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La tuerie se poursuit au Bicentenaire et à Martissant

Le cadavre d’un individu non identifié a été carbonisé par les résidents au Bicentenaire, le samedi 17 août 2019.  Abattu par balle par les groupes armés, le cadavre gisait au sol depuis quatre jours, sans aucune intervention des autorités.  Le dimanche 18 août, en début de soirée, le député Ronald Étienne, du clan Consortium des Partis Politiques proche du Parti au pouvoir, alors qu’il laissait la capitale pour se rendre dans sa circonscription de Pestel (département de la Grand’Anse), a été pris dans une embuscade, à proximité de Martissant, par des individus lourdement armés qui ont forcé son véhicule à s’arrêter, ont ouvert le feu sur la voiture du député, avant de s’enfuir après leur forfait.  Keder Dorcely, le chauffeur du député, a été touché par au moins 3 projectiles et se trouve dans un état critique.  Ronald Étienne a évité la mort de peu et a été légèrement blessé par une balle au niveau du cou, mais sa vie n’est pas en danger.  Des passagers se trouvant dans le véhicule sont sortis indemnes de cette tentative d’assassinat. Pour le député Rolphe Papillon (Corail), élu sous la bannière du même parti que son collègue, il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’une attaque préméditée qui visait à éliminer le député de Pestel.  Guy Gérard Georges, le secrétaire général de la Chambre basse, a confirmé cette attaque contre le député Étienne, sans plus de détails.  À la route des Dalles, notamment à la hauteur de la 2e et de la 3e avenues Bolosse et de Cité Lumière, les bandits de Grand-Ravine sèment la panique.  Selon les informations, les groupes armés de Grand-Ravine ont pris le contrôle d’une localité à la hauteur de Fort-Mercredi et ne cessent de dégainer leurs armes contre les groupes de « Base Pilate », siégeant à la 2e et à la 3e Avenue de Bolosse.  Le mardi 13 août, la tension montait d’un cran à Portail Léogâne et au Bicentenaire.  Des tirs nourris ont été entendus, créant ainsi une situation de tension dans plusieurs coins, ce qui est devenu le quotidien des usagers de cette voie, qui continuent d’appeler à un renforcement de la présence policière.  Le phénomène d’insécurité fait fuir même ceux qui sont là pour assurer la sécurité des citoyens.  Un inspecteur de police a laissé le pays pour sauver sa peau, face aux gangs armés qui imposent leur pouvoir. Séraphin Chéry, après avoir subi plusieurs attaques armées de bandits et chefs de gang opérant dans la Plaine du Cul-de-sac, a quitté Haïti pour se réfugier à l’étranger depuis le début du mois de juillet.  Selon une interview accordée au journal Le Nouvelliste, Séraphin Chéry a révélé avoir été l’objet de menaces proférées par un gang dénommé « Kraze Baryè ».  Ce groupe armé aurait un plan visant à l’exécuter, ainsi qu’un autre policier du nom de Mackenzy Tham.  Ce gang aurait été impliqué dans de nombreux crimes au cours de 2019 et Séraphin Chéry, responsable adjoint de l’Unité de lutte contre les crimes sexuels du Bureau des affaires criminelles de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), avait participé à l’arrestation de plusieurs d’entre eux dont Vitelhomme Innocent, Francky Charles, Sagesse Pelnal et Luxama R. Savantau. En  mars dernier, ce gang a assassiné un ancien allié (Kerby Clerveaux) et un policier (Pierrelin Jean-Baptiste) issu de la 14e promotion de la PNH.  Le samedi 29 juin, alors qu’il revenait de son bureau, M. Chéry affirme avoir été attaqué par des individus armés, circulant à bord d’une motocyclette.  Ils ont ouvert le feu sur son véhicule, ce qui l’a obligé à se rendre au poste de police de Gérald Bataille où il a été récupéré par la DCPJ.  Tenant compte du risque d’insécurité qu’il encourait et craignant pour sa famille, l’inspecteur Séraphin Chéry a laissé Haïti, théâtre de crimes, d’exécutions sommaires, de fusillades et d’affrontements armés.

Dans la commune de Thomazeau, au moins huit (8) membres d’un gang opérant dans ce secteur ont laissé la vie.  Les membres de ce groupe, ayant à sa tête le dénommé Ariole Polycarpe, ont tous été tués, décapités, avant d’être calcinés, d’après le commissaire de la commune, Christophe Arnold.  La violence caractérisant ce qui s’est passé ce week-end à Thomazeau porte à croire qu’il s’agirait d’une opération de règlement de compte.  Polycarpe et ses acolytes s’étaient réunis dans la 2e section de Dumusseau pour faire la fête, après le kidnapping de deux ressortissants indiens, le 6 août 2019, a révélé le commissaire de police de Thomazeau. Il a accentué que l’homme en question avait désarmé, il y a de cela une semaine, le magistrat de la commune de Clermont.  Ariole Polycarpe a saisi le M-1 du magistrat et a profité de la fête pour exhiber son nouveau trophée.  C’est ce qui serait à la base des échauffourées ayant coûté la vie à huit personnes à Thomazeau.  À la fin des violences, les victimes étaient méconnaissables.  Les corps ont été calcinés, a appuyé Christophe Arnold.  « Ariole Polycarpe est un bandit notoire.  Il était responsable de plusieurs cas de kidnapping et de vols dans la région.  Nous rappelons à tous que Ariole était recherché pour viol, voie de fait, braquage, détention illégale d’armes à feu, meurtres », a déclaré le commissaire.

Par ailleurs, quatre armes ont été remises par le chef de gang de la zone de Wharf Jérémie, Micanord, ainsi connu, lors d’une cérémonie dans les locaux du centre professionnel et technique du wharf Jérémie, dans la commune de Cité-Soleil.  Ce sont : deux (2) fusils d’assaut, un (1) pistolet de calibre neuf (9) millimètres, un autre de calibre 45 et cinquante (50) cartouches qui ont été remis à la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR) à Wharf Jérémie, le lundi 12 août 2019.  « Ce n’est pas la quantité d’armes reçues qui est importante, c’est plutôt le nombre de personnes qui auront la vie sauve, puisque ces armes ne sont plus entre les mains des bandits », a déclaré Dorcénat Jean Rebel, membre de la CNDDR, chargé de mener des négociations avec les bandits armés.  Sous une pluie d’applaudissement des habitants de Cité-Soleil, la commission a reçu ces armes et cartouches du présumé chef de gang opérant à Wharf Jérémie, Micanord, ainsi connu, qui ne s’était pas présenté à la cérémonie organisée à cet effet, en dépit de sa participation active aux négociations avec les membres de la CNDDR.  À rappeler qu’au cours du mois de mai 2019, le chef de gang du quartier Boston, connu sous le nom de «Ti Houngan», avait remis officiellement un lot de 8 armes à feu à la CNDDR.  La cérémonie s’était déroulée sur la place Immaculée Conception, en présence des autorités policières et judiciaires, ainsi que des notables du plus grand bidonville du pays. En outre, Me Bernard Sainvil, le Doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, a désigné Me Melan Belabre comme juge d’instruction chargé du dossier d’Arnel Joseph, chef du gang du Village-de-Dieu et de Poste Pierrot, arrêté le 22 juillet dernier.

Emmanuel Saintus

 

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