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Corruption: une ordonnance de la honte

Jusqu’ici, Jovenel Moïse, le corrompu, est considéré comme une bête féroce agonisante que l’on doit aimablement escorter vers la mort, en veillant à ce qu’elle ne provoque pas de catastrophe. Même après avoir été découvert comme voleur, il n’a même pas honte, il continue à pérorer. Jovenel Moïse, lors d’un voyage en France, avait déclaré qu’il avait été forcé de nommer plusieurs dizaines de juges corrompus dans le système judiciaire haïtien. Le juge Bredy Fabien tente de nettoyer son patron, Jovenel Moïse. En effet, une ordonnance de non lieu est émise par le juge Bredy Fabien, en faveur de Jovenel Moïse, dans le dossier de blanchiment d’argent pour lequel il est indexé. Le Juge Fabien a dit, dans son ordonnance, qu’il n’a pas eu de matières pour poursuivre Jovenel Moïse dans l’affaire de blanchiment d’argent. Selon le juge d’instruction, il n’y a pas assez de charges et d’indices pour poursuivre Jovenel Moïse. C’est une information confirmée par le chef du Parquet de Port-au-Prince, Paul Eronce Villard. Au terme d’une instruction ayant duré plus de deux ans, le juge d’instruction, Bredy Fabien, a rendu une ordonnance de « non lieu » qui « décharge » le citoyen Jovenel Moïse de l’inculpation de blanchiment des avoirs, a déclaré le commissaire du gouvernement de la capitale, Paul Eronce Villard, le jeudi 18 avril 2019. «J’ai reçu hier, l’ordonnance du juge d’instruction Bredy Fabien. L’ordonnance, en instance de signification aux parties, rend un non lieu en faveur du président de la République. Le juge a dit qu’il n’y a pas matière à poursuivre», a expliqué Paul Eronce Villard, soulignant que l’instruction avait débuté avant que Jovenel Moïse ne devienne président. Il a aussi rappelé que Jovenel Moïse avait répondu aux questions du juge d’instruction. C’est une ordonnance de la honte, pour Me André Michel. L’avocat de la partie civile a dit que l’ordonnance du juge Fabien lui a été signifiée. Et de poursuivre qu’il a rejeté d’un revers de main l’ordonnance d’instruction et qu’il va en appel. «Cette ordonnance du Juge d’instruction Bredy Fabien est une œuvre erronée qui ne correspond pas à la réalité des faits reprochés à l’inculpé Jovenel Moïse. Les faits de blanchiment mis à la charge de Jovenel Moïse sont palpables et accablants. En ma qualité d’avocat de la partie civile, constitué pour le professeur et syndicaliste Ernest Bolivar, je rejette cette ordonnance de complaisance. Je veux dire que la bataille est très loin d’être terminée. Nous attendons que l’ordonnance nous soit signifiée par le Parquet de Port-au-Prince pour l’attaquer par devant la Cour d’Appel de Port-au-Prince où le débat sera public, avec l’obligatoire présence de l’inculpé Jovenel Moïse. Je me battrai de toute mes forces pour porter la Cour d’Appel de Port-au-Prince à mettre à néant l’œuvre du Juge Bredy Fabien. La vérité éclatera au grand jour dans cette affaire capitale », a déclaré André Michel.

À rappeler que Jovenel a été mis en cause à la suite d’un rapport de l’UCREF en 2016. Arrivé au pouvoir, Jovenel Moïse a révoqué Sonel Jean-François, le directeur de l’UCREF, et pris le contrôle de l’institution avec l’appui du Parlement. Jovenel Moïse, à plusieurs reprises, avait dénoncé un complot ourdi pour le nuire. Il a toujours souligné que son compte, comme l’atteste le certificat de sa banque, est en gourde, pas en dollar, comme l’avait indiqué l’UCREF, dont le rapport avait provoqué l’instruction judiciaire. «Cela veut dire que ma conscience et celle de mon équipe sont tranquilles et nous attendons la justice de notre pays. Nous attendons que cela prenne le temps qu’il faut. Notre compte est en gourde. Et dans ce pays, pendant mon mandat, personne ne subira de persécutions politiques sur la base de mensonge», avait dit Jovenel Moïse. Le juge d’instruction, il y a deux ans, était déjà parvenu à la conclusion de ne pas recommander de poursuite judiciaire contre Jovenel Moïse. Cependant, à l’époque, le commissaire du gouvernement, Me Jean Danton Léger, avait produit une requête pour un approfondissement de certains aspects du dossier. En outre, les plaignants avaient récusé le juge Bredy Fabien mais, celui-ci n’a pas décidé de se désister.

Emmanuel Saintus

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