accueilActualitéCoup d'oeil sur le monde

La semaine en bref.

Un projet commun de transition proposé par les secteurs privé des affaires

Des représentants des secteurs privé, syndical, des droits humains et des organisations populaires se proposent de faire une synthèse des différentes propositions de sortie de crise, afin de présenter quelque chose de plus viable… Toutefois, ils maintiennent la mise en place d’un gouvernement de transition. Après plusieurs semaines de discussions et d’échanges, les secteurs privé des affaires, syndical, des droits humains et des organisations populaires annoncent la signature d’un document qui favorisera un nouveau départ, face à la crise qui sévit dans le pays. Le document qui sera présenté au grand public lundi prochain contient plusieurs axes d’intervention comme économie, finance et fiscalité ; un axe lié aux affaires politiques, un autre sur la justice et la sécurité publique et un autre sur le social. «Mettre en place une gouvernance de la transition qui sera désignée par les secteurs représentatifs et organisés de la société ; un organe de contrôle des actions gouvernementales sera constitué de la même façon ; organiser la conférence nationale dont l’objectif est de trouver des solutions appropriées pour engager la rupture avec le système actuel ; organiser le pré-dialogue, établir les thèmes de la conférence…», a constaté Le Nouvelliste, en primeur: tels sont les éléments que l’on retrouve dans l’axe politique du document réalisé par les secteurs privé, syndical, des droits humains et des organisations populaires.

Une peur persistante au centre-ville

Les activités commerciales fonctionnent, ces derniers temps, au ralenti au centre-ville. Des détaillants venant d’autres centres commerciaux de l’aire métropolitaine ont peur de se rendre au bas de la ville pour acheter de quoi revendre. Ceux qui s’y aventurent disent s’en remettre à la Providence. Dans les rues, dans les marchés comme dans les transports en commun, tout le monde en parle. Panique au centre-ville de la capitale haïtienne. Dans certains marchés, des produits se font de plus en plus rares. Les marchands ont aussi peur de se rendre au centre-ville pour acquérir certains produits. «Mache Kwabosal la okipe ak gang. Yon moun ki al la, se lanmò kri li l al chache», lâchent des commerçants dans une camionnette. Ces détaillants qui ont l’habitude de s’approvisionner au marché de la Croix-des-Bossales se plaignent de la rareté de certains produits. «Pa gen vi Kwabosal ankò non, se vrèman yon katastwòf. Peyi a resi tonbe nan si li te konnen», se désole un petit commerçant dans un tap-tap effectuant le trajet Carrefour de l’aéroport – Madan Kolo. La situation actuelle du centre-ville, où logent les Marchés en fer, le Marché du Port, le Marché «Tèt bèf» et le Marché Croix-des-Bossales, se détériore jour après jour. Tissus en main, un commerçant du Marché en fer raconte avoir enjambé des macchabées. Son gagne-pain, explique-t-il, est quasiment hypothéqué, en raison des groupes rivaux qui perturbent les activités. «Mwen deja ap bat dlo pou m fè bè, alòske m ap bouske lavi sou tansyon», se lamente-t-il. Affolé, il invite les autorités à faire le nécessaire.

Des habitants de Bassin-Bleu exigent justice pour l’inspecteur Brisset

Le lundi 22 juillet 2019, des résidents de Bassin-Bleu ont manifesté, ont bloqué les rues, la route de Bassin Bleu / Port-de-Paix au niveau de la localité de La Source, en vue de réclamer justice en faveur de l’inspecteur, Johnny Brisset, qui a été tué par balle, le 6 juillet dernier, à son bureau au commissariat de la zone. Les protestataires exigeaient également l’augmentation du personnel du commissariat de la zone et des ressources pouvant permettre aux policiers de bien faire leur travail. Des agents de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO) ont dû intervenir pour débarrasser la chaussée et ont effectué deux arrestations. Soulignons que les funérailles de l’inspecteur Brisset n’ont pas été encore chantées, en raison des retards liés au processus devant mener à l’autopsie du cadavre.

