accueilActualitéCoup d'oeil sur le monde

La semaine en bref – 14 au 19 Avril 2019

Les efforts de la Diaspora

Selon le dernier rapport de la Banque de la République d’Haïti, la diaspora a envoyé en Haïti pour l’année 2018 environ 2,98 milliards de dollars, ce qui représente une hausse estimée à plus de 9% par rapport à l’année 2017. Se basant sur les quatre précédentes années, la Banque centrale a abouti à la conclusion selon laquelle le pays n’a jamais connu de baisse de réceptions depuis 2015. En effet, pour l’année 2015, Haïti avait atteint les 2,1 milliards. 2,3 milliards en 2016, 2,7 milliards en 2017 et 2,9 milliards en 2018, selon les chiffres communiqués par la Banque centrale. Quant à la république voisine, elle a reçu 6,7 milliards de dollars en 2018, représentant 8,4% de parts de son produit intérieur brut.

Stations-service : prolifération

Depuis ces trois dernières années, les stations d’essence pullulent un peu partout dans la zone métropolitaine, ce qui laisse supposer que le marché pétrolier est on ne peut plus florissant. Si la prolifération des pompes à essence laisse les autorités quasi-indifférentes, au sein de la population, des voix s’élèvent, très souvent, pour la dénoncer. Actuellement, la construction d’une pompe à essence située au niveau du carrefour menant à Delmas 60, fait l’objet de nombreuses plaintes de la part des résidents, depuis quelques jours. Nuisances sonores nocturnes, risques d’incendie et absence d’autorisations visibles: ce sont les principaux reproches de ces derniers. En effet, cette future station est construite en pleine zone résidentielle, ce qui fait craindre le pire en cas de sinistre. L’ingénieur en charge de la construction de cette station-service, M. Beauplan, contacté par Métropole, a confirmé que les travaux s’effectuent de jour comme de nuit pour des raisons pratiques.

Gold Cup: Haïti dans la poule du Costa-Rica

Les Grenadiers héritent du groupe B de la Gold Cup, en compagnie de Costa-Rica, des Bermudes et du Nicaragua. Haïti retrouve ainsi le Costa-Rica de Keylor Navas avec qui il disputera les rencontres de la ligue A de la CONCACAF. Les Haïtiens peuvent tirer leur épingle du jeu, puisque les Nicaraguayens et les Bermudiens sont à leur portée, les Bermudes et le Nicaragua étant sur le papier, les équipes les plus faibles de leurs régions respectives. L’entraîneur de la sélection haïtienne, M. Marc Collat, a indiqué que les Grenadiers entendaient se battre pour obtenir la deuxième place dans ce groupe. Composition des groupes de la Gold Cup 2019:

  • Groupe A : Mexique, Canada, Martinique et Cuba;
  • Groupe B : Costa-Rica, Haïti, Nicaragua et Bermudes;
  • Groupe C : Honduras, Jamaïque, Salvador et Curaçao;
  • Groupe D : États-Unis, Panama, Trinidad & Tobago et la Guyane.

 

1,5 million d’Haïtiens en insécurité alimentaire grave

La Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) estime qu’environ 3,6 millions d’Haïtiens, soit 700 000 ménages, sont en situation d’insécurité alimentaire. Selon une évaluation de la Sécurité Alimentaire en Situation d’Rrgence (EFSA), menée par le PAM et la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), parmi les personnes en insécurité alimentaire, environ 1,5 million (300 000 ménages) sont en insécurité alimentaire sévère, alors que les ménages en situation d’insécurité alimentaire ont déjà recours à des stratégies d’adaptation négatives. Et, étant donné que la récolte du printemps représente plus de 60% de la production nationale annuelle, les perspectives de se remettre de cette crise pour les ménages sont limitées, et ce, même avec une bonne récolte d’hiver, précise le rapport. À cause des mauvaises récoltes des trois dernières années, les ménages ont dû adopter des stratégies d’adaptation de survie. Souvent, ces stratégies d’adaptation ont des effets négatifs et irréparables, car les actifs des ménages diminuent et cela compromet leur capacité à faire face aux crises futures.

