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La crise du secteur éducatif se réchauffe

La crise du secteur éducatif se réchauffe

À l’occasion de la célébration de la première Journée internationale de l’Éducation, le jeudi 24 janvier 2019, le Regroupement éducation pour toutes et tous (REPT) plaide pour une éducation « de qualité, inclusive et équitable ».  En référence à cette journée, le REPT estime que « nous avons une corde de plus dans nos arcs pour faire avancer notre lutte pour la transformation du système éducatif en place ».  Toutefois, le budget accordé au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) montre que le gouvernement haïtien ne va pas dans le sens des objectifs fixés pour parvenir à une éducation de qualité dans le pays, argue-t-il.  Le montant alloué au MENFP, dans le budget rectificatif de l’année dernière, est passé de 23,1 milliards de gourdes à 19,9 milliards de gourdes, soit une diminution de 13,7%, critique-t-il.  Il signale qu’Haïti fait partie des pays au monde qui dépensent le moins en matière d’éducation.  La date du 24 janvier a été proclamée « Journée internationale de l’Éducation » par la résolution 73/25 adoptée par consensus par l’Assemblée générale des Nations-Unies, le 3 décembre 2018.  Parallèlement, plusieurs centaines d’élèves du Lycée Faustin Soulouque ont manifesté à travers les rues de la ville de Petit-Goâve, le lundi 21 janvier, pour réclamer la présence des professeurs dans les salles de classe.  Les manifestants ont contraint les élèves des autres établissements, de rallier leur mouvement. Des pierres, des tessons de bouteille ont été lancés dans différentes directions de la ville. Depuis plus d’une semaine, les enseignants du Lycée Faustin Soulouque observent un arrêt de travail.  Ils entendent, par ce mouvement, exiger le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire et leurs lettres de nominations.  Les enseignants grévistes menacent de poursuivre leur grève, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.  D’autre part, les élèves et professeurs des écoles publiques de Gros-Morne étaient, le jeudi 24 janvier 2019, sur leur pied de guerre.  Ils ont sillonné plusieurs rues de la ville pour appeler le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, à  prendre des dispositions pour nommer les enseignants.  Ces derniers se plaignent que plus de 250 professeurs aux Gonaïves ont reçu leurs lettres de nominations alors qu’aucune disposition n’a été prise pour permettre aux enseignants dans les écoles de Gros-Morne de percevoir leur salaires.  Les protestataires appellent les responsables à l’intervention, afin que les cours puissent reprendre.  Ils menacent d’intensifier leur mouvement, si aucune mesure n’est prise pour régulariser la situation.  Toutefois, il est à noter que le gouvernement haïtien et le Partenariat Mondial pour l’Éducation sont parvenus à un accord, en ce qui a trait aux modifications dans le document du Plan Décennal d’Éducation et de Formation (PDEF).  Le ministre de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, et les représentants de la Banque Mondiale, de l’UNESCO, de l’UNICEF et de l’Union européenne, lors d’un atelier technique de haut niveau, à l’invitation du Partenariat Mondial en Éducation (PME) au siège de la Banque Mondiale à Washington D.C, ont adopté une feuille de route en ce qui a trait au processus du Plan Décennal d’Éducation et de Formation (PDEF) et sur les décaissements pour les projets d’éducation.  Selon l’entente, au cours des 6 prochains mois, l’analyse sectorielle, étape fondamentale dans l’élaboration du PDEF, devrait être complétée et finalisée.  Cette étape clé dans la révision du Plan permettra le décaissement des appuis budgétaires de l’UE, notamment la tranche variable de fonds devant être allouée à l’éducation.  Le ministre de l’Éducation s’est réjoui que les responsables du PME aient su trouver un « modus vivendi »,  afin de continuer à appuyer les efforts d’Haïti en matière d’éducation.  De son côté, la Directrice Générale du PME, Alice Albright, a salué la qualité du travail réalisé par les deux équipes sur le dossier d’appui à Haïti de 16,5 millions de dollars américains.  Elle s’est dit satisfaite de l’entente trouvée qui permettra au PME de poursuivre son appui à Haïti, dans le domaine de l’éducation.

Emmanuel Saintus

 

 

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