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La semaine en bref

Arrestation du Maire du Môle Saint- Nicolas

Lavion aux abords duquel des agents de la PNH ont saisi des produits revenant du trafic illicite de drogue le 9 février 2019. 1
Lavion aux abords duquel des agents de la PNH ont saisi des produits revenant du trafic illicite de drogue le 9 février 2019. 1

Le samedi 16 février, Christian Joseph, le Maire principal du Môle Saint- Nicolas, a été arrêté par la Police Nationale d’Haïti (PNH). Il est soupçonné d’implication dans un trafic de stupéfiants, lié à la saisie récente d’un petit avion transportant de la drogue

 

 

 

 

 Réouverture de l’Ambassade du Canada

Veuillez prendre note que l’Ambassade du Canada en Haïti sera ouverte au public pour les services consulaires, ce lundi 18 février 2019 de 10:00 à 13:00 avec un effectif limité. La section des visas devrait reprendre ses heures normales d’ouverture le mardi 19 février. Veuillez-vous assurer que nous sommes ouverts, avant de vous déplacer. « Je pense que nous allons traverser des moments difficiles, mais j’ai beaucoup de confiance dans le caractère général de l’Haïtien, où la violence ne fait pas partie de son ADN, malgré la perception qu’on peut avoir de l’étranger,» a commenté l’Ambassadeur d’Haïti au Canada, Frantz Liautaud.

 

Des missionnaires et membres d’ONG humanitaires quittent Haïti

En raison des mouvements de manifestations qui secouent le pays depuis 10 jours, des missionnaires religieux et des membres d’ONG humanitaires de différentes nationalités, qui effectuent des opérations de secours en Haïti, ont commencé samedi à quitter Haïti par la frontière Nord (Dajabón).

 

Le fils aîné du Président serait en RD

Joverlein Moise le fils aîné du président haïtien 1
Joverlein Moise le fils aîné du président haïtien 1

Selon la presse dominicaine (Listin Diario), le fils aîné du Président Jovenel Moïse aurait laissé Haïti le samedi 16 février, pour des questions de sécurité, pour la République Dominicaine. Joverlein Moïse, 27 ans, a traversé la frontière à Jimani, dans un véhicule noir avec sa sécurité personnelle, et a bénéficié de la protection militaire dominicaine, lors de son arrivée à la frontière.

 Les USA confirment leur soutien à Haïti

« J’ai rencontré vendredi le Ministre haïtien des Affaires étrangères, Bocchit Edmond, pour lui exprimer le soutien constant des États-Unis et leur amitié avec Haïti. Nous exhortons tous les acteurs politiques haïtiens à respecter et à protéger leur démocratie, à dialoguer et à mettre un terme à la violence politique » a déclaré John Bolton, Conseiller en Sécurité Nationale du Président Trump.

Emmanuel Saintus

 

 

Reprise timide des activités économiques

Les activités commerciales et économiques se sont intensifiées les vendredi 15 et samedi 16 février 2019, dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Les succursales de banques commerciales, les supermarchés et les pharmacies, notamment, fonctionnaient à Pétion-Ville, à Delmas et à Port-au-Prince. Il n’y avait que quelques rares barricades dans la région métropolitaine. De nombreuses camionnettes assuraient les principaux trajets de transport en commun. Les citoyens entendaient obtenir du cash des banques et des provisions des marchés, mais aussi de l’eau. Une pénurie d’eau touche la capitale depuis quatre jours. Des informations font état d’un retour au calme dans les principales villes de province où des succursales de banques étaient opérationnelles.

 

Le Canada expulse un père et sa fille

Un père et sa fille déportés vers Haïti malgré les violentes manifestations TVA Nouvelle 1
Un père et sa fille déportés vers Haïti malgré les violentes manifestations TVA Nouvelle 1

Alors que l’ambassade canadienne à Port-au-Prince a fermé ses portes, à cause des violences dans les rues et qu’au moins 48 voyageurs canadiens sont bloquées à Montrouis car ne pouvant pas se rendre à Port au Prince pour leur vol de retour, le gouvernement du Canada a décidé de refouler en Haïti un père de famille et sa fille de onze ans, mercredi dernier. Émanes Desjardins et sa fille Starch Stefany-Desjardins ont été expulsés vers Port-au-Prince, malgré le climat extrêmement tendu dans le pays depuis plus d’une semaine. « C’est une aberration, c’est un geste inhumain d’Ottawa », a indiqué Frantz André Trouillot, du Comité d’action des personnes sans statut. « On ne peut pas renvoyer des gens qui ont quitté pour des questions de sécurité, dans un climat qui est encore plus grave que quand ils sont partis, » a-t-il martelé.