 

Haïti-ONU: aide financière

Les personnes vulnérables, confrontées à des crises en Haïti, bénéficieront d’une aide financière d’urgence des Nations Unies. Haïti fait partie des 13 pays et territoires confrontés à des besoins urgents. Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock, a approuvé jeudi l’octroi de 125 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour appuyer des opérations d’assistance dans 13 situations d’urgence sous-financées. Il s’agit de la plus grande allocation en la matière dans l’histoire du CERF et cela a été rendu possible grâce à la générosité et à la diversité des bailleurs de fonds du CERF, a précisé le Bureau des Nations-Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). « Cette allocation du CERF est une bouée de sauvetage pour des millions de personnes confrontées à des crises dans le monde entier, où le niveau de souffrance est alarmant, mais le financement reste extrêmement bas », a déclaré M. Lowcock. « Sans cet argent : eau potable, abris, protection, soutien nutritionnel, aide alimentaire et autres formes d’assistance ne pourraient jamais atteindre à temps les personnes dans le besoin ». Le financement octroyé par le CERF permettra à l’ONU et à ses partenaires humanitaires de mener des opérations humanitaires auprès de plus de 9 millions de personnes au Cameroun, en Colombie, en République démocratique du Congo, à Djibouti, au Tchad, en Haïti, au Honduras, à Madagascar, au Niger, dans les Territoires palestiniens occupés, en Tanzanie, en Ouganda et en Ukraine.

 

Les résidents de Cité-Planteau, livrés à eux-mêmes

Depuis plusieurs années, les résidents de Cité-Planteau, à Ouanaminthe, font face à un grave problème environnemental et sanitaire : une décharge à ciel ouvert en plein cœur de la Cité. Le problème des déchets concerne le pays entier, mais en particulier les villes où les emballages plastiques s’accumulent dans l’indifférence générale. Dans le cas de Cité Planteau, ce sont des quantités de bouteilles et de sacs en plastique, des barquettes en polystyrène, des canettes, des boîtes de conserve, des vêtements, du verre et, plus grave encore, des déchets médicaux, qui s’amoncellent. La population n’est pas la seule responsable de ce désastre écologique et sanitaire, puisque la municipalité ne fait rien pour aider durablement la population à trouver des solutions alternatives à la gestion et à la diminution de leurs déchets.

 

Éducation : CNEH en action

La Confédération nationale des éducatrices et éducateurs haïtiens (CNEH) et la fondation du Collège Canado-Haïtien (CCH) appellent à œuvrer pour l’avancement du système éducatif haïtien. Le système éducatif est prisonnier de la politique, ce qui freine son avancement, selon la secrétaire générale de la CNEH, Magalie Georges, qui s’exprimait à l’occasion du 33e anniversaire d’existence de la CNEH. La non instauration d’un État de droit dans le pays a des répercussions sur le système éducatif, avance-t-elle. Jusqu’à présent, les problèmes réels de la population, notamment en matière d’éducation, n’ont pas été adressés, 33 ans après, regrette Magalie Georges, soulignant combien le système éducatif a été instrumentalisé par la politique. Ç’aurait été pire, s’il n’y avait pas le combat mené par des organisations syndicales, comme la CNEH, reconnaît-elle, tout en appelant à une réorientation de la lutte. Elle dénonce le mépris total, affiché par l’État, par rapport aux mauvaises conditions de travail des enseignantes et enseignants qui reçoivent un salaire insuffisant. L’éducation doit devenir une préoccupation pour l’État, espère la CNEH qui a des branches syndicales dans les dix départements géographiques d’Haïti.

 

Arnel Joseph fait la Une

L’opération conduite par la Police nationale d’Haïti (PNH), le jeudi 4 avril 2019, à Marchand-Dessalines, dans le département de l’Artibonite, pour tenter de capturer le chef de gang de Village de Dieu, Arnel Joseph, ne doit pas être assimilée à un échec. C’est l’opinion exprimée par le spécialiste en sécurité, Rodolphe Mathurin, pour qui la réussite de pareilles opérations requiert un climat politique approprié. L’opération contre Arnel Joseph n’est pas arrivée à terme, mais elle n’est pas un échec, soutient-il, exhortant les autorités étatiques à mettre l’institution policière davantage en confiance. Les opérations, menées par la PNH, le jeudi 4 avril 2019, à Marchand-Dessalines (département de l’Artibonite), pour tenter de capturer Arnel Joseph, ont fait un mort par balle et plusieurs blessés. Une précédente opération policière avait contraint le présumé chef de gang du Village de Dieu, à Port-au-Prince, à se retrancher, depuis quelques temps, dans le département de l’Artibonite. Rodolphe Mathurin appelle à la mise en place d’une ambiance politique générale pour aider la police à mieux faire son travail. Les questions de sécurité, d’une manière générale, ne concernent pas uniquement l’institution policière. La police nationale n’est rien toute seule, elle existe à partir d’une ambiance politique, fait-il remarquer. En dehors des considérations d’ordre structurel, il faut considérer le contexte global du pays et les attitudes des protagonistes politiques pour évaluer la situation de l’insécurité dans le pays, signale-t-il, soulignant un déficit de l’État en matière de gestion de l’espace, depuis des années.

