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On attend… Le calme après la tempête…

Bien que tout semble rentrer dans l’ordre, l’inquiétude qui se lit sur les visages dans la population, laisse croire que le calme qu’on espérait après ces huit jours de « pays lock », va encore se faire attendre. Les adresses à la nation du Président de la République, Jovenel Moïse, et la promesse d’un mieux-être du Premier Ministre, Jean Henry Céant, sont loin d’assurer une population qui ne croit plus aux promesses de l’équipe Tèt Kale qui l’a longtemps roulée dans la farine. Secoué pendant huit jours par des protestations visant la démission du Président Jovenel Moïse dont le bilan de deux ans au pouvoir est sévèrement critiqué, le pays cherche encore un climat d’apaisement pour ses fils et filles, après cette période noire. Par ailleurs, En collaboration avec les familles des victimes, l’opposition informe avoir répertorié environ une dizaine de morts liés à la répression policière, lors des manifestations depuis le 7 février dernier qui auraient fait également 150 blessées, toujours selon l’opposition. En plus, une journée de manifestations et de blocages routiers de plus a eu lieu, le jeudi 14 février, à Port-au-Prince et dans plusieurs régions du pays. Les mouvements ont principalement eu lieu dans la périphérie nord de la capitale, avec une manifestation à Delmas, à l’intersection du boulevard Toussaint Louverture menant vers l’aéroport international de Port-au-Prince. Des barricades ont été érigées sur l’axe Delmas 33 prolongé. La route de Tabarre a été barricadée en plusieurs points, de même que celle de Croix-des-Bouquets, complètement bloquée, et la Route 9. Tout le long de cette période noire, plusieurs villes de provinces ont été aussi paralysées. Des objets divers ont été placés sur les routes de Grand-Goâve, Petit-Goâve, Léogâne et Gressier, dans le département de l’Ouest, afin d’empêcher la circulation automobile. Des manifestations, barrages et pneus enflammés ont été signalés dans plusieurs villes de l’Artibonite, notamment à Saint-Michel-de-l’Attalaye et à Saint-Marc, à Ouanaminthe et à Caracol dans le Département du Nord’Est. La tension persistait également dans le Sud-Est, notamment à Jacmel, à Marigot et à Cayes-Jacmel, où les routes ont été barricadées. Des milliers de manifestantes et manifestants ont défilé à Port-au-Prince, en direction des ruines du Palais national situé au Champ-de-Mars, principale place publique de la capitale. Des membres de gangs armés ont également marché dans les rues de la capitale, sans être inquiétés par la police, une présence qui a traumatisé plusieurs riverains. Des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont tenté d’empêcher la foule d’atteindre le périmètre des ruines du Palais national, en lançant des gaz lacrymogènes. Arrivés sur les lieux, les protestataires réclamaient les clefs du Palais national, tout en dénonçant également la misère et la corruption. Les protestataires ont également exprimé leur ras-le-bol de la mauvaise gestion du pays, par l’équipe actuelle de la deuxième version du régime Tèt Kale à qui ils demandent de plier bagages. Ils se sont également plaints de la dégradation constante des conditions de vie de la population. Le pays sombre dans le chaos, à mesure que les manifestants dénoncent la vie chère, la corruption et réclament le départ du chef de l’État qui vient, le 7 février dernier, d’avoir sa deuxième année au pouvoir. La population a fait peu de cas du communiqué du Core Group, rejetant les violences enregistrées lors des protestations et invitant au dialogue. Les pillages, incendies et morts d’hommes ont continué jusqu’au 15 février 2019. Les hôpitaux manquent d’oxygène, de médicaments, entre autres. Les familles commencent à être à court de moyens. La pénurie de nourritures, d’essence et d’eau commencent à se faire sentir. Les banques ne fonctionnent pas, comme d’ailleurs les écoles et le commerce. Des voyageurs étrangers sont bloqués en Haïti, à cause de la conjoncture. Voici, entre autres, les dommages collatéraux que cause ce mouvement de « pays lock », lancé par l’opposition. Malgré un week-end plutôt calme, considéré comme une période de trêve donnée à la population, nombreux sont ceux qui refusent de lâcher prise, en voulant à tout prix profiter de ce climat propice pour forcer la démission de Jovenel Moïse.

Altidor Jean Hervé

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