 

Annonce de la baisse du prix du riz

Le chef de l’État haïtien, Jovenel Moïse, a annoncé la baisse prochaine du prix du riz, après une réunion de travail avec les principaux importateurs et producteurs de riz, en vue de trouver une entente entre l’État et les entrepreneurs. En raison de la hausse de plus de 50 % des prix de la quasi-totalité des produits alimentaires, le chef de l’État a promis de subventionner 8 produits de première nécessité. Le riz est l’aliment le plus consommé par les Haïtiens. Les autorités veulent trouver une entente afin de subventionner le prix du riz importé et de celui produit localement. Certains producteurs de riz dans la Vallée de l’Artibonite avaient pris part à la rencontre. Le président Moïse soutient que le riz est un produit stratégique et nécessite une attention spéciale.

 

Les policiers doivent rester professionnels

48 voyageurs Canadiens bloqués en Haïti à cause de la conjoncture
48 voyageurs Canadiens bloqués en Haïti à cause de la conjoncture

À l’occasion des déferlements de passion consécutifs aux manifestations du 7 février 2019, la Direction Générale de la PNH, tout en rappelant aux policiers l’obligation qui leur est faite de rester professionnels et de ne pas céder aux provocations, réitère le mot d’ordre suivant :

 

 

  • Accompagner les manifestations pacifiques,
  • Réprimer tout acte de vandalisme,
  • Garantir la sécurité des vies et des biens en renforçant la sécurité des bâtiments publics, les locaux et installations d’importance stratégique comme le Parlement, les locaux de la CSCCA, la DGI, la Douane, l’EDH, la DINEPA, les stations d’essence, la Direction de l’Immigration et de l’Émigration, les ports et aéroports, les locaux des missions diplomatiques et consulaires, le commerce, etc.
  • Cultiver la pondération au maximum et contrôler les émotions,
  • Mettre le respect des droits humains au centre de toutes interventions.

 

La Direction Générale de la PNH en profite pour rappeler aux policiers de tous grades et de toutes les fonctions que l’institution est apolitique.

 

Widson Dalès Buteau n’est plus

Le Groupe Médialternatif a appris, avec consternation, le mercredi 13 février 2019, dans la matinée, le décès, à l’âge de 33 ans, de son très cher collaborateur, Widson Dalès Buteau. «Alité depuis quelques semaines, il a dû se rendre à Cuba pour se faire soigner. Buteau est rentré à Port-au-Prince, le vendredi 8 février 2019, dans l’espoir de reprendre ses activités au plus vite. Dans la soirée du dimanche 10 février 2019, sa famille a été obligée de le transporter d’urgence à l’hôpital. Il a rendu l’âme le 13 février 2019. C’est un coup dur pour le Groupe Médialternatif, en particulier ses unités AlterPresse et AlterRadio. Ce départ nous plonge dans une profonde tristesse».

 

AlterRadio suspend provisoirement ses émissions en FM

Le Groupe Médialternatif (GM) est désolé d’annoncer qu’il a dû suspendre les émissions de sa station AlterRadio sur le 106.1 FM, à cause des difficultés d’approvisionnement en carburant. Après avoir utilisé ses réserves durant les 7 derniers jours, le GM se trouve dans l’impossibilité, momentanément, de faire fonctionner sa fréquence FM. Mais, une programmation spéciale se poursuit sur Internet, à travers alterradio.org et les plateformes intelligentes. Le GM s’excuse auprès de ses auditrices et auditeurs, et les assure qu’AlterRadio reviendra en ondes sitôt ce problème résolu.

 

Un char de la MINUJUSTH fait plusieurs morts à Canapé-Vert

un char de la MINUJUSTH fait plusieurs morts à Canapé vert
un char de la MINUJUSTH fait plusieurs morts à Canapé vert

Quatre morts et huit blessés dans la soirée du 9 février, sur la route de Canapé vert, dans un accident impliquant un char de guerre de la Mission des Nations-Unies pour l’appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH) et une camionnette assurant le trajet Centre-ville/Pétion-Ville. Selon des témoins sur place, le char des agents onusiens immatriculé UN 24996 aurait percuté la camionnette accidentellement pour ensuite la renverser dans le ravin du bord de la route. « Le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers, me confirme qu’un tank de la MINUJUSTH « a perdu le contrôle après avoir perdu des freins» et a heurté un véhicule sur la route de Canape-Vert ce soir : 4 morts et 8 blessés, dont 1 officier de la PNH officiel et 2 policiers de l’ONU dans le coma. », a tweeté Jacqueline Charles.