Un centre de santé ravagé par un incendie

Un violent incendie s’est éclaté dans la nuit du mardi au mercredi 24 juillet 2019, dans les locaux du centre de santé «Sosyete Nèg Lakay, (SNELAK) » de Decayette. Tous les matériels de service et la pharmacie du centre sont partis en fumée. Les dégâts sont considérables. Toutefois, les responsables du centre sanitaire sont dans l’incapacité de les énumérer. Si l’origine du sinistre est inconnue, les responsables rejettent la thèse selon laquelle un choc électrique l’aurait provoqué. Ils soutiennent que le fil qui conduit le courant dans le centre reste intact. Le centre de santé «Sosyete Nèg Lakay (SNELAK) » a été fondé en 1986 et dessert les habitants de plusieurs quartiers de Carrefour-Feuilles.

 

Un homme traque ses braqueurs et les fait arrêter

Au Cap-Haïtien, la police a procédé, le mardi 23 juillet 2019, à l’arrestation de René Noël, Avril Mackenson et Junior Nazaire. Ils venaient de braquer un employé de la Banque de la République d’Haïti (BRH), alors que ce dernier venait d’effectuer une transaction bancaire. La police a saisi deux (2) armes à feu de calibre 9 mm, 15 cartouches, un chargeur, cinq (5) téléphones portables, une motocyclette, 165 000 gourdes que les bandits avaient en leur possession. Les agents ont pu également récupérer la somme d’un million de gourdes appartenant à l’employé de la BRH, qu’ils avaient emportée, selon les propos d’un responsable de police, rapportés par Gérard Maxineau. Cette opération policière a été menée grâce aux efforts héroïques de l’homme qui venait de se faire braquer. Sur son véhicule, après le braquage, la victime a suivi les bandits et appelé la police. Arrivé à rue 8, avec sa voiture, il a percuté la motocyclette à bord de laquelle étaient les bandits. Ces derniers sont tombés, le pied de l’un d’entre eux est cassé, et sans perdre de temps, des policiers sont arrivés sur les lieux. La police capoise présente l’employé de la BRH, après son acte de bravoure, comme «un homme avisé» qui n’a pas voulu se laisser faire. Applaudissant son exploit, les autorités policières encouragent la population à s’impliquer davantage dans les actions contre le banditisme.

 

Conflit terrien entre une mairie et un homme d’affaires

La mairie de la ville de Jacmel a adopté un ensemble de dispositions visant à récupérer les terrains de l’Etat situés au bord de la mer. Ces décisions de l’administration communale commencent à provoquer des grognes. Le samedi 20 juillet 2019, des altercations ont eu lieu entre le maire principal de la ville, Macky Kessa, et l’homme d’affaire, Joël Khawly, alors que s’effectuait une opération de déguerpissement. Ce dernier accuse le maire Macky Kessa de l’avoir dépossédé illégalement d’un terrain situé à la plage de la Saline à la baie de Jacmel. Joël Khawly soutient qu’il a construit, conformément à la loi régissant la matière, et qu’il ne peut être chassé de sa propriété comme l’exige la mairie de la ville. L’homme d’affaires qualifie, de manœuvres frauduleuses, l’initiative du maire de la ville, Macky Kessa. Il se dit déterminé à récupérer sa portion de terre. De son côté, l’édile de la Cité d’Alcibiade Pommayrac indique que des terrains qui appartiennent à l’État doivent être au service de la population. Il a annoncé que des travaux seront entrepris sur les portions de terre réoccupées. Le maire fait le vœu de ne pas lâcher du lest, en dépit du refus de certaines personnes qui se disent propriétaires des terrains ciblés.