 

Bac Permanent

Pour l’année académique 2018-2019, les examens de la deuxième session des candidates et candidats recalés du baccalauréat permanent, sont fixés au début du mois de juillet 2019. Les inscriptions à ces épreuves officielles, pour les candidates et candidats recalés, sont prévues du lundi 22 avril au vendredi 4 mai 2019, dans toutes les Directions départementales d’éducation (DDE). Cet avis émane du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), dans un communiqué rendu public. Seules les candidates et seuls les candidats recalés en terminale (philo), sont habilités à participer aux épreuves, rappelle le MENFP qui entend prendre toutes les mesures nécessaires pour la pleine application de cette disposition.

 

Une usine de fabrication d’huiles essentielles, ravagée

Un incendie a détruit, le mardi 9 avril 2019, une usine haïtienne de fabrication d’huiles essentielles, appelée «Caribbean flavor and flagrances S.A», située à la rue Guilbaud, au coin du boulevard Toussaint Louverture. Des dégâts importants, provoqués par l’incendie ont été constatés par une journaliste d’AlterPresse dépêchée sur les lieux. Massés à l’entrée principale de l’usine, des dizaines d’employés, des responsables et quelques chauffeurs de taxis-motos de la zone observaient les vestiges de l’édifice emporté par les flammes. Les restes de barils d’huile, de tôles, des morceaux de vêtements et de cartons carbonisés jonchaient le sol boueux. Vers 10h, des sapeurs-pompiers tentaient encore de circonscrire le reste de l’incendie, à l’aide de jets d’eau, alors qu’un tracteur s’occupait à enlever les débris. L’entreprise a perdu beaucoup de matières premières et de matériels, déplore Jean-Pierre Blanchard, président et directeur général de la «Caribbean flavor and flagrances S.A.» L’entreprise est incapable, pour le moment, d’évaluer avec précision l’ampleur des dégâts, ajoute-t-il.

 

Libéralisation du marché

La rareté du carburant en Haïti serait le résultat d’un combat pour la libéralisation du marché des produits pétroliers, estime le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo. Cette rareté arrive dans un contexte de lutte entre de grands commerçants, proches du pouvoir, et la bourgeoisie, pour une libération du marché du carburant, précise cette organisation, dans une note. Ce serait une manœuvre de ces protagonistes pour prendre le contrôle total du commerce du carburant. La libéralisation du marché des produits pétroliers constitue supposément l’une des exigences, imposées par le Fonds Monétaire International (FMI), soutient le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè yo. C’est sur cette base que le président Jovenel Moïse avait projeté, sous la dictée du FMI, d’augmenter les prix des produits pétroliers au cours du mois de juillet 2018, poursuit le regroupement. Sous la pression de violentes manifestations qui ont paralysé la capitale, le gouvernement avait été contraint d’annoncer, dans l’après-midi du samedi 7 juillet 2018, le retrait de la mesure d’augmentation substantielle des prix des produits pétroliers, sur le marché national.

 

