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Vers la modernisation technologique de la DGI

Dans ses efforts pour moderniser et réformer la Direction Générale des Impôts, l’institution passera bientôt à 2.0, selon ce qu’a annoncé Miradin Morlan. Grâce à l’utilisation des outils de la technologie, les contribuables pourront payer leurs taxes sur internet (sur le site de la DGI), produire leurs déclarations définitives d’impôts. Ils seront aussi capables d’acheter leur droit de passeport (timbre) à partir de leurs portables. Dans ce plan de réforme élaboré par la DGI, un système d’identification fiscale unique sera implémenté, des agents locaux des impôts seront mis en place dans plusieurs communes, selon les propos tenus par M. Morlan à l’émission, expliquant que cette réforme, prévue depuis 1987, ne pouvait encore se concrétiser, faute de structures pouvant assurer la gestion de la réforme, a-t-il confié. D’ici à 2021, la Direction générale des impôts espère devenir la « DGI 2.0 », c’est-à-dire, une institution qui entend améliorer ses services en utilisant les outils de la technologie de la communication. «Nous prenons la réforme à cœur au sein de la DGI», a rassuré Miradin Morlan sur la Télé 20. Le directeur a donc évoqué un plan de réforme de la DGI visant à transformer l’institution. Elle met aussi en place des agences locales des impôts (ALI), dans différentes communes du pays où il n’y a pas beaucoup de potentialités économiques). Plusieurs rencontres sont déjà tenues avec des assemblées départementales, comme pour discuter avec les acteurs locaux pour une meilleure collecte de recettes. « Nous sommes allés chercher nos contribuables », s’est-il enthousiasmé. Le directeur Miradin Morlan n’a pas manqué de vanter les efforts consentis par la DGI, notamment dans le domaine de la construction d’un ensemble de bâtiments publics, au niveau de différents départements. L’idée consiste à sortir les contribuables de leur labyrinthe coutumier, en leur offrant un service de proximité efficace et de qualité. En effet, depuis 1987, la Direction générale des impôts s’était engagée dans un vaste programme de réforme. Mais, rappelle le directeur, il n’existait pas de structures pour assurer la gestion de cette réforme. Il fallait attendre 2012 pour voir les responsables décider de placer une structure baptisée : « Unité de suivi de la réforme et de pilotage (USRP)». Cette unité reçoit une assistance technique de l’Office du Trésor américain (OTA), un appui du Canada, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, de l’Expertise France, ajoute Miradin Morlan, également président du « Centre de rencontres et d’études des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF) » regroupant tous les pays francophones de l’Afrique et aussi le Canada, la Belgique et la France. En fonction depuis le 1er octobre 2014, le directeur Miradin Morlan se targue d’avoir permis à l’institution d’atteindre convenablement ses prévisions de recettes. En effet, elles sont passées de 21 milliards à plus de 56 milliards de gourdes, en moins de 5 ans. Toutefois, cette année, en raison des derniers événements enregistrés depuis les 6 et 7 juillet 2018, ou en février dernier, la DGI a révisé ses prévisions à la baisse.

Notons qu’Haïti avait occupé une place prépondérante dans le domaine des télécommunications dans la région Amérique latine et Caraïbes, derrière les États-Unis et le Canada, notamment avec la création de la TELECO et de la station terrienne de télécommunications à Sabourin (Cabaret) qui assurait les communications via satellite. Cette station a permis aux Haïtiens de suivre en direct la retransmission des matchs de la Coupe du monde de football à laquelle Haïti avait pris part en 1974 et a servi de relai à divers pays de la région. Le réseau de transmission de la TELECO comprenait des faisceaux hertziens, des tronçons de câbles coaxiaux au niveau des villes et d’une double boucle de fibre optique (d’une longueur de 100 km environ) dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Haïti n’a pas su faire le choix de modernisation, de renforcement des infrastructures et d’offrir des services innovants, axés sur le développement de l’Internet. Malgré les efforts consentis par certains groupes du secteur privé et de la société civile pour promouvoir le numérique, l’administration haïtienne peine à élaborer un plan stratégique impliquant toutes les parties prenantes de l’écosystème numérique. Les lois sur la signature électronique et les échanges électroniques ont été votées à la Chambre des Députés, le 4 septembre 2014 et au Sénat le 14 et le 16 février 2017, elles ont été publiées le 11 avril 2017 dans le journal officiel: «Le Moniteur». Néanmoins, la mise en place des mécanismes devant assurer leur application tarde encore.

Par contre, la situation en république voisine est très différente. Ce pays est en train de combler son retard et de faire un bond vers le progrès technologique, en créant un environnement favorable à son développement. Selon le site Internetworldstats, Haïti enregistre le plus faible taux de pénétration de l’internet de la région, soit 11,9% en 2017, alors que la République dominicaine affiche un taux de 56,2%. Elle accuse un taux de pénétration de la technologie 4G LTE de 60,6%, selon le rapport intitulé «L’état du LTE» publié par le site OpenSignal.com. Plus d’accès veut aussi dire plus de compétitivité, plus de progrès économique. L’ambition des Dominicains est on ne peut plus claire: dominer la région sur le plan technologique.

Altidor Jean Hervé

 

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