 

Tous les prisonniers d’Aquin, évadés

Tous les prisonniers de la Prison civile dAquin se sont évadés
Tous les prisonniers de la Prison civile dAquin se sont évadés

Tous les prisonniers de la prison civile d’Aquin se sont évadés très tôt, le matin du 12 février, selon le Commissaire principal du Commissariat de la commune, Nazaire Frédéric, s’adressant à un correspondant de la Radio Télé Métropole. Selon le responsable, cet incident est dû au fait que les policiers n’avaient plus de munitions et n’avaient pas pu bénéficier du soutien de la police des Cayes, les routes reliant les deux communes étant bloquées. Selon Radio Métropole, le Commissaire souligne que les policiers de sa commune font face à des jets de pierres de la part de la population, depuis ce matin et que les agents de police sont en difficulté. Notons que ce centre carcéral du département du Sud contenait 70 détenus environ.

 

Funérailles symboliques de Jovenel Moïse

Funérailles symboliques de Jovenel Moise à Mirebalais 1
Funérailles symboliques de Jovenel Moise à Mirebalais 1

La population haïtienne reste ferme sur sa position : Jovenel Moïse doit quitter le Palais national. À Mirebalais où la situation est tendue depuis le début de l’année 2019, les revendications populaires évoluent. Ce n’est plus de l’électricité que les Mirebalaisiens réclament. Ils veulent coûte que coûte le départ du Président de la République. La population est descendue dans les rues, le lundi 11 février pour continuer d’appeler à la démission du chef de l’État. Cette manifestation a été suivie par les funérailles symboliques de Jovenel Moïse. Les protestataires ont sillonné plusieurs rues de la ville avec un cercueil à l’intérieur duquel se trouvait une banane, l’élément de représentation de l’homme au pouvoir. En effet, Jovenel Moïse avait vanté sa réalisation en agriculture, notamment en production de bananes, pour demander au peuple de voter en sa faveur, lors de la campagne électorale en 2015. « Désormais, le Président Jovenel Moïse est renversé du pouvoir. Il nous a promis de mettre à manger dans nos assiettes, de changer nos vies. Des promesses qui ne sont jamais tenues. Et, aujourd’hui, Jovenel Moïse est en train de payer les conséquences de ses inconséquences », martèlent les manifestants, révulsés par la cherté de la vie et la décote de la gourde.

 

Possible crise humanitaire en Haïti

Dans une note de presse portant la signature du Protecteur du citoyen, Renan Hédouville, l’Office de Protection du Citoyen (OPC) partage ce 14 février 2019, «ses vives préoccupations face aux différents troubles politiques enregistrés dans le pays depuis huit jours. Une telle situation risque de provoquer une grave crise humanitaire pouvant mettre en danger la situation des droits humains en Haïti», selon l’institution.

 

48 voyageurs Canadiens bloqués en Haïti

« On est en attente, on est dans le néant. Dans l’idéal, on nous avait [dit, ndlr] qu’on partirait le lundi, c’était remis au mercredi. Du mercredi, on parle peut-être de dimanche », se plaint Lise Bélair, une Québécoise citée par TVA nouvelles. Cette femme fait partie de quarante-huit voyageurs québécois qui sont restés bloqués dans leur hôtel sur le territoire haïtien, depuis l’éclatement des mouvements de protestation contre le pouvoir en place. Pour cause, leur vol de retour a été annulé en raison de la conjoncture actuelle. Transat, la compagnie aérienne avec laquelle ils voyagent, a été contraint, pour des raisons de sécurité, d’annuler leur transfert vers Port-au-Prince. Ce trajet, à destination de l’aéroport international Toussaint Louverture, devrait durer une heure et demie. La compagnie a également suspendu la vente des forfaits sur la Côte-des-Arcadins jusqu’à la fin de février. Pour le moment, les voyageurs québécois ne doivent pas s’éloigner de leur hôtel, là où ils sont logés, nourris et protégés, aux frais de la compagnie aérienne, selon la directrice en relations publiques de Transat, Debbis Cabana.

