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Le système de santé dans le pays va de l’arrêt de travail sporadique à grève spontanée

La grève détruit peu à peu tous les centres hospitaliers du pays. À côté des employés qui exigent de meilleurs traitements et de bonnes conditions de travail, s’ajoute l’insécurité qui paralyse, à elle seule, presque tous les secteurs du pays, y compris le système sanitaire. En effet, paralysée durant le mois de mai pour insécurité, le jeudi 23 mai, la maternité Isaïe Jeanty a rouvert ses portes, grâce à une paix apparente qui règne à Chancerelles. Une paix fragile, puisque la guerre entre les gangs peut resurgir d’un moment à l’autre. Toujours apeurés et sentant encore souffler sur eux de grands vents de panique, certains employés de la Maternité Isaïe Jeanty ont timidement repris leur travail à Chancerelles. Ce centre hospitalier avait été la cible d’individus armés et des membres de gangs issus du quartier de La Saline, entre autres. La Maternité Isaïe Jeanty avait dû être fermée jusqu’à nouvel ordre. Cette décision n’avait pas plus aux habitants, aux médecins, aux infirmières et aux autres cadres de la MIJ. Selon le quotidien Le Nouvelliste, le Dr Chantal Junior Datus, Directeur médical, a affirmé que les responsables de l’État au niveau du ministère lui ont intimé l’ordre de « reprendre incessamment les activités ». Il affirme que résidents et médecins de service sont sur place pour offrir les soins que nécessitent les cas des patients mais évoquent un manque d’anesthésistes dans le personnel. La maternité devrait en compter 8 à 9 mais n’en a actuellement que quatre, toujours selon ses propos. Ce déficit d’anesthésistes pourrait, à l’avenir, provoquer une paralysie à la maternité, a-t-il prévenu. Après la maternité Isaïe Jeanty, les médecins résidents de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) ont eux aussi lancé un mot d’ordre de grève. Tous les services du plus grand centre hospitalier d’Haïti sont à l’arrêt depuis le lundi 20 mai dernier. Cette situation est due aux mouvements de grève des médecins résidents. Les grévistes réclament, entre autres, de meilleures conditions de travail. Ces derniers observent un mot d’ordre de grève pour, non seulement réclamer de meilleures conditions de travail, mais aussi de traitement. En effet, ils réclament également une augmentation substantielle de l’indemnité perçue tous les mois ainsi que le paiement d’environ 6 mois d’arriérés. Ce mouvement de grève affecte le fonctionnement des différents services de cet hôpital universitaire public. Les médecins résidents grévistes disent attendre la réaction des autorités concernées pour lever la grève et reprendre le travail.

Altidor Jean Hervé

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