 

L’ambassade de France en Haïti sollicite justice pour les victimes de La Saline

L’ambassade de France en Haïti exprime sa préoccupation par rapport aux informations, faisant état d’un nombre élevé de meurtres, perpétrés par les gangs armés dans le quartier de La Saline, entre le vendredi 5 et le samedi 13 juillet 2019. Au moins vingt (20) personnes sont mortes, lors de violences armées à La Saline, deux (2) personnes sont portées disparues et six (6) autres blessées par balles, au cours de cette période, selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), publié le jeudi 18 juillet 2019. Tout en présentant ses condoléances aux familles et aux proches des victimes, l’ambassade de France en Haïti appelle les autorités à garantir la protection des habitantes et habitants à La Saline, qui ont déjà eu à subir des tueries au cours du mois de novembre 2018. Le bilan d’une tuerie, commise les 1er et 13 novembre 2018, s’est élevé à au moins 71 morts, selon un rapport publié par le RNDDH, le jeudi 20 décembre 2018. Lors d’une conférence de presse donnée le jeudi 18 juillet 2019, le commissaire du gouvernement près le tribunal de Port-au-Prince, Paul Eronce Villard, a évoqué un nombre de 80 victimes, lors des massacres de novembre 2018 à La Saline.

 

Jean-Marie veut le report de sa convocation

Le juge d’instruction, Ramoncite Accimé, parviendra-t-il à auditionner les sept premiers ministres et ministres à l’encontre desquels des mandats de comparution ont été émis dans le cadre de l’affaire PetroCaribe ? Aucun des trois premiers ministres et ministres convoqués par le juge d’instruction, cette semaine, ne s’est présenté au carré du magistrat. À l’instar de Jean Max Bellerive, ex-PM et de Wilson Laleau, ex-ministre de l’Économie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie n’a pas répondu à la convocation du juge Ramoncite Accimé, le jeudi 25 juillet 2019. L’ancienne titulaire du ministère de l’Économie et des Finances a sollicité, auprès du juge, le report de sa convocation. Wilson Laleau qui devait se présenter au cabinet d’instruction, mardi dernier, s’était absenté, en raison d’une fracture au bras. L’ex-ministre a été contraint de se rendre à l’étranger, il y a trois (3) semaines, en vue de recevoir les soins que nécessite son cas, a fait savoir l’un de ses avocats, Sonet Saint-Louis, à Radio Vision 2000. Ce dernier en a profité pour rejeter les informations selon lesquelles M. Laleau aurait tenté de se soustraire à la justice haïtienne.

 

Un ouvrage phare sur le droit au logement en Haïti

L’avocat Hans Ludwig Joseph annonce la sortie de son premier ouvrage titré : « La garantie du droit au logement en Haïti face à la permanence des risques naturels », le jeudi 25 juillet à l’hôtel Marriott. À travers ce livre, cette jeune étoile montante de la basoche propose de découvrir les nouvelles références en matière de droit et de risques sismiques. Le livre de 110 pages de Hans Ludwig Joseph, avocat au barreau de Port-au-Prince et directeur du cabinet «Expertus Firme d’ Avocats», se veut une contribution originale qui met en avant l’aspect d’habitabilité du droit au logement, en tenant compte de la réalité géographique et géodynamique du pays, d’après ce qu’explique l’auteur. Pour marquer la grande première de cet ouvrage, la vente signature qui a eu lieu à l’hôtel Marriott, a été réalisée simultanément avec une conférence scientifique sur le titre de l’ouvrage. Des personnalités telles que Claude Prépetit, directeur du Bureau des Mines et de l’Énergie, Clément Bélizaire, coordonnateur de l’Unité de Construction des Logements et des Bâtiments Publics (UCLBP), Marie Christine Stéphenson, ministre du Tourisme et des Industries Créatives, sont les intervenants à cette conférence.

 

Un homme tue sa femme à coups de couteau par jalousie

À Corail, deuxième section communale de Petit-Goâve, Sonine Mathurin a été tuée, le dimanche 21 juillet, après avoir reçu plusieurs coups de couteau de son mari, Sanès Guerrier. Le drame s’est produit après que la trentenaire aurait reçu un appel téléphonique très tôt dans la matinée. Cela a provoqué une crise de jalousie chez le père de ses trois enfants qui l’a passée à l’infinitif, a indiqué le juge de paix suppléant, Delicio Vernevil qui procédait au constat légal du drame. Le présumé criminel n’a pas été appréhendé. Toutefois, le juge de paix annonce que le dossier sera déféré au parquet de Petit-Goâve, afin que l’action publique soit mise en mouvement contre lui.