ODVA sous pression

Une lettre, comportant une demande de rançon d’un groupe de bandits et circulant sur les réseaux sociaux, dévoile une nouvelle stratégie déployée par ces derniers pour rançonner la population. Cette correspondance, d’une bande dénommée « Baz Gran Grif », a soulevé d’innombrables questions. Après avoir développé des stratégies pour infiltrer le transport en commun et séquestrer des membres de la population en échange de rançon, les bandits dévoilent une nouvelle stratégie: les correspondances administratives. Dans des lettres adressées à des ministères, des ONG où des ambassades pour solliciter de l’argent, ces derniers menacent de représailles ces institutions, si elles n’exécutent pas leurs vœux. À Port-au-Prince comme dans les villes de province, des missives portant les entêtes de «bases» ou gang parviennent aux institutions privées et publiques. Plusieurs cas cités par le journal Le Nouvelliste, notamment à Savien, dans le département de l’Artibonite, montrent clairement que les clans s’organisent de plus en plus. Un groupe a envoyé une correspondance au ministère de l’Agriculture pour réclamer une enveloppe de 20 millions de gourdes, afin de ne pas bloquer la réalisation d’un projet dans le département de l’Artibonite, a rapporté le journal. À rappeler que cette même équipe avait kidnappé, il y a de cela une semaine, un haut gradé dudit ministère. Cette semaine encore, une lettre de «Baz Gran Grif»’ a été envoyée à ODVA pour solliciter de la boîte, la coquette somme de 20 millions de gourdes dans un délai de trois jours, sous menace de pillages, de dégâts ainsi que de tuerie.

 

Haïti, parmi les 35 pays à éviter

Le Département d’État Américain met désormais ses citoyens en garde contre le risque d’enlèvement dans 35 pays dont : la Colombie, l’Éthiopie, l’Iran, le Venezuela, etc. Haïti est le deuxième pays de la région Caraïbe, après Trinité et Tobago, à figurer sur cette liste rouge de destinations à éviter. Le Département d’État Américain a mis à jour ses avis de voyage pour 35 pays avec un nouvel indicateur mettant en évidence le risque d’enlèvements et de prises d’otages, lit-on sur le site de CNN. Cette annonce intervient quelques jours après que la touriste américaine Kimberly Sue Endicott et son guide aient été sauvés par les forces de sécurité, à la suite de leur enlèvement dans le parc national Queen Elizabeth, en Ouganda. Les pays à haut risque dont l’Ouganda, porteront désormais le symbole « K » afin de « communiquer plus clairement aux citoyens américains les risques d’enlèvements et de prises d’otages par des acteurs criminels et terroristes du monde entier », a annoncé hier mardi le département. Haïti est le deuxième pays, après Trinité et Tobago, qui figure sur cette liste de 35 pays à ne pas choisir pour destinations jusqu`à nouvel ordre. Il y a aussi la Colombie, le Soudan, la Lybie, l’Iran, l’Irak, la Turquie, le Yémen, le Venezuela.

 

La Chine dans le tourisme en République Dominicaine

Après un an de relations diplomatiques entre la république voisine avec la Chine, une rencontre s’est tenue, hier mardi, à l’hôtel El Embajador (Santo Domingo), entre des dirigeants dominicains et des investisseurs chinois. Carlo Chancelien, notre consultant en matière de tourisme, était invité à titre d’entrepreneur dans le domaine et confirme que le géant asiatique va bientôt investir dans le secteur touristique. « Depuis que les relations entre les deux pays ont été établies en 2018, le gouvernement dominicain ne cesse d’ouvrir le marché aux Chinois et d’attirer des visiteurs venant du pays de Mao Tsé Toung », a indiqué le patron de Le Jetsetter, sa firme de consultation. Des négociations ont été entamées, dans le but de stimuler le tourisme et de mettre en œuvre des plans d’investissement. Cette rencontre était dirigée par le ministre Francisco Javier Garcia, l’ambassadeur de Chine en République Dominicaine, Zhang Run, ainsi que le Secrétaire exécutif de la Fédération Mondiale des villes touristiques (WTCF), selon ce qu’a rapporté notre source. La Chine est le plus grand pays émetteur de tourisme dans le monde. C’est plus de 150 millions de touristes chinois qui voyagent chaque année et qui dépensent des milliards de dollars, a expliqué M. Chancelien, soulignant que la RD veut aussi séduire une part de ce marché. Ainsi, la République Dominicaine prévoit d’attirer 1 millions de visiteurs chinois sur son sol cette année. C’est ce qu’a déclaré le ministre Francisco Javier Garcia dans sa prise de parole, rapporte Chancelien, au cours d’un entretien accordé à la rédaction, le mercredi 10 avril.

 

Sénat: pas de subvention

Le président du Sénat de la République, Carl Murat Cantave, a annoncé sur son compte twitter, que suite à une décision prise en conférence des présidents au Parlement, le bureau se voit contraint d’annuler pour cette année, la rubrique «subvention» ordinairement octroyée aux sénateurs de la République, à l’occasion de la fête de Pâques. Aucune subvention d’un million gourdes ne sera accordée comme frais aux membres du Grand Corps, a informé le président de l’Assemblée nationale. Dans une note portant sa signature, l’élu de l’Artibonite a fait savoir qu’aucune suite ne sera donnée aux demandes de subventions des élus.

