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Des organisations de défense des droits humains font entendre leur voix

La nouvelle faisant croire qu’une soixantaine de députés appellent à juger les membres de la Cour des Comptes n’a pas laissé les organisations de défense des droits humains indifférentes. Moins de 24 heures après, plusieurs organisations regroupées au sein de « Ensemble contre la corruption » écrivent au président de la Chambre des députés, Gary Bodeau. Dans cette correspondance, ces organisations se disent «choquées d’apprendre, par voie de presse, qu’un groupe réunissant une soixantaine de députés, a déposé une motion appelant à juger les membres de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), devant la Haute Cour de Justice, pour manquement à la réalisation de leur mission». Cette structure qui regroupe huit (8) organismes, a tenu à rappeler le contexte de cette tentative des députés de destituer les membres de la CSC/CA. «Il convient d’abord d’attirer l’attention de l’opinion publique et des citoyens sur le fait que la CSC/CA se prépare à communiquer son rapport complémentaire sur la gestion du Fonds PetroCaribe. Le premier rapport était très accablant pour des ordonnateurs publics qui n’ont pas su respecter toutes les règles de la bonne gouvernance ou qui ont sciemment participé à la dilapidation dudit fonds », souligne la coalition, dans un premier temps, au président Bodeau. En second lieu, «Ensemble contre la corruption» rappelle que « dans une correspondance en date du 11 avril 2019, elle a demandé aux membres de la CSC/CA de réaliser un audit de la questure de la Chambre des députés et du Sénat de la République, suite à des informations financières scandaleuses, diffusées dans les médias et les réseaux sociaux ».

Pour la période allant de janvier à mars 2019, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a affirmé, pour sa part, avoir enregistré 101 personnes tuées par balle ou à l’arme blanche, dont treize sont des policiers. Holdensy Fanio Julmis, Lesly Auguste, Fenton Galil Albatre, Vital Michel, Ernest Charlotin, Barthélémy Claude César, McKenzy E. Pierre, Pierre Ismaël Monvil, Mackenson Pierre, Jackson Simon, Réginald St-Ville, Pierrelin Jean-Baptiste, Jean Kervens Poteau », sont les noms des treize policiers listés par le RNDDH, de janvier à mars. À cette liste s’ajoutent deux policiers tués au cours du mois d’avril, en l’occurrence Vielo Victor Bellande et Gabriel Fertil. Pour le mois d’avril, poursuit le RNDDH, neuf personnes sont tuées et dix autres blessées par balle à Carrefour-Feuilles, des suites du massacre perpétré récemment, par le gang armé, dirigé par Sony Jean, alias Ti Je, lui-même tué dans la soirée du lundi 29 avril 2019, lors d’échanges de tirs avec les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), selon la PNH. En outre, l’organisme de défense des droits humains a dénombré cinq morts à La Saline, le 14 avril 2019, et au moins 15 morts dans la zone de Kafou 3, à Delmas 2, le 19 avril dernier. Luttes ouvertes entre gangs armés; exposition d’armes et de munitions de la part des gangs ; détournement de containers de marchandises ; véhicules volés avec des passagers à bord ; contrôle des zones par des bandits qui rançonnent la population ; attaque de bâtiments publics ; maisons incendiées par des bandits sont entre autres cas d’insécurité recensés par le RNDDH dans chaque foyer de gang. Plus loin, le Réseau national de défense des droits humains condamne avec véhémence ces cas de violation flagrante des droits humains et dénonce la protection et le financement des gangs armés par les autorités politiques du pays. En ce sens, il rappelle les récents événements liant le puissant chef de gang Arnel Joseph au sénateur Garcia Delva, tout en relatant que ces pratiques de filiation entre bandits et politiciens ne sont pas nouvelles dans le paysage politique haïtien. La justice haïtienne est prise en otage par des magistrats assis et debout qui s’adonnent au trafic d’influence et à la corruption.

Sur le plan de la santé, le RNDDH dénonce les cas d’agressions perpétrées à l’encontre de médecins ou de patients hospitalisés, à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), l’Hôpital Universitaire La Paix (HUP) et le centre obstétrico-gynécologique Isaïe Jeanty et Léon Audin (communément appelé Chancerelles).

Sur le plan carcéral, le RNDDH condamne les conditions inhumaines dans lesquelles les personnes sont détenues dans les prisons et dans les commissariats convertis en prison. À ce titre, rappelle l’organisme, 26 personnes sont mortes en prison, de janvier à avril 2019, dont dix à la prison civile de Port-au-Prince.

Sur le plan de l’économie nationale, l’organisation relate l’effondrement de l’économie haïtienne qui conduit à la pauvreté des plus démunis, tandis que les officiels continuent à garder leurs privilèges exorbitants. Fort de ces constats sur la dégradation des droits de l’homme en Haïti, le RNDDH recommande à la Police nationale d’Haïti de neutraliser les bandits pour les déférer à la justice. Il recommande également au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et au ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) de sévir contre les magistrats fautifs de trafic d’influence, de corruption dans la libération injustifiée de bandits armés arrêtés. L’organisme de défense des droits humains recommande aux autorités élues de se désolidariser de leurs pairs en accointances avec des bandits armés.

Altidor Jean Hervé

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