 

La BRH dresse un sombre tableau de l’économie du pays

La BRH dresse un sombre et inquiétant tableau de l’économie haïtienne. Dans sa note sur la politique monétaire au 3e trimestre fiscal 2018-2019 (avril-mai-juin), la Banque de la République d’Haïti (BRH) souligne que l’économie nationale « […] a pâti de la dégradation du climat des affaires, provoquée par les troubles sociopolitiques à répétition. Cette situation a eu des impacts négatifs importants sur les investissements, en général, et le secteur touristique, en particulier, en termes de réduction des flux de devises, du taux d’occupation des hôtels et du nombre d’emplois dans le secteur. […] En même temps, la sécheresse enregistrée au niveau de plusieurs régions agricoles du pays a été défavorable à la récolte de printemps. L’impact négatif de cette conjoncture sur l’offre locale de biens et services et les difficultés d’approvisionnement des marchés se sont traduits par une augmentation des pressions inflationnistes, lesquelles ont été amplifiées par la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain. Ainsi, le taux d’inflation annuel s’est établi à 18,6 % au mois de juin. Au cours des 6 premiers mois de l’exercice, le déficit commercial s’est chiffré à 1,59 milliard de dollars américains, ce qui représente une baisse de 7,3 % par rapport à la même période de l’exercice antérieur. Cette baisse du déficit commercial est due à l’effet combiné d’une baisse des importations et d’une hausse des exportations. En effet, pour la période considérée, la valeur des importations a reculé de 2,21 % à 2,15 milliards de dollars américains, alors que les exportations se sont accrues de 15,7%, à 561,7 millions de dollars américains. Par ailleurs, pour les 7 premiers mois de l’exercice, les transferts reçus de l’étranger ont progressé de 6,72 % par rapport à l’exercice précédent, pour atteindre 1,48 milliard de dollars américains. L’offre de devises, alimentée principalement par les transferts, n’a pas pu compenser l’augmentation de la demande de précaution et de spéculation induite par les incertitudes liées au climat socio-politique. En effet, au 28 juin 2019, le taux de change de référence a atteint le niveau de 93,0256 gourdes pour un dollar américain, soit un accroissement de 12,6 % par rapport à la fin de mars 2019.

 

Nesmy Manigat et Kesner Pharel contre la subvention des carburants

Nesmy Manigat et Kesner Pharel sont pour l’élimination de la subvention des carburants. L’ancien ministre de l’Éducation et Président du Comité éthique du Partenariat mondial pour l’éducation, Nesmy Manigat, et le réputé économiste haïtien, Kesner Pharel, s’entendent sur la nécessité d’éliminer la subvention sur les carburants en Haïti, afin de libéraliser leur prix et obtenir des recettes fiscales suffisantes pour corriger, en partie, le déficit public dont la subvention prive l’État de plus de 100 milliards de gourdes pour l’exercice fiscal 2018-2019, incluant l’estimation du dernier trimestre. Les deux hommes ont indiqué qu’Haïti avait besoin d’une réforme structurelle en profondeur qui augmenterait les recettes fiscales pour équilibrer les finances publiques et couvrir les besoins essentiels des secteurs moins favorisés de la société, soulignant: «il est pratiquement impossible de couvrir les besoins fondamentaux de la population et d’investir dans des infrastructures avec un petit budget comme celui que nous avons.»À titre de comparaison, Nesmy Manigat indique que le budget annuel d’Haïti était trois fois inférieur à celui alloué au seul Ministère de l’Éducation de la République Dominicaine, mais que le déficit public en Haïti pourrait être compensé, si les prix des carburants étaient ajustés à la pompe, et qu’on pouvait dégager des fonds d’investissements et renforcer d’autres services publics dont l’éducation [Note HL] : Cela présume également que le Gouvernement cesse de verser plus de 200 millions de dollars de subvention à la compagnie d’État l’Électricité d’Haïti (EDH) pour combler partiellement son déficit annuel, rappelant qu’au pays voisin, « un système d’ajustement des prix hebdomadaires des carburants a été adopté, ce qui permet de compenser une partie du déficit public de ce pays.»