 

Gary Bodeau a plaidé en faveur d’un nouveau délai de la FMI

Gary Bodeau, accompagné du gouverneur de la Banque centrale, Jean Baden Dubois, est actuellement de passage à Washington où il participe, jusqu’au 14 avril, aux Réunions de Printemps 2019 des Conseils des gouverneurs du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Le président de la Chambre basse déclare avoir plaidé en faveur d’un nouveau délai qui peut aller jusqu’à juin pour le décaissement des 229 millions de dollars de prêt du FMI. Le parlementaire a affirmé au quotidien Le Nouvelliste, qu’à la suite d’une rencontre avec des responsables du Fonds, ces derniers ont réalisé que la date butoir fixée au 24 avril ne peut plus être retenue. Gary Bodeau s’est dit conscient de la situation politique du pays et demande à ce que la date butoir soit repoussée. Cela peut aller jusqu’à juin, a-t-il confié au journal, hier, le 9 avril. En effet, le FMI avait décidé de geler les 229 millions de dollars de prêt, quelques temps après l’annonce de la démission de l’ex-premier ministre, Jean Henry Céant, au président Jovenel Moïse. La ratification de la loi de finances 2018-2019 et la formation d’un nouveau gouvernement étaient les principales raisons qui ont poussé l’institution monétaire à surseoir à l’application de ce programme de prêt. Gary Bodeau, analysant le contexte actuel, a précisé que la formation d’un nouveau gouvernement devrait prendre entre 30 à 45 jours, si on respecte les prescrits de la Constitution et les règlements intérieurs des deux Chambres.

 

Lapin: «une perte de temps»

Même s’ils saluent la carrière remarquable de l’ex-ministre de la Culture et de la Communication, certains députés désapprouvent le choix et parlent de perte de temps. Jean-Michel Lapin, peut-il être nommé Premier ministre, alors qu’il faisait partie d’un gouvernement qui a été censuré ? Des députés agitent la question et évoquent la théorie de résultats. «C’est une véritable perte de temps», a dit le député Abel Descollines. «Pourquoi avoir pris tout ce temps », s’interroge l’élu de Mirebalais qui souligne que le président de la République, Jovenel Moïse, avait déjà exprimé son désir de faire choix de l’ex-titulaire du ministère de la Culture et de la Communication comme prochain chef de gouvernement. Mais à cette nomination s’ajoute un autre débat. Un ministre censuré ou renvoyé, peut-il être reconduit ou nommé Premier ministre? Certains parlent de précédent, tandis que d’autres priorisent la question de résultats. Descollines se positionne pour le résultat, soulignant qu’aucun projet sérieux n’a été exécuté, aucun investissement n’a été également constaté dans le pays durant le passage du gouvernement de Céant dont Lapin a été membre. Le député de la circonscription de Carrefour, même s’il est proche du pouvoir, s’aligne sur la position de son collègue de Mirebalais, qui priorise la théorie de résultats. «Jean-Michel Lapin, est-il l’homme du moment », se questionne Jacques Beauvil, qui affirme n’être pas prêt à voter en faveur d’un gouvernement sans bilan?

 

Dialogue: Renmen Ayiti a boudé l’invitation

Le parti politique de Jean Henry Céant a boudé une invitation faite par le président de la République, Jovenel Moïse, le 3 avril dernier, autour du dialogue national, initié par le chef de l’État, afin d’aboutir à la formation du nouveau gouvernement. Selon Jorchemy Jean-Baptiste, « l’étape la plus importante du processus a été déjà franchie ». Dans une correspondance en date du 8 avril 2019, le parti politique de l’ancien premier ministre, Jean Henry Céant, renvoyé le 18 mars dernier par la Chambre des députés, a tourné le dos au processus de dialogue du chef de l’État. Jorchemy Jean-Baptiste, le président par intérim du parti politique Renmen Ayiti, n’avait donné aucune suite favorable à l’invitation du locataire du Palais national. En répondant à la correspondance de Nahomme Dorvil, directeur de cabinet de Jovenel Moïse, Jorchemy Jean-Baptiste a souligné pour les membres du PHTK que l’étape la plus importante a été déjà franchie, puisque, comme l’a souligné M. Jean-Baptiste, « le Président a déjà choisi trois personnalités en consultation avec les présidents des deux Chambres, d’où il nommera son Premier ministre ». Renmen Ayiti dit souhaiter que les meilleures compétences du pays soient choisies dans un effort patriotique, afin de former un vrai gouvernement d’ouverture, capable de faire face à cette crise socio-économique et politique qui sévit dans le pays ».