 

Barbancourt, meilleur rhum de la Caraïbe

La bonne nouvelle est tombée aujourd’hui même. Le choix des lecteurs dans le cadre du classement « 2018 10 Best », de USA Today, place Barbancourt comme meilleure distillerie de rhum de la région des Caraïbes sur une liste de 10 concurrents. Ces résultats sont issus de la rubrique 10 Best du USA Today, organisée en ligne, sur une période de quatre semaines, durant laquelle des internautes font leur choix. Selon le site, un panel d’experts s’est associé à 10 influents éditeurs pour sélectionner les 20 candidats initiaux, après le choix des 10 premiers lauréats, par vote populaire. Deux d’entre les experts sélectionnés, Sarah Greaves-Gabbadon (JetSetSarah.com) et Melanie Reffes, l’ont été en fonction de leurs connaissances et de leur expérience du voyage dans les Caraïbes. L’objectif du concours et du classement, selon 10 Best, est de « faire la lumière sur ce coin de paradis tropical » qu’est la Caraïbe, après qu’elle ait été frappée par les ouragans Irma et Marie en 2017. La Société du Rhum Barbancourt a été fondée en 1862 par Dupré Barbancourt, un homme d’Affaires d’origine française. Dirigée par Delphine Nathalie Gardère, au moins cinq produits de Barbancourt sont commercialisés en Amérique du Nord. Il s’agit de : Rhum Barbancourt blanc, Pango Rhum (Saveur de fruit), Rhum Barbancourt 3 étoiles (4 ans d’âge), Rhum Barbancourt 5 étoiles Réserve spéciale (8 ans d’âge), Rhum Barbancourt Réserve du domaine (15 ans d’âge).

 

Le sénateur Willot Joseph détaille le partage des institutions

le sénateur du Centre Willot Joseph
le sénateur du Centre Willot Joseph

Le sénateur Willot Joseph est contre le départ de Jovenel Moïse. Il ne s’en cache pas et le dit à qui veut l’entendre. Il critique certains de ses collègues qui exigent la démission de Jovenel Moïse, alors qu’ils contrôlent certaines institutions clés du pays. Le chef de l’État ne serait donc pas seul dans la détérioration des conditions de vie de la population, selon Willot Joseph qui intervenait jeudi sur Magik 9. Cet étalage de linges sales en public survient, alors que certains élus, appuis du Président Moïse, le lâchent. « C’est le sénateur Jean Renel Sénatus qui a donné le ministre des Sports. Aujourd’hui, il exige le départ du chef de l’État », dénonce Willot Joseph. Soulignant que le sénateur Youri Latortue était à la tête de l’une des branches des manifestations du 13 février visant à forcer le départ du chef de l’État qui est arrivé il y a deux ans au pouvoir, Willot Joseph a expliqué que le parti politique de son collègue, AAA, contrôle des organismes juteux. « L’Office national d’Assurance-Vieillesse (ONA), principale caisse de pension du pays, est contrôlé par Youri Latortue et Cholzer Chancy, tous deux, dirigeants du parti Ayiti An Aksyon (AAA). La Caisse d’Assistance Sociale (CAS) se trouve entre les mains du sénateur Gracia Delva, lui également membre de AAA », révèle le sénateur du Centre, connu pour son franc-parler au Parlement. Willot Joseph confirme que le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), organisme public avec un budget de plusieurs dizaines de millions de dollars, est sous le contrôle des sénateurs Carl Murat Cantave et Onondieu Louis. « Le ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, c’est pour le sénateur Kedlaire Augustin », confie-t-il. Le président de la Chambre basse, le député Gary Bodeau, et le sénateur Rony Célestin ne sont pas en reste. « Ils ont le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) », dit-il.