 

Fritz William Michel rejette les tweets liés à son nom

Sur un compte Twitter, créé en 2009, portant le nom de Fritz William Michel, on peut lire des prises de position pour le moins tranchantes et critiques, par rapport au pouvoir en place, aux médias, à la femme du Président de la République. Parmi les nombreuses publications de ce compte attribué au Premier ministre nommé, nous lisons : « l’opposition haïtienne est composés de malfrats, de voyous, des intimidateur et de hors la loi… La presse haïtienne est un vaste repère de voyous et de bandits…». «C’est totalement faux ! Ce compte Twitter ne m’appartient pas», s’est défendu le Premier ministre nommé, dans une interview exclusive, accordée à Le Nouvelliste, jeudi soir. «Les contenus de ce compte n’ont rien à voir avec moi… Du tout pas…On rejette totalement…», a affirmé Fritz William Michel. Il a fait savoir qu’une enquête est actuellement en cours pour voir la provenance de ce compte Twitter. Les enquêteurs ont déjà pu découvrir qu’un des tweets a été publié par quelqu’un qui se trouve à New-York, selon ce qu’a fait savoir, au Nouvelliste, le Premier ministre nommé, Fritz William Michel. Il annonce aussi que son équipe de communication et le secrétaire d’État à la Communication vont apporter un démenti formel sur ce dossier. Contacté par Le Nouvelliste, Eddy Jackson Alexis, secrétaire d’État à la Communication, a rapporté au journal que le Premier ministre nommé lui a indiqué qu’il n’a jamais eu de compte Twitter. «Ce n’est qu’après sa nomination, en juillet, qu’il a créé un compte Twitter», a avancé M. Alexis.

 

Sénatus sera à la séance de ratification du PM nommé, Michel

Il ne sait pas encore s’il votera pour ou contre Fritz William Michel, mais Jean Renel Sénatus prendra part à la séance de ratification de la politique générale du PM nommé. «Aucune personnalité choisie par le Président de la République, Jovenel Moïse, pour occuper la Primature ne fera [pas] l’unanimité », indique le sénateur Jean Renel Sénatus, annonçant qu’il compte participer à la séance de ratification de la déclaration de politique générale du Premier ministre nommé. L’élu de l’Ouest qui affirme, cependant, que sa conviction n’est pas encore faite, quant à la possibilité d’accorder ou non un vote favorable à Fritz William Michel, souligne la nécessité de doter le pays d’un nouveau gouvernement. Ce qui, selon le parlementaire, est nécessaire pour rattraper les quatre (4) mois perdus, à la suite de la motion de censure infligée à l’ancien Premier ministre, Jean-Henry Céant, en mars dernier. Après la démission de Jean Michel Lapin, rendue publique le lundi 22 juillet, le président Jovenel Moïse avait annoncé sur Twitter la nomination de Fritz William Michel comme son nouveau chef de gouvernement. Ce choix a été fait «en consultations avec les présidents du Sénat et de la Chambre des députés», selon ce qu’a annoncé le chef de l’État qui voit, dans cette nomination, une action pouvant permettre aux principaux acteurs de «faire face aux urgences de l’heure».

