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La crise s’amplifie

Jovenel Moïse et ses alliés continuent sur leurs erreurs. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Ils devraient plutôt trouver un moyen de sortir du bourbier. À force de se faire des ennemis partout, un jour, on en retrouve un sur son chemin… Jovenel se suicide en ne faisant que des ennemis autour de lui. Les loups arrivent et vous serez déchiqueté. On peut, en effet, voir cela sous cet angle. Ceci dit, le peuple haïtien, toujours bon pied bon œil, lucide, ferme, ne semble pas être du genre à tomber facilement dans une chausse-trappe. Le peuple haïtien n’est pas un peuple à brader et ne courbera pas l’échine devant Sion, à la différence des soumis serviles.

Les propositions de sortie de crise se multiplient…

Les initiatives se multiplient pour trouver une issue à la crise engendrée par Jovenel Moïse et ses alliés. Avec leurs points communs et leurs désaccords, le Forum économique a rendu public, le lundi 29 juillet 2019, un document de sortie de crise. Sur la table de conférence, au Ritz Kinam I, étaient présents sur le panel: des représentants du secteur des droits humains, des acteurs du secteur privé des affaires, des délégués des organisations syndicales. En marge de la rencontre, les violons se sont accordés autour de la mauvaise gouvernance de Jovenel Moïse et de la crise socio-économique désastreuse qui fait rage en Haïti. Toutefois, en ce qui concerne le départ du président, le coordonnateur du Forum économique du Secteur privé et les autres membres sont divisés. Le secteur privé des affaires joue la carte de la prudence. «Faute d’une masse critique imposante, nous sommes très prudents à propos de la démission du Chef de l’État, Jovenel Moïse. Les discussions engagées ne tiennent pas encore compte de l’avis des gens hors de la capitale. Il faut également écouter les 60% de la population éloignés pour dégager un consensus», a fait savoir Frantz Bernard Crann, coordonnateur du Forum économique du Secteur privé. La lutte contre la corruption, la démission du président Jovenel Moïse, le renforcement des institutions, la dépolitisation de la Police nationale d’Haïti (PNH) et la formation d’un gouvernement de transition, figurent parmi les recommandations faites dans le document rendu public le lundi 29 juillet 2019, en présence de plusieurs personnes dont Pierre Espérance, Directeur du Réseau national de Défense des Droits Humains (RNDDH) et le syndicaliste Dominique Saint-Éloi. En ce qui a trait à l’organisation du procès PetroCaribe, les responsables ont fait le choix de la formation d’un tribunal spécial ou d’un collège pour questionner les éventuels dilapidateurs du fonds PetroCaribe.

 

Les marchandages de Jovenel Moïse

Même un bocal de formol peut, sans trop s’épuiser, s’en rendre compte. Jovenel Moïse prend certainement les gens pour des abrutis. Souillé par le scandale de tweets pour le moins controversé, Jovenel Moïse a dû lui-même monter au créneau le vendredi 26 juillet, pour renouveler sa confiance dans son Premier ministre. «J’ai nommé́ Fritz William Michel, Premier ministre. M. Michel est un brillant fonctionnaire qui a consacré́ toute sa carrière au service du peuple haïtien. J’ai fait ce choix, de concert avec les présidents des deux branches du Parlement, pour mettre un terme à la paralysie politique qui nuit aux citoyens de notre pays. Il est temps que le Parlement approuve le Gouvernement pour qu’ensemble, nous puissions répondre aux besoins urgents de notre société, en matière de sécurité alimentaire, de création d’emplois, d’infrastructures, etc…», a écrit Jovenel Moïse. Par ailleurs, le dimanche 28 juillet 2019, plusieurs dizaines de membres d’organisations populaires ont manifesté devant l’Ambassade Américaine à Port-au-Prince, pour continuer d’exiger le départ de Jovenel Moïse. «À l’occasion du 104e anniversaire (28 juillet 1915 – 28 juillet 2019) du premier débarquement des troupes américaines en Haïti, nous allons gagner les rues pour exiger un procès PetroCaribe et dénoncer les massacres à La Saline», fait savoir Patrice Célestin, coordonnateur de Fòs Opozisyon Site-Solèy. La mobilisation du 28 juillet 2019 visait aussi à «demander au gouvernement américain d’arrêter de supporter les corrompus au pouvoir et les assassins en Haïti», a dit, de son côté, Johnson Joseph, coordonnateur de Aba Mizè.

Emmanuel Saintus

 

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