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Les relations haïtiano-dominicaines sont sur toutes les lèvres

La Direction Générale des Migrations (DGM) a mené de nouvelles opérations de contrôle migratoire dans 7 provinces : Azua, Espaillat, La Altagracia, La Vega, Monseñor Nouel, Monte-Cristi, Santiago de los Caballeros, Valverde, ainsi que dans des secteurs du District national et de Santo Domingo Est et Ouest, au cours desquelles 1 263 Haïtiens ont été contrôlés. Après ce processus de vérification à l’aide de lecteurs biométriques et consultation de la base de données centrale, 981 Haïtiens (77,6%) ont été déclarés en situation migratoire irrégulière et conduits aux postes frontières de Dajabón et Elías Piña pour y être enregistrés avant d’être déportés en Haïti. La DGM informe qu’elle continuera à mener des opérations de contrôle migratoire dans toutes les provinces du pays.

Parallèlement, «les échanges commerciaux entre la République dominicaine et Haïti ont diminué de 20% au premier trimestre de l’année 2019», a fait savoir le vice-président exécutif du Conseil national de l’entreprise privée (CONEP), Cesar Dargam. Il a déclaré que, bien qu’il y ait eu une légère augmentation ces dernières semaines, principalement dans le commerce informel, la tendance demeure quand même à la baisse. L’homme d’affaires a attribué cette situation – qui n’est pas favorable à l’économie de son pays – à l’instabilité qui gagne du terrain en Haïti, durant cette période. Le vice-président exécutif du CONEP estime aussi que la situation politique est aggravée par le renvoi du premier ministre, Jean Henry Céant, par la Chambre des Députés, suivi de sa démission, le jeudi 21 mars 2019. Cela inquiète beaucoup ce secteur, de l’autre côté de la frontière. Le journal dominicain «El Dia» rapporte les propos de l’homme d’affaires dominicain qui souligne: «la fragilité institutionnelle dont souffre Haïti, au cours des dernières décennies, affecte tous les domaines qui ont trait aux relations bilatérales tels que: le commerce, la sécurité, la santé, la migration et l’environnement, et affecte davantage, du jour au lendemain, lorsqu’il n’y a pas de continuité dans le rang des acteurs pour changer la donne.»

D’autre part, à la demande de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), à titre d’ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le chanteur haïtien Paul Beaubrun, fils de Théodore Beaubrun Junior (Barnabé), s’est rendu le 22 mars dernier à la frontière nord haïtiano-dominicaine, notamment à Ouanaminthe (Nord-Est), dans le but de s’enquérir du phénomène de la migration irrégulière d’Haïtiens en République Dominicaine. Au cours d’une conférence de presse tenue à cette occasion, le fils de Barnabé a informé que des actions seront menées en vue de «freiner la migration irrégulière des Haïtiens vers la République Dominicaine, au profit d’une migration plus sûre, ordonnée et régulière». «Ce combat contre le phénomène de la migration irrégulière d’Haïtiens en République Dominicaine constitue la toile de fond des activités de l’OIM dans le Nord-Est», a expliqué Paul Beaubrun qui a encouragé ses compatriotes à «voyager en toute dignité». Pour cela, il recommande aux décideurs de travailler dans le but de développer l’économie des communautés identifiées comme des foyers de la migration irrégulière. «La réduction de la migration irrégulière est corollaire de la réduction de la pauvreté en Haïti», a-t-il soutenu. Paul Beaubrun, qui a revendiqué ses origines de Ouanaminthe, était accompagné de son père, Théodore Beaubrun Junior, au cours de cette visite réalisée dans le Nord-Est.

Altidor Jean Hervé

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