 

Jean Rigaud Bélizaire émet des réserves

24 heures après le dépôt des pièces du Premier ministre nommé, Fritz William Michel, à la Chambre des députés, les convictions ne sont pas encore faites dans le camp des partisans du gouvernement au Sénat de la République. Certains sénateurs émettent d’ailleurs des réserves sur la formation du cabinet ministériel, composé majoritairement de nouvelles personnalités. Certains sénateurs proches du pouvoir prennent acte de la formation du nouveau gouvernement, mais ne l’appuient pas totalement. Pour Jean Rigaud Bélizaire, certains ministres du gouvernement Lapin auraient dû être reconduits. «Josué Agénor Cadet et Edmond Bocchit, respectivement ministres de l’Éducation et des Affaires étrangères, devaient faire partie de ce cabinet, puisqu’ils ont donné de très bons résultats durant leur passage », estime l’élu de la Grand’Anse. Le parlementaire souhaite parallèlement que ces personnalités respectent les prescrits constitutionnels. Le sénateur Bélizaire qui invite à des analyses minutieuses des pièces des ministres et des secrétaires d’État, appelle la nouvelle équipe gouvernementale à s’atteler à la tâche, en vue d’adresser les défis de l’heure. Économie, insécurité, agriculture, emploi… autant de points qui, selon le parlementaire, doivent être placés parmi les priorités. Jusqu’à ce jeudi 25 juillet, certains partisans du gouvernement n’avaient pas de position arrêtée sur la ratification ou non de l’énoncé de politique générale du PM nommé. Face à la menace d’une éventuelle perturbation de séance par les quatre sénateurs de l’opposition, Jean Rigaud Bélizaire appelle à un dépassement de soi. «Il est temps de prioriser l’intérêt du pays, au détriment des intérêts de clan », préconise l’élu du Nord-Est.

 

Youri Latortue minimise le choix de Fritz William Michel

Alors que les bouchées doubles sont, semble-t-il, en train d’être mises pour la ratification du Premier ministre nommé Fritz William Michel, des parlementaires de l’opposition rejettent ce choix et préviennent que le pays n’a pas un problème de gouvernement. Le sénateur Youri Latortue dit ne pas accorder de l’importance à la nomination de Fritz William Michel à la tête de la Primature pour succéder à Jean-Michel Lapin. «Jovenel Moïse a perdu sa légitimité pour nommer un Premier ministre », lâche le parlementaire qui continue d’appeler à la démission du chef de l’État, indexé dans le dossier du détournement du fonds PetroCaribe. Youri Latortue écarte toute possibilité que parti Ayiti An Aksyon (AAA) participe aux négociations devant mener à la ratification du Premier ministre nommé. «Tout ceux, qui s’intéressent à la question relative à la formation de ce nouveau gouvernement, œuvrent à enterrer le dossier de Petrocaribe», martèle Youri Latortue. L’élu de l’Artibonite croit que Jovenel Moïse et les autres personnalités dont les noms sont cités dans le rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) sur l’utilisation du fonds PetroCaribe doivent se mettre à la disposition de la justice, afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.

 

Nomination de quatre secrétaires d’État pour le nouveau gouvernement

L’arrêté nommant les secrétaires d’État du nouveau gouvernement du Premier ministre nommé, Fritz William Michel, a été publié dans le journal « Le Moniteur », le mercredi 24 juillet 2019. Eddy Jackson Alexis et Gérald Junior Oriol gardent leurs postes respectivement aux secrétaireries d’État à la Communication et à l’Intégration des personnes handicapées. Me Lucmane Delille a été confirmé comme secrétaire d’État à la Sécurité publique. Hervé Saintilus, lui est nommé secrétaire d’État à l’Alphabétisation. Ils ont tous deux été nommés secrétaires d’État sous le gouvernement de Jean-Michel Lapin qui n’a pas eu la bénédiction du Parlement.

