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La conspiration du Palais national

Réagissant sur les ondes de la Voix de l’Amérique en Créole, à Port-au-Prince, sur le retour aux États-Unis des membres du commando américain lourdement armés, arrêtés dans la capitale le 17 février, l’homme d’affaires haïtien, Réginald Boulos, a déclaré : « c’est une gifle pour le Président, c’est une gifle pour le Premier Ministre, c’est un scandale. C’est une gifle pour le peuple haïtien. Ce n’est pas une gifle des États-Unis.  Les États-Unis ont fait ce qu’ils avaient à faire pour protéger leurs citoyens.  Je n’ai pas de problème avec ce que les États-Unis ont fait.  J’ai un problème avec mon Gouvernement.  J’ai un problème avec mon système de justice. » Quel est le rôle de l’ambassade américaine dans les actes que ces mercenaires allaient perpétrer sur le sol haïtien ? Y a-t-il une complicité depuis l’arrivée de ces bandits et l’ambassade américaine ?  À rappeler que le Président Jovenel avait remercié la communauté internationale pour le support qu’elle lui avait apporté, notamment en matière de sécurité.  Y a-t-il des connivences entre l’ambassade américaine, le Palais national et ces mercenaires ?  Si l’ambassade américaine a traité directement avec le ministre de la Justice pour libérer les bandits armés, pourquoi que le PM Céant et Jovenel ne l’ont pas mis aux arrêts car, ce ministre a commis un crime de lèse-patrie.  Et s’il y avait un Parlement sérieux, il aurait mis en accusation ce ministre de la Justice appelé Jean Roudy Aly.  Et, selon toutes les informations, le ministre de la Justice ne saurait prendre, de façon unilatérale, la décision de libérer sept (7) des huit (8) mercenaires.  En outre, au cours de cette opération menée par l’un des sous-commissariats de Port-au-Prince (Cafeteria), des armes automatiques, des matériels de communication, des véhicules, plusieurs plaques d’immatriculation et des munitions ont été saisis par la police haïtienne.  Et les chargeurs des armes saisies par la police ont été déjà utilisé par l’USGPN (une Unité du Palais national).  De plus, après l’arrestation de ces mercenaires, la première personne qui a appelé pour libérer les mercenaires est Zéphirin Ardouin (bras droit de Jovenel Moïse et conseiller au Palais national) qui a appelé le ministre de la Justice pour lui dire de faire tout son possible pour libérer ces messieurs.  La deuxième personne est Fritz Jean-Louis (ancien secrétaire d’État et conseiller au Palais national, arguant que ce dossier est une affaire d’État).   La troisième personne qui a exigé la libération des mercenaires est Jovenel Moïse.  Fritz Jean-Louis, actuellement en cavale en République Dominicaine, avait dit que ces mercenaires sont au service de la BRH (Banque de la République d’Haïti).  Me. Reynold Georges, un conseiller de Jovenel Moïse a déclaré que ces mercenaires avaient pour mission de cambrioler la BRH.  Une version démentie par le Gouverneur de la BRH, lors d’un conseil des ministres.  Quant aux voitures, elles ont été achetées par Magalie Habitant (une Marie-Jeanne du pouvoir), pour une somme de 10 millions de gourdes, payée cash à la compagnie Berhmann Motors (sise sur la route de l’Aéroport).  À l’exception de Fritz Jean-Louis qui est en cavale, Zéphirin Ardouin et Magalie Habitant sont libres de leurs mouvements.  Un tweet de Pascal Adrien, porte-parole du Premier Ministre Jean Henry Céant, avait confirmé que ces mercenaires sont là pour assassiner Céant. Le Premier Ministre haïtien, Jean Henry Céant, avait affirmé, quant à lui, que les 7 étrangers, lourdement armés, appréhendés en début de semaine, fomentaient un complot contre sa personne.  Dans une interview qu’il avait accordée à la chaîne américaine CNN, Jean Henry Céant a fait valoir que les individus, dont 5 ressortissants américains, n’entendaient nullement attaquer la Banque de la République d’Haïti mais plutôt la Primature et le Parlement.  Que ce soit la Primature ou le Palais national, les deux instances ont fait savoir qu’elles n’ont pas été mises au courant de la libération des sept (7) des huit (8) mercenaires, prétextant que la justice américaine allait poursuivre ces mercenaires.  Un article de Miami Herald a indiqué que la justice américaine ne va pas poursuivre ces mercenaires, du fait qu’ils sont allés en Haïti pour sécuriser un homme d’affaires proche du Palais national et qu’ils n’ont rien commis sur le sol américain. L’Ambassadrice américaine en Haiti a déclaré, sur la Voix de l’Amérique, que les autorités haïtiennes ont coordonné le départ de ces individus.  C’est pour dire que c’est avec l’approbation des autorités haïtiennes, notamment le Palais national et le ministre de la Justice que les mercenaires ont quitté le pays.  Une lettre du ministre de la Justice, en date du mercredi 20 février, acheminée au responsable de la DCPJ (Direction centrale de la police judiciaire) a ordonné la libération de ces individus.  Ces mercenaires avaient pour mission d’assassiner les gens qui ont des contradictions avec Jovenel Moïse dans l’État, certains responsables de l’opposition et certains journalistes.  Les 7 étrangers dont 5 américains, un Serbe, un Russe, arrêtés pour détention illégale d’arme, ont été exfiltrés, le mercredi 20 février, vers les États-Unis. Les suspects ont laissé le pays à bord d’un vol de la compagnie American Airlines.  Mais le mystère entoure les circonstances du départ de ces hommes qui devraient être entendus par la justice haïtienne.  Rappelons qu’ils ont été appréhendés le dimanche 17 février par la police nationale d’Haïti (PNH), au centre-ville de Port-au-Prince.  Ces individus avaient en leur possession un arsenal d’armes automatiques dont : six fusils d’assaut, six pistolets, quantité de cartouches, cinq gilets pare-balles, deux drones professionnels, du matériel de télécommunication, plusieurs plaques d’immatriculation haïtiennes et deux véhicules ont été saisis par la police, à cette occasion.  «Le premier chef d’accusation contre eux est détention illégale d’armes et le deuxième est association de malfaiteurs», avait précisé la police.  Par ailleurs, Michael Estera, le chauffeur et traducteur, arrêté avec les 7 mercenaires, a été mis en liberté le lundi 25 février 2019, par le juge Petit-Papa.  Une décision saluée par Me. Newton Saint-Juste, avocat de ce dernier.  En ce mardi 26 février, les membres du CSPN ont répondu à l’invitation de la commission Justice et Sécurité du  Sénat.  Cette séance qui a eu lieu à huis clos, a pris fin en queue de poisson, du fait que les responsables ont refusé de partager les informations avec les sénateurs de la République.

Emmanuel Saintus

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