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Le pouvoir prend des mesures d’austérité

Le chef de l’État haïtien, Jovenel Moïse, et son gouvernement annoncent la mise en œuvre de plusieurs dispositions, dans le cadre d’un «état d’urgence économique». La résolution a été adoptée lors d’un Conseil des ministres spécial, le mardi 5 février 2019. L’urgence économique est une réponse du gouvernement, face à la forte dévaluation de la gourde et la hausse des prix des produits de première nécessité. Elle favorisera la mise en œuvre de mesures visant à apporter une aide aux couches vulnérables de la population. L’urgence économique concerne toutes les mesures exigées par les circonstances. Les principaux objectifs visent à réduire les coûts des biens de première nécessité, à augmenter l’accès aux crédits pour les petites et moyennes entreprises, à prendre une option préférentielle pour le financement de l’agriculture et du secteur agricole, à relancer l’activité économique et à renforcer les programmes sociaux. La subvention de certains produits de première nécessité et l’annulation des franchises fiscales et douanières constituent les deux premières dispositions, dans le cadre de cette urgence économique. À cet effet, le Premier Ministre haïtien, Jean Henry Céant, a fait état des mesures ou dispositions, dans le cadre d’une politique d’austérité. Le gouvernement veut prêcher par l’exemple, dans un contexte de difficultés économiques. Ces dispositions s’inscrivent dans le cadre de l’application de l’arrêté du 7 avril 2017, sur le train de vie de l’État. Elles doivent contribuer à assainir les finances publiques.

Liste des 11 mesures adoptées en Conseil des ministres

1.) Interdiction d’achat de nouveaux véhicules par l’État, jusqu’au 30 sept 2019 ;

2.) Interdiction de tous les contrats de location de véhicules pour le compte des agents publics, sans autorisation du Premier Ministre ;

3.) Interdiction formelle aux ministres, aux secrétaires d’État et aux directeurs généraux, de voyager, sans l’autorisation expresse du Premier Ministre ou du ministre de tutelle. Le cas échéant, aucune délégation ne sera composée de plus de cinq membres ;

4.) Reconsidération du niveau et des modalités de versement de per diem pour les voyages à l’étranger ;

5.) Compression des achats de biens et de services pour le compte de l’État;

6.) Interdiction de circulation pour les véhicules immatriculés « Service de l’État », les week-ends et jours fériés, les jours de travail au-delà de 7 heures PM, conformément à l’arrêté sur le train de vie de l’État;

7.) Réduction et harmonisation des salaires des directeurs généraux des organismes autonomes;

8.) Réduction de 30% du quota du carburant alloués aux agents de l’État;

9.) Suspension des achats des cartes téléphoniques et recours exclusif aux plans prépayés, au bénéfice des agents publics;

10.) Interdiction de toute forme de subvention, à moins d’une autorisation formelle du Premier Ministre ;

11.) Obligation des ministres, des secrétaires d’État et des directeurs généraux, de finaliser leur déclaration de patrimoine et leur déclaration définitive d’impôts.

Invité à commenter ces mesures d’urgence prises par le pouvoir exécutif en Conseil des ministres, l’ancien Premier Ministre Evans Paul estime que la réponse n’est pas à la hauteur de l’urgence. «Je pense que le dernier Conseil des ministres, tenu en toute transparence, n’est pas arrivé à livrer les résultats escomptés, estime Evans Paul. L’ancien Premier Ministre évoque son esprit de modération pour saluer et reconnaître tout effort, voire toute volonté des dirigeants qui essaient de prendre des décisions pour apporter de l’espoir, en calmant les tensions. Pour Evans Paul, l’un des premiers problèmes se retrouve au niveau de la méthode. Selon lui, organiser un Conseil des ministres sur la place publique, devant les caméras de la presse, n’était pas la meilleure option, sans débats, discussions ou entente préalable à l’interne. Il souligne, entre autres, que certaines de ces mesures sont des formalités qui ne nécessitaient nullement une résolution. Toutefois, il a noté que ces dispositions institutionnelles, dites dans l’objectif de réduire les dépenses de l’État, ont été également annoncées sous le gouvernement Jack Guy Lafontant, prédécesseur de Jean Henry Céant, sans pour autant donner les résultats escomptés. Le gouvernement de Jean Henry Céant, aurait-il une volonté réelle pour faire respecter ces mesures répétitives, ou bien tenterait-il, tout simplement, d’apaiser la colère populaire latente par de belles promesses?

Altidor Jean Hervé

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