 

14 millions de gourdes pour «Konbit Bibliyotèk Site Solèy»

En dépit des actes de violence qui ont ressurgi depuis quelques jours à Cité-Soleil, les initiateurs du projet communautaire « Konbit Solèy Leve» ont annoncé le jeudi 4 avril 2019, que plus de 14 millions de gourdes sont déjà collectées en 112 semaines, pour l’avancement des travaux de construction de la bibliothèque communautaire moderne à Cité-Soleil, «Konbit Bibliyotèk Site Solèy (KBSS)». Quelque 17 300 ouvrages offerts par 5 000 donateurs haïtiens et étrangers sont déjà collectés. Depuis plus de deux années, un groupe de jeunes de Cité-Soleil ont osé lancer un défi: celui d’engager toute une communauté à se mettre ensemble pour un objectif commun. Aujourd’hui, le «Konbit» qu’ils ont réussi à mettre en œuvre, dépasse Cité-Soleil, touche tout le pays et traverse nos frontières. Plus de 5 000 donateurs ont fait confiance aux initiateurs de KBSS, dans le cadre de la construction d’une bibliothèque à Cité-Soleil. Après 112 semaines, c’est plus de 14 millions de gourdes collectées, environ 17 300 ouvrages reçus, un chantier qui avance à grands pas et des entreprises haïtiennes, telles que la Fondation Odette Roy Fombrun, SOGENER, E-Power, Miyamoyo Relief qui s’y sont impliquées. «Des milliers de donateurs pour un projet communautaire est une grande réussite», se félicite Louino Robillard, un des initiateurs du projet. Louino Robillard estime que les activités sociales entreprises au sein des différents quartiers de Cité-Soleil ont permis aux habitants de croire, qu’à la place des armes et des munitions facilitant les affrontements entre les bandes armées, on peut avoir autre chose. Pourquoi pas un livre ? Aujourd’hui, Cité-Soleil envoie ce message de paix et de réussite collective. Loin derrière eux, sont ces moments troubles qu’ils ont connus par le passé.

 

Le black-out s’impose

Seulement une des trois turbines de la centrale hydroélectrique de Péligre tourne actuellement à cause de la baisse significative du niveau de l’eau, des raretés répétitives du carburant sur le marché local, les opérations « peyi lòk » et les faibles recettes de l’EDH, sont autant de difficultés avancées par l’ingénieur Hervé Pierre-Louis, directeur général de l’EDH, pour expliquer le black-out qui fait rage dans le pays, au cours d’une conférence de presse, en marge de la journée porte ouverte au barrage hydroélectrique de Péligre. Sans l’ombre d’un doute, avec les difficultés que connait l’EDH, le courant 24 sur 24 promis par le chef de l’État, Jovenel Moïse, n’est qu’une chimère. Ces derniers temps, le black-out règne en maître dans les foyers. La production de l’EDH est en chute libre. La centrale de Péligre, qui a une capacité de 54 mégawatts, ne produit actuellement qu’environ 13 à 15 mégawatts, d’après l’ingénieur Cadet Ernst qui jouait le rôle de guide au cours de cette journée porte ouverte à la centrale de Péligre. « La sécheresse, le déboisement et l’accumulation de sédiments sont les principales causes de la baisse du niveau de l’eau dans le lac de Péligre. La baisse de la production constatée résulte de la baisse du niveau de l’eau dans le réservoir de Péligre», a affirmé Cadet Ernst, précisant que le Plateau Central a connu une faible pluviométrie, tout au long de l’année 2018. La centrale hydroélectrique de Péligre est dotée de nouvelles infrastructures mais est loin d’être à 100%. « La centrale ne peut pas être performante si l’eau n’est pas disponible. C’est donc cette centrale qui est à la base de la production du courant pour la zone métropolitaine », a indiqué Hervé Pierre-Louis, directeur de l’EDH. Outre la centrale hydroélectrique, l’EDH dispose d’autres centrales qui utilisent le diesel et le mazout. « La production de l’EDH est aussi affectée par la rareté du carburant sur le marché local. Heureusement, d’après ce que j’ai appris, le marché de produits pétroliers va être libéralisé », a-t-il ajouté. L’EDH ne dispose pas de moyens financiers pour acheter les produits pétroliers. C’est grâce à la subvention de l’État, à travers le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD), qu’elle s’approvisionne en produits pétroliers », a expliqué Hervé Pierre-Louis, soulignant que la compagnie aura besoin de 4 à 5 millions de dollars américains pour commander ou acheter le mazout.