 

« Cette crise est économique », soutient Gracien Jean

Sans passer par quatre chemins, le professeur Gracien Jean a fait savoir que le fondement principal de la crise actuelle est économique. Il a posé le problème de croissance économique. « La croissance économique doit être planifiée au niveau stratégique sur une période allant de 20 ans à 50 ans », a souligné le professeur, suggérant au journaliste de demander aux conseillers du Président de la République : « où se trouve le document de croissance économique ? » La planification de la croissance économique, dans tous les pays du monde, se fait, dit le professeur Gracien Jean, avec des savants, des intellectuels, des hommes chevronnés et les opérateurs économiques. « La planification de croissance économique ne se fait pas avec les marchands et les importateurs du riz. Dans les pays qui font des progrès, à l’instar de la République Dominicaine, les États-Unis, des dirigeants ont compris qu’il faut s’assoir pour réfléchir et planifier, avec les experts, la croissance économique », a indiqué M. Jean, membre de la structure dénommée Nou Pare. Il a précisé que cette planification ne doit pas s’effectuer uniquement par les intellectuels qui se trouvent autour du Président de la République. Pour lui, les intellectuels qui côtoient quotidiennement le Président, empêchent ce dernier d’avoir l’avis d’autres intellectuels. Pour une sortie de crise, le professeur Gracien Jean croit qu’il revient au Président de la République de donner le ton et non au chef du gouvernement.

 

Arrestation d’un ancien agent de l’USGPN

Jean Ednord Innocent un ancien agent de l’unité de sécurité générale du palais national
Jean Ednord Innocent un ancien agent de l’unité de sécurité générale du palais national

Jean Édinord Innocent, un ancien agent de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN), vêtu de l’uniforme de cette unité, a été appréhendé, le lundi 11 février 2019, par la police, à proximité de la compagnie de téléphonie mobile NATCOM. Une arme à feu, plusieurs téléphones portables, trois (3) couteaux, des plaques d’immatriculation privée, officielle et service de l’État, et d’autres uniformes de l’USGPN ont été retrouvés dans son véhicule. Jean Edinord Innocent se trouvait sur le parcours du Président Jovenel Moïse, lorsqu’il a été appréhendé, avons-nous appris. Cet homme « qui suivait le président », selon nos sources, aurait offert 20 mille dollars américains aux agents de l’USGPN, en échange de sa libération immédiate.

 

Des malades en putréfaction à l’HUEH

Alors que la demande d’hospitalisation augmente, en raison notamment du nombre élevé des blessés par balles lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont duré plus d’une semaine, l’hôpital de l’université d’État d’Haïti se trouve de plus en plus dans l’impossibilité de prodiguer des soins aux malades qui y sont admis. Plusieurs patients en état de décomposition sont découverts au plus grand centre hospitalier du pays. Le personnel de santé de l’hôpital est totalement absent. Il ne peut se déplacer, les rues de la capitale sont barricadées par des protestataires qui réclament le départ de Jovenel Moïse. Ce n’est pas un manque d’entretien des malades reçus à l’hôpital général qui aurait créé la surprise. Toutefois, l’état de délabrement complet dans lequel il se trouve est absolument horrible. L’administration de l’HUEH ne fonctionne pas, depuis plusieurs jours. Aucun membre n’y est remarqué. La sécurité des agents en poste et des malades qui y sont admis n’est pas garantie. Dans la salle d’urgence qui reçoit constamment des personnes en quête de soins de santé, un seul policier est remarqué.

 

Des hôpitaux lancent un appel à l’aide

L’Association des hôpitaux privés d’Haïti (AHPH), face à la situation sociopolitique du pays, lance un appel aux différents protagonistes de la crise sur les impacts de cette dernière sur le fonctionnement des hôpitaux en Haïti. Dans une note de presse, elle se montre très préoccupée. « Tous nos hôpitaux commencent à faire face à des défis majeurs; pénurie d’électricité, pénurie de carburants, pénurie d’oxygène, appauvrissement des stocks de médicaments et arrêt des moyens transports et des moyens de communication », a-t-elle écrit, soulignant que ces défis « mettent directement en jeu notre capacité à sauver des vies ». Tout en déplorant les victimes de cette « violence aveugle qui règne dans le pays », l’association souligne notamment les difficultés entravant la circulation des personnels de santé et demande aux autorités de « trouver en urgence des solutions à même de mettre fin à cette crise. »

 

L’hôpital général fermé

Ce n’est pas un arrêt de travail du personnel soignant, mais la situation du pays qui entrave le fonctionnement du plus grand centre hospitalier du pays. Sans piper mot, sans une circulaire des responsables, l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti est fermé de fait. Une visite, le mercredi 13 février à l’HUEH nous montre un hôpital vide. Tout était au point mort. Lits vides, espaces abandonnés, des barricades de pneus enflammés dans les zones avoisinantes, manifestations à destination du Palais national, les derniers médecins sur place ont tiré la conclusion qu’impose la situation. Plus loin, le service de maternité, l’un des derniers à rester ouvert pendant l’opération «pays lock» a fermé ses portes, faute de pouvoir donner des soins de qualité. « La population comprendra que le fonctionnement d’un hôpital ne dépend pas uniquement de la présence ou de l’absence de professionnels de santé, mais il y a tout un environnement pour que les institutions sanitaires puissent s’approvisionner en intrants », rappelle un chef de service.