 

Des députés de l’opposition annoncent la couleur

Moins de 24 heures après la publication de l’arrêté présidentiel nommant le citoyen Fritz William Michel, Premier ministre, les réactions ne tarissent pas. À la Chambre basse, des députés de l’opposition dont Abel Descollines, Déus Déronneth et Joseph Manès Louis annoncent déjà les couleurs, concernant la ratification du nouveau PM. Le député Joseph Manès Louis avertit que cette séance ne pourra se tenir tant que le dossier de la mise en accusation du président Jovenel Moïse, accusé de crime de haute trahison, n’est pas traité. Il indique, par ailleurs, faire peu de cas du choix de Fritz William Michel, en remplacement de Jean-Michel Lapin. Son collègue, le député Abel Descollines, croit que tout bénéfice de l’urgence doit être accordé au dossier de la mise en accusation du président Jovenel Moïse. «C’est un préalable au processus de formation du nouveau gouvernement, au niveau de la Chambre basse», prévient-il. L’élu de Mirebalais s’en prend ouvertement au président de la Chambre basse, Garry Bodeau, qui, selon lui, se démène pour organiser des séances seulement lorsque ses propres intérêts sont en jeu, qualifiant l’élu de Delmas d’obstacle à la démocratie parlementaire. Le député Déus Déronneth, également de l’opposition, s’oppose à toute séance de ratification de la politique générale du Premier ministre nommé, pas avant que le dossier de la mise en accusation soit évacué. L’élu de Marigot, qui se déclare surpris par la célérité avec laquelle la démission de Jean-Michel Lapin suivie de la nomination du nouveau PM et de l’arrestation du chef de gang Arnel Joseph sont intervenues, en moins de 24 heures, s’est montré, lui aussi, très critique à l’égard du député Bodeau, dénonçant le deux poids – deux mesures du président de la Chambre basse.

 

Les sénateurs de l’opposition rejettent le prochain gouvernement

Le groupe des 4 sénateurs de l’opposition désapprouve catégoriquement la prochaine tentative de mise en place d’un nouveau gouvernement, avec les nominations officielles, effectuées par le président Jovenel Moïse, dans une lettre en date du 25 juillet 2019, adressée au président du Sénat, Carl Murat Cantave. Les 4 sénateurs de l’opposition (Nènel Cassy, Antonio Chéramy, Évalière Beauplan et Ricard Pierre) dénoncent ce qu’ils appellent un partage de pouvoirs, contraire aux intérêts du peuple haïtien. Cette étonnante démarche de Jovenel Moïse serait loin d’être celle d’un protagoniste responsable, critiquent ces 4 sénateurs de l’opposition, condamnant le choix du nouveau premier ministre, intervenu sans consultation préalable avec les différentes tendances au Sénat de la République. «La crise profonde actuelle n’a rien à voir avec la mise en place d’un nouveau gouvernement », soulignent ces 4 parlementaires, qui préconisent de mettre fin au système en place et d’instaurer un nouveau système qui serait apte à formuler un autre projet de société. «L’équipe au pouvoir a échoué et a perdu toute crédibilité, aux yeux de la population », estiment-ils.

Composition du nouveau cabinet ministériel: réactions

Des secteurs sociopolitiques expriment leur scepticisme, face à la formation du probable cabinet ministériel du nouveau premier ministre nommé, Fritz William Michel. La majeure partie des personnalités, composant ce probable cabinet ministériel, ne sont pas connues, regrette le sénateur Pierre François Sildor, qui dit attendre, dans ce cas, l’Énoncé de politique générale de Fritz William Michel, pour savoir dans quel sens il va voter. Quels moyens le nouveau gouvernement va-t-il utiliser, pour résoudre les grands défis de l’heure : la vie chère, l’insécurité, l’environnement, la rentrée scolaire et la situation socio-économique, se demande Sildor? Le nouveau gouvernement, formé avec la même équipe du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) et les alliés du pouvoir en place, constitue une provocation contre le peuple, fustige, pour sa part, le député de l’opposition, Bélizaire Printemps. Le pays ne doit rien attendre de la nouvelle équipe gouvernementale, affirme, de son côté, la présidente du parti politique Fusion des Sociaux-Démocrates (Fusion), Edmonde Supplice Beauzile. La Fusion exige, de préférence, la démission du président Jovenel Moïse qui représente un blocage à la résolution de la crise politique.

Altidor Jean Hervé

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