 

L’inspecteur principal, Gabriel Faveur Désir, arrêté

Gabriel Faveur Désir, inspecteur principal cantonné au commissariat de Delmas, a été interpellé par l’Inspection générale de la PNH. Selon Ralph Stanley Jean Brice, patron de l’IGPNH, il a été prouvé que ce fonctionnaire de police avait des contacts répétés avec Arnel Joseph, chef de gang et l’homme le plus recherché en Haïti. « Il a été arrêté et transféré à la DCPJ, ce, après les investigations qui ont été menées », a déclaré l’inspecteur général Ralph Stanley Jean Brice. Selon M. Jean Brice, le fonctionnaire arrêté et suspecté d’être une taupe, a été entendu par l’IGPNH avant d’être transféré à la Direction centrale de la police judiciaire. «Il a avoué d’être en contact avec Arnel Joseph. Pour se justifier, il a expliqué avoir une maison et des parents à Village de Dieu, fief du chef de gang. Les investigations concluront si les motifs avancés tiennent la route ou non », a souligné Ralph Stanley Jean Brice, qui n’a pas souhaité confirmer ou infirmer les informations selon lesquelles la PNH a eu vent de cette relation après avoir confisqué des téléphones d’Arnel Joseph, au cours d’une opération à Marchand-Dessalines, le 4 avril en cours. «Jusqu’à présent, rien ne justifie qu’il partageait des informations confidentielles avec le chef de gang durant les entretiens », fait remarquer Ralph Stanley Jean Brice. En attendant le rapport d’enquête, l’inspecteur général de la police ne peut pas encore dire le sort qui attend Gabriel Faveur Désir. «Toutefois, si les accusations sont confirmées, il ne sera plus digne de faire partie de la PNH. Il sera renvoyé », tranche-t-il.

 

Des étudiants boursiers pressent le MENFP à respecter ses engagements

La plupart d’entre eux, à bout de souffle, sont contraints de s’arrêter en chemin. D’autres, malgré tout, veulent encore garder l’espoir, même lorsqu’ils sont hantés par l’idée d’être placés derrière la porte, en raison de cette insolvabilité qui dure plus d’un an. 28 ans, Loute Millianne, malvoyante, figure parmi les quatre autres qui avaient choisi l’Université de Port-au-Prince pour entamer des études supérieures. « C’est avec d’énormes difficultés que nous sommes parvenus à faire le choix de cours. Il nous faut à chaque fois l’intervention du doyen ou du recteur auprès du comptable. Ils nous ont déjà informés du montant à payer pour la première année. C’est quand même un peu humiliant pour nous. Si nous avions la possibilité de payer nos frais scolaires, tout cela ne serait pas arrivé…», lâche-t-elle, d’un ton plutôt gênant. «Il ne s’agit pas d’un traitement de faveur. Nous ne leur avions pas demandé de l’aide. Ce sont eux qui sont venus nous proposer leur support. Ils devraient tenir leur engagement. C’est un manque de respect envers la parole donnée…», murmure Patricia Sénatus, étudiante à handicap physique, qui est obligée d’abandonner l’université, car on ne l’a pas laissée subir les examens, puisque le MENFP n’a pas payer sa scolarité. «Cela m’a fait beaucoup de peine. C’est aussi le cas de certains autres étudiants en difficulté, au sein de leurs établissements d’études…Ils nous ont fait du tort. Certainement, s’il n’y avait pas ces promesses, nous aurions lutté pour poursuivre nos études…», martèle l’étudiante qui nourrissait l’idée d’intégrer la Faculté des sciences humaines pour des études en communication, après le concours d’admission. Quoi qu’il soit sur le point d’entamer sa deuxième année d’études, Alcé Marckenson, étudiant en communication à l’UP, décrit sa gêne, du moins sa difficulté à avancer dans les études. Un an après, la situation n’a pas évolué. Personne n’est en mesure de leur garantir la prise en charge annoncée.