 

Innocent Jean Edinord remis à la DEA

L’ancien commissaire de police Jean Edinord Innocent, arrêté le 11 février 2019, a été transféré aux États-Unis d’Amérique. En cavale depuis des années, il était accusé d’être impliqué dans le trafic illicite de stupéfiants. Dans des photos circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir l’ex-commissaire de police menotté et entouré d’agents de l’agence antidrogue américaine (DEA), en train de monter à bord d’un aéronef. Lors de son arrestation par des agents de l’Unité de Sécurité générale du Palais National (USGPN), il était vêtu de l’uniforme de l’unité en question et avait en sa possession de nombreux matériels de police dont un pistolet automatique de calibre 9 millimètres. Jean Edinord Innocent qui avait laissé la PNH en 2004, a été remis, dans les heures qui ont suivi son arrestation, aux agents de la direction centrale de la police judiciaire qui l’on remis à la DEA.

 

Précisions de l’Association Professionnelle des Banques (APB)

L’Association Professionnelle des Banques (APB), alertée par des propos irréfléchis et mensongers, véhiculés à travers les réseaux sociaux et certaines stations de radios, concernant les Banques, tient à faire une mise au point pour le public en général.

 

  1. Le secteur bancaire est strictement réglementé par la Banque Centrale qui est l’instance de régulation des Banques. Il est soumis à la Loi bancaire du 14 mai 2012 (parue au Moniteur du 20 juillet de la même année) et fonctionne à l’intérieur d’un cadre réglementaire, édicté par la Banque Centrale. Les Banques Commerciales, d’Épargne et de Logement, soumises à cette Réglementation sont ainsi régulièrement supervisées et contrôlées par la Banque Centrale qui leur impose un reporting quotidien et une stricte transparence de leurs activités professionnelles. Elles sont donc tenues de se conformer au respect des règles prudentielles, sous peine de sanction et de pénalités importantes.

 

  1. Parmi ces règles prudentielles auxquelles les banques sont tenues de se conformer, la Circulaire 81-5 qui traite de la gestion du risque de change définit les conditions dans lesquelles les Banques peuvent exercer leurs opérations de change. Cette Circulaire impose quotidiennement aux Banques, un ratio maximal de 0,5% de leur position de change par rapport à leurs fonds propres. Tout excès de cette position est automatiquement racheté par la Banque Centrale, le lendemain, au taux de référence établi par cette dernière.

 

La jeunesse haïtienne en panne d’avenir

Qu’ils mènent des campagnes sur les réseaux sociaux contre la corruption ou qu’ils forment le gros des manifestations paralysant le pays depuis près d’une semaine, les jeunes haïtiens de toutes catégories sociales expriment la même frustration: celle de n’avoir aucune perspective d’avenir. Le Président Jovenel Moïse « a lancé des programmes d’assainissement, en parlant de 50 000 emplois. Donc aux jeunes qui sortent de l’Université, il n’a que des balais à donner ?», s’interroge Marco Beauséjour, 27 ans. « Nos parents se sont sacrifiés pour payer nos études et on n’a que balayer la rue comme option? Ce Président nous manque vraiment de respect», relève le jeune homme en colère qui essaie, sans trop de succès, de gagner sa vie comme chauffeur de taxi-moto. Il est pourtant diplômé en comptabilité et se sent, malgré les circonstances, privilégié d’avoir pu faire des études. Contrairement à Marco, pour la plupart, les jeunes ayant grandi dans les bidonvilles de Port-au-Prince n’ont pas fini l’école secondaire. Mais, comme lui, des centaines de jeunes de Cité-Soleil, principal bidonville de la capitale, ont manifesté lundi pour exprimer leur colère, face à l’injustice du système. Ce rassemblement a dégénéré, lorsqu’une minorité s’en est pris aux vitrines de commerces sur le parcours.

Altidor Jean Hervé

 

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