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Le contour du système sanitaire haïtien

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population a célébré, le lundi 8 avril 2019 à l’Hôtel Marriott, la Journée mondiale de la Santé, en présence de plusieurs hauts dignitaires et partenaires de l’institution. Sous le thème «Santé universelle: pour tous et partout», la ministre, Dr Marie Gréta Roy Clément, entend rapprocher Haïti plus près des normes de l’Organisation Mondiale de la Santé. En deux ans, le MSPP a retenu le même thème pour commémorer, encore une fois cette année, cette Journée mondiale en présence de nombreux partenaires de marque, tels le représentant de l’OMS en Haïti et des directeurs généraux. Le ministère a mis sous les projecteurs le triste tableau du système sanitaire haïtien qui, se basant sur des statistiques, ne répond pas aux normes minimales de l’Organisation Mondiale de la Santé, selon Mme Clément. Pour sa part, le docteur Jean Patrick Alfred, directeur de l’unité d’études et de programmation du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), appelle à une meilleure efficience au niveau du système de santé en Haïti. Le fonctionnaire souhaite plus de résultats avec moins de ressources disponibles, à l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale de la santé, le lundi 8 avril 2019. Le pays fait face à de grands défis en matière de santé, déplore le Dr Jean Patrick Alfred. Le système sanitaire haïtien est caractérisé par une insuffisance d’équipements, de ressources financières ainsi qu’une forte dépendance de l’assistance externe, relève-t-il. La titulaire du MSPP, Marie Gréta Roy Clément, évoque les conditions alarmantes de la santé en Haïti, qui devraient, selon elle, interpeller la conscience des autorités. Cette journée de réflexion doit être l’occasion pour les professionnels de la santé de penser à une amélioration du service de santé, en faveur, notamment, des plus vulnérables, espère-t-elle.

De son côté, le Collectif Défenseurs Plus exhorte les autorités à freiner les violations du droit à la santé en Haïti. Il appelle l’État à «mettre en place des services de santé accessibles à la population, à accroître le nombre des médecins qualifiés et à établir les conditions de travail adéquates, pour permettre aux personnels sanitaires de mieux soigner leurs patientes et patients». Il souligne l’absence d’une politique sanitaire, le manque d’hôpitaux publics, la dégradation des quelques centres hospitaliers, le délabrement des services offerts. Ces manques constituent le reflet de non jouissance de ce droit fondamental, qu’est le droit à la santé. La majeure partie de la population n’a pas accès aux soins de santé, alors que le droit à la santé constitue un droit fondamental, consacré par les dispositions de la Constitution de 1987, rappelle le Collectif Défenseurs Plus. Cet organisme critique la négligence des autorités concernées, face aux modes de paiement des personnels de santé et à l’absence de matériels nécessaires dans les hôpitaux. Il déplore les conditions de travail précaires et le niveau faible de traitements aux personnels de santé publique et de la Croix-Rouge. Les personnels de Croix Rouge se voient, parfois, obligés de refuser de collecter du sang, en signe de contestation. Les personnes malades ou accidentées font face à des difficultés d’obtenir du sang, en cas de besoin, alerte l’organisme de défense des droits humains.

En pleine période de commémoration, les médecins résidents de l’HUEH ont observé, le mardi 9 avril 2019, leur première journée d’arrêt de travail, en signe de protestation contre les mauvaises conditions de travail. Depuis le début de l’exercice fiscal, soit sept mois, les résidents et les internes n’ont pas touché leurs frais. «Nos autorités se foutent des médecins. Point n’est besoin de vous dire le sort de la population. Elles sont intransigeantes sur le fait que nous devons être présents à l’hôpital. Mais quand il s’agit de nous payer, elles se foutent pas mal de nous», a-t-il fulminé. Profitant de la situation, le Syndicat des travailleurs de la santé à l’HUEH avait annoncé une grève pour le lundi 15 avril si les autorités sanitaires ne répondent pas aux revendications des professionnels de santé.

Altidor Jean Hervé

 

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