habitant serait l’ancienne propriétaire de l’un des deux véhicules ayant servi au transport du « commando » étranger, lourdement armé.

En ce qui a trait à la corruption, des syndicats d’ouvrières et d’ouvriers projettent d’organiser, tous les jeudis, des rassemblements devant plusieurs institutions publiques, en vue de réclamer la lumière sur la mauvaise gestion au sein de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA).  Le premier sit-in a été organisé ce jeudi 29 août 2019, devant les locaux de l’ONA, pour demander à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), de publier les arrêts de débet relatifs à l’enquête menée sur ce dossier.  Ces rassemblements se tiendront devant les locaux des bureaux de l’ONA, de l’Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité (OFATMA), du ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) et de la Cour supérieure des comptes.  « Nous allons demander à l’ONA de respecter l’argent des ouvrières et des ouvriers, de leur garantir des prêts, et à la justice, de poursuivre tous les complices dans le gaspillage des fonds de l’ONA ».  C’est ce qu’a déclaré Réginald Lafontant, coordonnateur du Groupement syndicat des travailleurs du textile pour la réimportation d’assemblage (GOSTTRA).  Le GOSTTRA invite tous les contribuables de l’ONA à investir les rues pour protester contre le gaspillage des fonds des travailleuses et des travailleurs.  « Nous resterons mobilisés sur les lieux, jusqu’à ce que nous ayons des réponses satisfaisantes à nos revendications ».  Les ouvrières et ouvriers ne bénéficient pas de prêts au niveau de l’ONA. L’OFATMA ne rembourse pas les ouvrières et les ouvriers, après leur hospitalisation, alors que des milliers de gourdes sont dilapidées, dénonce le GOSTTRA.  Toujours en matière de corruption, le sénateur Onondieu Louis et consorts seraient impliqués dans une vaste opération de détournements de fonds publics, d’enrichissement illicite et d’association de malfaiteurs, révèle la Fondasyon Je Klere (FJKL).  La FJKL appelle les autorités judiciaires à punir les auteurs et complices de ces actes de corruption, dans un document, en date du mardi 27 août 2019.  Les noms du sénateur ainsi que Jimmy Fervil, Ysmik Choute, Anel Nelson et André Auguste, entre autres, sont cités dans cette affaire, suivant la conclusion du rapport d’enquête du Bureau des Affaires Financières et Économiques (BAFE) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), rapporte la FJKL.  Ces infractions devraient faire l’objet d’enquête approfondie sur certains points d’ombre, tels que l’existence physique de l’entreprise dénommée « Révélation Rent a Car », sise à Vertus 1, Saint-Louis-du-Nord et l’identification et l’audition du comptable public délégué auprès du Sénat de la République ou du Parlement, exige le BAFE. Réagissant sur ce dossier, le sénateur Onondieu Louis rejette ces accusations qu’il qualifie de « manœuvres » visant à salir son image.  Onondieu Louis se dit prêt à se mettre à la disposition de la justice, si le cabinet d’instruction, en charge du dossier, estime nécessaire d’obtenir de lui, des informations utiles sur ce dossier.  Ce scandale de détournement de fonds publics concerne un projet de subvention scolaire, pour une cinquantaine de bénéficiaires, dont le parlementaire est co-responsable avec la secrétaire adjointe au Sénat de la République, Mme Marie Myrlande Georges.

Altidor Jean Hervé

 

 

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