accueilActualitéCoup d'oeil sur le monde

Panique, à bord de l’arche de Jovenel Moïse

Jovenel Moïse ne veut pas lâcher le pouvoir. L’incertitude règne au clan du régime en place. Depuis, certains alliés ont décidé de quitter la barque. Jovenel Moïse, de plus en plus isolé, est abandonné par ses alliés les plus précieux. En effet, le sénateur Joseph Lambert confirme qu’il est dans l’opposition face au président Jovenel Moïse, mais qu’il n’exige pas encore sa démission. «Je demande au président Jovenel Moïse de changer de stratégie», a précisé Joseph Lambert qui estime que le pays n’est pas dirigé. L’ancien président du Sénat, Joseph Lambert, et son parti, Konbit Sidès, sont passés à l’opposition. La cause ? Le président de la République, Jovenel Moïse, a refusé, avec inélégance, une proposition de sortie de crise que le sénateur du Sud-Est lui aurait présentée après la démission de l’ancien Premier ministre, Jean-Henry Céant. Après cette mésaventure, Joseph Lambert s’est demandé pourquoi continuer à supporter un chef d’État orgueilleux et méfiant envers même ses plus fidèles alliés. «Je ne quitte pas le navire parce qu’il va couler, mais parce que le capitaine est têtu et veut nous conduire à l’abîme», a-t-il répondu à ceux qui le traitent d’opportuniste. «J’étais resté fidèle au feu président René Préval, se félicite le fils du Sud-Est. Je l’étais aussi à l’ancien président Michel Joseph Martelly pendant tout son mandat. Nous gardons encore de bons rapports. Quant au président Jovenel Moïse, j’étais loyal envers lui, jusqu’à notre rupture il y a quelques jours.» Cela arrive parce que le président n’a pas confiance en moi, après plus de deux ans de collaboration, a poursuivi le parlementaire, qui se présente comme quelqu’un qui a un parcours politique rectiligne, empreint de franchise et de loyauté, avec des objectifs clairs et précis: servir son pays, servir la République. Suite à cette annonce du sénateur Joseph Lambert concernant son revirement, «l’animal politique» a abandonné Jovenel Moïse pour se tourner vers l’opposition qui semble être en chute libre politique. Schiller Louidor affirme que l’opposition ne va pas fermer la porte au sénateur du Sud-Est. Pour sa part, le sénateur Antonio Chéramy salue la décision de son collègue Joseph Lambert qui se désolidarise d’avec le président Jovenel Moïse pour passer dans l’opposition. «Joseph Lambert est assez intelligent. Il ne veut pas perdre sa crédibilité en continuant à cautionner la mauvaise gestion du président Jovenel Moïse », a réagi le sénateur Antonio Chéramy, dit «Don Kato». L’élu de l’Ouest salue en ce sens la décision de son collègue du Sud-Est, qu’il qualifie d’ailleurs d’intelligent. «Au niveau de l’opposition, on applaudit toute démarche qui vise à divorcer d’avec les pratiques traditionnelles», a déclaré le sénateur de l’opposition, qui encourage d’autres parlementaires à faire le même geste. Antonio Chéramy dit espérer que d’autres figures proches de l’exécutif vont se rallier à l’opposition politique. «Le divorce entre Lambert et le président Moïse prouve clairement que les revendications de l’opposition sont justes, la bataille du groupe des 4 est correcte », se félicite le sénateur Chéramy. Selon le président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, le sénateur Joseph Lambert ne peut pas rejoindre l’opposition parce qu’il n’a pas été choisi par le président Jovenel Moïse pour devenir Premier ministre. «On ne peut pas s’autoproclamer Premier ministre. La Constitution est claire. Si aucun parti ne dispose de la majorité au Parlement, le président de la République choisit son Premier ministre, en consultation avec les présidents de deux chambres. La consultation n’est pas contraignante…Vous donnez des consultations et le président choisit son Premier ministre », a insisté Gary Bodeau. «Si c’est par rapport à ce qui est dit, je ne crois pas que cela suffise pour que le sénateur Lambert passe à l’opposition… Je pense que le problème est beaucoup plus profond que cela», a poursuivi Gary Bodeau qui y va d’une admonestation. «Le pays n’est pas une série télévisée. Ce n’est pas à Game of thrones que nous jouons. Il faut avoir une vision des préoccupations et répondre à certains défis. Néanmoins, le député de Delmas, Gary Bodeau, se dit prêt à passer dans l’opposition, comme l’a fait son ami Joseph Lambert. Mais avant de prendre officiellement cette décision, le président de la Chambre des députés sollicite lui-même un dialogue entre les pouvoirs. Après l’élu du Sud-Est, ce sera au tour du député Gary Bodeau de faire une annonce similaire. Cependant, le président de la Chambre basse nuance : « Si je n’arrive pas à trouver un accord avec le pouvoir en place, je suis prêt à rejoindre le sénateur Lambert dans sa décision ». « Et si la décision est prise, je ne serai pas le seul dans cette démarche. Une soixantaine de députés alliés seront prêts, eux aussi, à suivre cette même voie », rassure l’élu de Delmas. Tout comme Lambert, Gary Bodeau dit ne pas être prêt à investir les rues pour exiger le départ du président de la République. « Je suis prêt à faire une opposition plutôt constructive, qui peut sauver Haïti ».

Emmanuel Saintus

Related Articles

Close
%d bloggers like this: