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Reprise de la mobilisation sur le dossier PetroCaribe

Les petrochallengers, réunis sous le label «Nou pa p dòmi», ont assuré la population de la poursuite de la mobilisation engagée dans le cadre du dossier PetroCaribe, lors d’une conférence de presse, le mercredi 24 avril, au restaurant Yanvalou. Les petrochallengers n’entendent pas lâcher prise. Ces derniers continuent d’appeler la population à rester sur ses gardes et à maintenir la mobilisation jusque devant les locaux de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA). «Il faut le rappeler au pays. La Cour avait promis, pour le mois d’avril 2019, la présentation de l’autre partie du rapport sur l’utilisation du fonds PetroCaribe», rappellent les petrochallengers, devant un parterre de journalistes. L’idée consistait donc à rappeler à la Cour des comptes son engagement. Car, soulignent-ils, dans une note remise à la presse, les autorités de notre pays n’assumeront pas leurs responsabilités sans des piqûres de rappel. Nous revenons donc avec la mobilisation, afin qu’ils agissent dans le sens de l’intérêt de la population », assurent-ils. L’objectif principal du mouvement est d’exiger de la Cour le rapport définitif d’audit sur l’utilisation des fonds PetroCaribe, comme elle l’avait promis. Les protestataires ont lancé des slogans hostiles aux présumés dilapidateurs dudit fonds, tout en exigeant leur arrestation. Des pneus enflammés ont été remarqués et les forces de l’ordre ont, à un certain moment, fait usage de gaz lacrymogènes. En effet, des centaines de personnes, pour la plupart des jeunes du mouvement petrochallengers de «Nou pa p dòmi», se sont rassemblés dans un sit-in, le vendredi 26 avril 2019, devant la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA), pour demander à celle-ci de publier un rapport complet sur la gestion du fonds PetroCaribe. «Nous exigeons un audit complet» sur toutes celles et tous ceux qui auraient dilapidé le fonds PetroCaribe d’aide vénézuelienne à Haïti, a fait savoir Salvatory Saint-Victor, membre de la Commission de cadrage du mouvement Nou pa p dòmi. «Un rapport partiel, dans lequel des noms sont figurés et d’autres non, pourrait ressembler à un verdict politique», fait-il remarquer. À l’appel de plusieurs organisations politiques de l’opposition, dont le Mouvman vizyonè desalinyen (MOVID), Anbake pou chanje et KD-9, un sit-in a eu lieu, le mercredi 3 avril 2019, devant la CSC/CA, à Port-au-Prince, en vue d’exiger la publication du rapport définitif, relatif à la dilapidation présumée du fonds PetroCaribe. Des irrégularités graves, des fautes de gestion et des détournements de fonds ont été relevés dans un audit incomplet de la CSC/CA sur le programme PetroCaribe, rendu public le 31 janvier 2019. Pour leur part, les avocats des plaignants ont donné un ultimatum de 22 jours allant jusqu’au mardi 14 mai 2019, au juge d’instruction, Ramoncite Accimé, en vue de faire comparaître, par devant la justice, les personnes soupçonnées d’implication dans la dilapidation du fonds PetroCaribe de l’aide vénézuélienne à Haïti. «Passé ce délai, si les personnes soupçonnées ne sont pas entendues par la justice, nous récuserons le juge Ramoncite Accimé», en charge de cette affaire, avertit Me André Michel, lors d’une conférence de presse donnée après le dépôt du document d’ultimatum. Cette requête argumentée, relative au dossier PetroCaribe, a été déposée, le mardi 23 avril 2019, par les avocats de la partie civile, au bureau du juge d’instruction, au palais de justice de Port-au-Prince. Dans le document, les avocats des plaignants dans le dossier PetroCaribe exigent également la confiscation des biens matériels des personnes indexées dans l’affaire PetroCaribe, des dispositions d’interdictions de départ d’Haïti contre les personnes indexées ainsi que l’arrestation des anciens présidents Joseph Michel Martelly (14 mai 2011 – 7 février 2016) et Jocelerme Privert (14 février 2016 – 7 février 2017). Une ordonnance judiciaire devrait aussi être prise pour solliciter l’aide d’experts des Organisations des Nations unies (ONU), des États américains (OEA), pour forcer les dilapidateurs à restituer les biens matériels et immatériels, situés en terre étrangère. De hauts dignitaires de l’État, dont des premiers ministres, ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de construction sont également indexés dans la mauvaise gestion de plusieurs milliards de dollars américains du programme PetroCaribe.

Altidor Jean Hervé

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