 

Frankétienne fête ses 83 ans

Mapou de la littérature haïtienne, Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, dit «Frankétienne», né le 12 avril 1936 à Ravine Sèche (Artibonite), fête son 83e printemps ce 12 avril 2019. Romancier, poète, dramaturge, peintre, musicien, chanteur et enseignant, ce géant des lettres contemporaines continue de marquer les esprits par sa carrière d’écrivain. Précurseur de Dany Laferrière et de Lyonel Trouillot, Franckétienne est, pour certains, le Toussaint Louverture de la littérature haïtienne contemporaine. Né d’un acte de viol sur une adolescente haïtienne de 14 ans et d’un géniteur américain très âgé, il a été élevé sans connaître son père. C’est un sujet qui, dit-il assez souvent, a été le motif principal d’un de ses livres les plus achevés, titré «H’éros Chimères», considéré comme étant un énorme « roman familial » et qui a décroché le Prix Carbet en 2002. Avec des statistiques record, Frankétienne est aujourd’hui l’écrivain le plus prolifique de toute l’histoire d’Haïti, partant de Boisrond Tonnerre (1803) jusqu’à Garry Victor (1990). Avec 10 pièces de théâtre, 2 romans, 53 ouvrages français de type divers, 1 nouvelle, 2 enregistrements sonores, 4 œuvres filmographiques, 2 textes enregistrés en musique, 19 prix littéraires, 33 expositions, 7 œuvres traduites en anglais, 2 en espagnol et les innombrables tableaux de peinture, son patrimoine littéraire reste démesuré et incontestable. Vivant dans un pays auquel il s’accroche obstinément et qu’il refuse de quitter sous aucun prétexte, malgré les incessantes demandes internationales, l’auteur qui publie depuis plus de quarante ans dans les deux langues jouit d’une large audience nationale, plus qu’aucun autre.

Faiblesse de la justice à la lutte antidrogue en Haïti

«Les saisies de drogue restent faibles, et la capacité minimale d’Haïti à contrôler ses frontières maritime et terrestre continue d’être un sujet de préoccupation particulière […]. Le système judiciaire haïtien en dysfonctionnement, limite considérablement les poursuites engagées au niveau national dans les affaires de drogue et réduit ainsi les obstacles au trafic », telle est la conclusion du rapport 2019 du Département d’État américain «International Narcotics Control Strategy Report (INCSR), Volume I». « Seul le renforcement simultané de la volonté politique, du pouvoir judiciaire, de l’application de la loi et de la sécurité des frontières, permettra à Haïti de faire de réels progrès dans la lutte contre le trafic de drogue », avertit le rapport, reconnaissant que le développement institutionnel continu de la PNH et du BLTS ainsi que l’engagement continu des États-Unis à l’appui des opérations du BLTS, ne suffiront pas à renforcer significativement la capacité d’Haïti à interdire le trafic de la drogue, si le système judiciaire reste faible, corrompu et ne condamne pas les trafiquants de drogue. Toutefois, le Département d’État souligne quelques bons points marqués par Haïti dans la lutte antidrogue, notamment le renforcement en 2018 du BLTS par la Police nationale d’Haïti (PNH) avec des officiers supplémentaires et la mise sur pied d’une unité de police des frontières (POLIFRONT), ce qui a permis au Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS), au cours des dix premiers mois de 2018, d’effectuer plusieurs opérations ayant abouti à la saisie de 371 kilos de marijuana et de 28 kg de cocaïne. En outre, la PNH a arrêté 76 suspects pour des crimes liés à la drogue, au cours de cette période. Toutefois, constate le rapport, les saisies de drogues illicites et d’argent de contrebande ont diminué et le gouvernement n’est pas en mesure de sécuriser les frontières du pays pour enrayer le flux de drogues illicites. De plus, la capacité d’interdiction maritime minimale des garde-côtes haïtiens crée un environnement à faible risque pour les trafiquants de drogue. Alors que la capacité d’interception d’Haïti s’est légèrement améliorée, un système judiciaire, en grande partie inefficace, continue de faire obstacle aux poursuites engagées contre les trafiquants de drogue appréhendés.

Altidor Jean Hervé

Related Articles

Close
%d bloggers like this: